Livrets 81-100
Confessez vos péchés les uns aux autres
Jacques 5 : 16
Un jour, mon auto resta en panne sur la route, et pendant longtemps je ne pus trouver la cause de cette panne.
Enfin, je découvris que le petit filtre à essence s’était rempli d’impuretés et que la tuyauterie était obstruée.
Il n’y avait plus qu’à nettoyer ce filtre pour que la voiture pût marcher.
Il me semble que notre christianisme personnel ressemble souvent à cette auto : Tout semble en ordre, la voiture est prête à partir, et pourtant nous avons beau tourner la manivelle de mise en marche ; quelque part, nous avons négligé un détail qui doit d’abord être réparé.
Nous voulons parler aujourd’hui d’un de ces détails dans la vie chrétienne.
Il est mentionné dans l’épître que Luther appelle, bien à tort, " une épître aride ".
Nous y trouvons ces mots : " Confessez vos péchés les uns aux autres. "
Il y a beaucoup de bonnes choses dans l’épître de Jacques.
Presque à chaque page, il donne des conseils précieux, car ce Jacques est vraiment un chrétien pratiquant, tel que Dieu les aime.
Même si nous n’avions de lui que ce conseil : " Confessez vos péchés les uns aux autres ", nous devrions lui en être reconnaissants, car ce mot peut, le cas échéant, nous dire pourquoi notre voiture reste en panne, tandis que le moteur devrait " partir " et développer de la puissance.
Et nous voulons, dès l’abord, être honnêtes les uns avec les autres et reconnaître ceci : C’est vrai, notre voiture ne sert à rien ; c’est vrai, notre christianisme n’a pas de force, pas de rythme, il n’avance pas, il n’aide ni nous-mêmes ni d’autres ; il ne nous procure pas de joie, il n’en donne pas à d’autres.
Notre christianisme est comme un salon qu’on n’habite pas, qu’on ne chauffe pas, parce qu’on ne s’en sert pas pendant la semaine.
Nous avons ce salon parce que c’est la coutume, mais au fond nous n’en avons pas besoin.
De même, dans chaque ménage, il y a une quantité d’objets, grands et petits, qu’on a achetés ou reçus parce qu’ils étaient apparemment pratiques et utiles, mais peu à peu, on a découvert qu’ils ne servaient à rien, on les a mis dans un coin : c’est du rebut.
Voilà ce qui risque d’arriver à notre christianisme.
On nous l’a recommandé autrefois comme quelque chose de très nécessaire, de très pratique, de très précieux.
On nous l’a vanté sur tous les tons.
Que de belles choses sont promises dans la Bible ! Il n’y a qu’à prendre : " Je vous donnerai du repos. – Mon joug est doux et mon fardeau léger. – Celui qui vient à moi ne marchera pas dans les ténèbres. – Il n’aura jamais soif. "
Et puis il est question de la foi qui transporte les montagnes, et du Père qui nous donnera tout ce que nous lui demanderons, etc.
Et la réalité ?
Désirs insatisfaits, dénuement, faiblesse, déceptions, solitude, froid, renoncements sans compensations, promesses quant à l’avenir, mais rien pour la vie présente.
Le bois qui est humide ne brûle pas et ne chauffe pas.
Et les pasteurs dans les Eglises, les prédicateurs dans les chapelles nous font sentir qu’ils en sont au même point que nous.
Pourquoi parlent-ils tant, quelquefois même en frappant du poing sur la chaire ?
Une bonne marchandise se vend d’elle-même.
Nous nous comportons quelquefois comme des charlatans.
Notre marchandise serait-elle de la camelote ?
Pourquoi ce que nous disons est-il si peu convaincant ?
Pourquoi les pasteurs sont-ils quelquefois ridicules ?
Pourquoi le monde ne prend-il pas les chrétiens au sérieux ?
Pourquoi trouvons-nous la Bible si ennuyeuse ?
Pourquoi ne pouvons-nous parler du Christ que sur un ton solennel ?
Pourquoi ne nous sentons-nous pas poussés intérieurement à parler de lui ?
Pourquoi notre zèle missionnaire est-il si peu vrai ?
Pourquoi laissons-nous à d’autres, à des hommes payés pour le faire, cette tâche d’annoncer l’Evangile ?
Est-il vraiment si difficile de dire à quelqu’un qui a soif : " Viens, je te montrerai là-bas une source dont l’eau est excellente ? "
Oui, c’est difficile, car cette source ne nous a pas désaltérés nous-mêmes.
Il en était question dans le " Baedeker ", ou bien dans un livre relié non pas en rouge, mais en noir.
Et nous ne sommes pas sûrs que l’homme altéré, s’il nous suit, trouve vraiment ce qu’il cherche.
Cela nous rend hésitants. Justement ceux qui sont droits et sincères sont hésitants.
Nous ne voulons pas que les autres soient aussi déçus.
Combien de chrétiens savent la Bible à moitié par cœur, et cela ne les a rendus ni riches, ni libres, ni vivants, ni joyeux, ni rayonnants.
Il n’y a pas de miracle dans leur vie.
Et ils devraient dire à un autre, qui cherche vraiment, qui a soif : " Fais comme moi ! "
Qui de nous aurait le courage d’amener à l’Eglise un désespéré ?
Et il y en a des millions aujourd’hui !
" Voyez, là vous trouverez du repos et du réconfort. "
Hélas ! Il y a des milliers d’Eglises, et si souvent elles n’ont pas aidé les désespérés même qui y sont entrés !
Il y avait là des paroles, des promesses, des affirmations, mais où était la réalité, où était la vie ?
Mes amis, il est clair que quelque chose n’est pas en ordre, ni dans notre Eglise, ni en toi, ni en moi, sans cela le moteur "partirait " mieux et prendrait sa vitesse.
Amanullah, l’ex-roi de l’Afghanistan, avait raison malheureusement quand il disait : " Vos autos sont meilleures que votre christianisme. "
Serait-ce peut-être parce que nous avons oublié le conseil de Jacques ?
Aurions-nous négligé un détail, qui n’en est pas un, mais une des conditions essentielles de la vie ?
C’est un fait : Il y a quelque chose entre nous et Dieu.
Et c’est pourquoi notre vie est si peu intense. Le courant de la vie entre Dieu et nous est interrompu.
L’Evangile est là, Christ est là, l’Eglise est là aussi avec toutes ses œuvres, et pourtant….
Ce qui nous sépare de Dieu ne peut être que notre péché.
Mais comment cela ?
Christ n’est-il pas mort pour nos péchés ?
Si j’admets cela, ils sont annulés. Et si je me repens, ils me sont pardonnés.
Combien souvent je me suis sincèrement repenti de mes péchés ! Alors, tout doit être en règle.
Non, tout n’est pas en règle, car l’apôtre dit : " Confessez vos péchés les uns aux autres. "
Ce n’est pas seulement un petit conseil amical, qu’on peut suivre ou non, mais il s’agit ici de quelque chose de tout à fait décisif.
Autrefois je croyais que l’essentiel était de confesser ses péchés à Dieu, et que c’était suffisant.
Notre Eglise a pour cela une très belle formule dans sa liturgie pour la Sainte Cène.
Mais aujourd’hui je pense autrement.
Il ne s’agit pas de résumer nos péchés dans une formule générale : " Moi pauvre pécheur, je confesse tous mes péchés et iniquités. "
Non, un péché doit être appelé par son nom, et plus ce nom est difficile à prononcer, plus il est indispensable de le faire.
Et je dois le nommer non seulement devant Dieu - la plupart des hommes éprouvent moins de gêne devant leur Dieu que devant leurs semblables, - mais le confesser aussi à mon prochain, non pas à n’importe lequel, mais à celui qui pourra m’aider, c'est-à-dire à celui qui saura également confesser.
Je sais que quelque chose en nous proteste ici.
N’est-ce pas un manque de pudeur ?
N’est-ce pas dangereux ?
Non pas !
Je ne refuse pas de me déshabiller devant le médecin.
Cela doit être, et je dois lui montrer justement les places qui font mal.
Cette confession faite à un homme est difficile ; c’est ce qui prouve à quel point elle est nécessaire.
Un péché que nous redoutons de confesser en tête à tête n’est pas encore complètement vaincu.
Nous ne regimberions pas si nous ne sentions qu’il a encore des racines en nous ; cela fait mal d’arracher le péché jusqu’aux racines.
Les péchés ne meurent pas dans l’obscurité, ils meurent seulement quand nous les amenons à la lumière.
Ils sont comme les mauvaises herbes qu’on a arrachées, et qu’il faut brûler ou laisser sécher au soleil.
Un péché que notre orgueil cache est encore vivant.
Et s’il ne l’est plus, c’est notre orgueil lui-même qui nous sépare de Dieu, et je dois aussi sacrifier cet orgueil.
Et comment le ferais-je sinon en confessant cet orgueil ?
J’offrirai ce dernier sacrifice, contre lequel mon orgueil même proteste obstinément.
En confessant mon péché, je livre quelque chose de moi-même.
Ce péché que je gardais comme un secret ne m’appartient plus, il n’est plus mon secret. Je l’ai arraché de mon cœur.
C’est seulement quand je n’ai plus rien à cacher que je suis tout à fait libre.
Je crois que Dieu exige cette honnêteté absolue.
Dieu exige que je livre mon péché. Alors sont rompus les derniers liens qui m’attachent à ce péché.
Le diable n’oubliera pas que nous l’avons ainsi livré, pas plus que nous n’oublions celui qui nous a trahis.
Le diable ne s’approchera plus de nous aussi facilement qu’auparavant ; il ne pourra plus s’installer chez nous.
Un cœur qui a confessé son péché est devenu pour le diable une demeure inconfortable : Le diable ne veut pas être trahi.
Donc la confession est pour le chrétien un moyen de défense d’une valeur inappréciable.
Et en trahissant le diable, nous nous sommes préparés à recevoir l’esprit du Christ.
Il peut s’approcher de nous, il peut s’établir en nous.
Maintenant nous avons donné la dernière preuve, la plus difficile, que nous prenons la vie chrétienne au sérieux. Et la récompense sera magnifique.
Revenons à l’image de l’auto dont nous sommes partis.
Si nous remuons un peu l’essence de notre filtre, quelques gouttes pourront couler, mais bientôt les impuretés se déposeront de nouveau et la tuyauterie sera rebouchée.
Si, par contre, nous enlevons les impuretés pour les verser sur la route, l’essence coulera librement, le moteur se remettra en marche, il prendra sa vitesse et pourra transporter plus loin l’automobiliste et ses passagers.
Je sais que beaucoup de chrétiens ont peur de ce dernier pas.
Ils veulent se mettre en règle avec Dieu sans confesser leur péché.
Et ils luttent en secret contre ce péché, et malgré toute la sincérité de leurs efforts, ils n’en viennent pas à bout.
Leur vie reste accablée, elle est inféconde, seulement parce qu’ils n’ont pas osé avouer leur péché à un autre homme.
Ils n’éprouvent jamais le sentiment de délivrance qui est la suite d’une telle confession, et ils ne peuvent par conséquent pas être des libérateurs pour d’autres.
Il est curieux, presque touchant, de voir avec quelle exactitude méticuleuse nous suivons parfois les prescriptions des médecins : Nous comptons les pilules, nous regardons la montre pour voir s’il y a vraiment un quart d’heure jusqu’au dîner.
Et pourtant ce ne sont là que des prescriptions de peu d’importance, quelquefois de simples moyens de nous suggestionner.
Et là où il s’agit de choses décisives pour notre vie intérieure, nous omettrions vraiment ce qui ne nous plaît pas ?
Non, cette confession est comme la signature posée au bas de notre acte d’accusation, et cette signature est nécessaire.
Les protestants haussent les épaules en parlant du confessionnal des catholiques.
Et nous savons combien facilement il y a là des abus, et combien funeste peut être cette contrainte exercée sur les consciences.
Et pourtant je crois qu’une grande partie de la vraie force que l’Eglise catholique possède encore incontestablement est due à la confession.
Car là, des centaines de milliers de fidèles expérimentent vraiment le miracle de l’absolution, c'est-à-dire la libération.
Et par reconnaissance, ils sont profondément attachés à leur Eglise.
Une condition toutefois est à observer : Pour confesser, il faut être dirigé, il faut la discipline du Saint-Esprit.
Il y a aussi une volupté, une vanité de la confession.
Il y a des gens qui veulent montrer partout leur robe de pénitent battant neuve.
Et puis, appeler un péché par son nom, ce n’est pas le décrire dans tous les détails.
La confession devant un cercle nombreux ne doit être faite que si elle concerne ce cercle et si elle peut lui être utile.
Mais à cette confession-là, notre Eglise ne doit pas se soustraire.
Mes amis, c’est l’honnêteté, la véracité absolues qui seules pourront nous aider.
N’avons-nous pas essayé tous les autres chemins, tous ceux qui nous ménagent sur ce point-là ?
Dans " Les derniers jours de Hutten ", il y a un poème qui m’a toujours fait une forte impression, parce qu’il renferme un aveu courageux et honnête.
Il a pour titre : " La Confession ", et chaque strophe commence par ces mots : " Je me repens. "
Mes amis, je ne peux pas le dire en d’aussi belles paroles, mais je dois dire tout de même, aujourd’hui où je me trouve devant vous et où je demande de vous l’effort le plus difficile, l’effort décisif :
" Je me repens de ne pas avoir parlé plus simplement, plus sobrement. " Je me repens de n’avoir pas toujours été humble, quoique j’aie souvent demandé à Dieu de m’enseigner l’humilité.
" Je me repens de ce que, tout en cherchant vraiment à donner gloire à Dieu, je n’ai pas tout à fait oublié ma propre gloire.
" Je me repens d’avoir exigé de vous plus que de moi-même, de vous avoir adressé la salutation apostolique en ce lieu, après être sorti de ma maison sans avoir la paix dans le cœur.
" Je me repens d’avoir prêché, avec tant de sérieux, contre une vie et un christianisme pleins de compromis et de concessions, tout en faisant moi-même, toujours de nouveau, des compromis.
" Je me repens de n’avoir pas amené mes auditeurs tout près de Jésus, jusque sous la croix. Et je sais pourquoi je n’ai pas pu le faire : Je n’y étais pas moi-même.
" Je me suis contenté de me tenir dans le voisinage de Jésus et ce n’est pas assez. " Il faut marcher sur ses traces, il faut se jeter à ses pieds. "
Il faut se donner à lui sans réserve, et comme j’ai toujours de nouveau fait des réserves, mes paroissiens l’ont fait également, car personne ne peut amener les autres plus loin qu’il n’est lui-même. "
Cependant avec l’aide de Dieu, je veux devenir plus fidèle, plus humble, plus vrai ; je veux sacrifier, l’un après l’autre, tous les obstacles qui me séparent de Dieu, appartenir à Christ complètement.
Et je sais qu’il y aura ici aussi, dans cette paroisse, des gens qui se réveilleront, qui ne se contenteront pas de se donner à moitié ou aux trois quarts, mais qui promettront sincèrement : " Je veux me livrer à toi tout à fait. "
Ils pourront confesser ensuite, sincèrement aussi : " Je suis à toi ! "
Nous devons devenir une communauté de chrétiens vivants ; nous le deviendrons seulement quand nous aurons osé remplir la dernière condition, pour l’amour du Christ, quand nous nous serons avoué nos péchés les uns aux autres.
Cela aura encore une conséquence : Nous aurons plus de communion les uns avec les autres.
Nous nous serons démasqués, et cela nous permettra de nous rapprocher les uns des autres.
Combien de chrétiens portent encore des masques !
Combien ils sont différents de ce qu’ils paraissent !
La communion est-elle possible entre des menteurs qui se trompent volontairement les uns les autres ?
Si nous sommes vrais, nous pourrons jouir de cette communion fraternelle, un des plus beaux dons que Dieu veuille nous accorder.
Encore un dernier point : Un disciple de Christ, sincère et pratiquant, a dit dernièrement : " Tout chrétien qui confesse est un chrétien qui convainc. "
C’est ici que nous devons faire nos preuves ; car cette honnêteté dernière, cette honnêteté qui nous fait souffrir, ébranle les consciences.
Elle est la clef du portail par lequel nous pouvons conduire d’autres âmes à Christ.
Elle nous aidera à porter du fruit.
On a dit que la crise économique actuelle, la lutte de tous contre tous, est avant tout une crise de confiance.
On peut dire que la crise de l’Eglise et de la chrétienté n’est pas autre chose.
Et c’est pourquoi nous devons donner une preuve suprême de notre honnêteté en dévoilant notre vraie personnalité, c'est-à-dire en confessant nos péchés.
Je sais que nous ne le regretterons pas.
Nous trouverons des imitateurs, et nous amènerons à Christ des gens qui, jusqu’alors, étaient méfiants.
Il est un fait certain, c’est qu’il y a dans l’homme un besoin profond de véracité absolue.
Et là où il trouve cette véracité, il se sent attiré irrésistiblement, d’après une loi intérieure.
Nous pouvons gagner ainsi même les hommes du XXème siècle, peut-être justement ceux-là.
Nous avons constaté, au début, que dans notre christianisme, quelque chose n’est pas en ordre ; que, sur un point important, nous devons changer pour devenir des chrétiens vivants, pour que la Bible aussi, dont tant de gens ne veulent plus rien savoir, redevienne vivante.
Dans son dernier livre : " Jésus l’Inconnu ", Merejkovski dit : " Pour lire l’Evangile dans un esprit nouveau, il faut vivre d’une vie nouvelle. "
Il a raison, et cette vie nouvelle, c’est justement cette honnêteté absolue qui se révèle dans la confession.
Si nous suivons le conseil de Jacques : " Confessez vos péchés les uns aux autres ", nous vivrons d’une vie différente, et dans cette vie pénétrera un esprit différent.
Car ceux qui confessent parce qu’ils veulent être absolument vrais, verront s’approcher d’eux le Christ vivant.
Nous pouvons en être sûrs.
Introduction
Ce petit volume contient une série de méditations prononcées devant la communauté du " Kurhaus", à Heinrichsbad.
J’ai voulu examiner, approfondir à la lumière de la Parole divine les expériences que j’ai faites moi-même grâce à mon contact avec le mouvement d’Oxford.
Les formes même de ces méditations, de ces sermons, ont le caractère d’un témoignage personnel et doivent garder ce caractère d’un témoignage personnel.
Dans les formes qui m’étaient dictées par ma vocation, j’ai voulu exprimer ce que j’ai vécu.
W.J. Oehler
Le silence
On prêche aujourd’hui dans des milliers d’Eglises, on emploie des milliers de kilos de papier pour imprimer de la littérature religieuse ; la Bible pénètre dans des régions lointaines ; bref, le christianisme se répand toujours plus dans tous les pays du monde.
Et pourtant, le monde change si peu !
Tant de témoignages, et si peu de transformations !
On sent si peu l’action du Saint-Esprit, si peu dans le domaine politique et économique, si peu dans celui de l’Eglise et de l’école, si peu dans la famille, si peu en chacun de nous !
Nous tous savons cela ; nous soupirons tous plus ou moins en pensant à l’impotence de notre christianisme.
Il nous aide trop peu. Il ne nous rend pas aussi forts, aussi confiants, aussi joyeux qu’il le devrait, qu’il le promet.
Quelque chose, évidemment, n’est pas en ordre.
Quelque part il doit y avoir un grain de poussière dans le rouage, quelque part un défaut dans le mécanisme.
Où donc ?
Les uns disent : " C’est la faute du Christ. S’il était vivant, il créerait de la vie. " La chrétienté morte est pour eux la preuve que Christ est mort.
D’autres cherchent la faute dans l’édifice de la doctrine chrétienne, dans la dogmatique.
Ils disent : " Il faut comprendre telle et telle chose autrement, souligner ceci, interpréter cela différemment, alors le véhicule marchera. "
Or, il ne marche pas du tout. Rien ne change.
D’autres enfin en arrivent à se dire : " La faute est à nous-mêmes. "
Et s’ils ont raison, cette faute doit être très grave et très répandue.
Alors toute la chrétienté se trompe sur un point important, sur un point capital.
C’est comme si, voulant arroser un jardin avec un tuyau d’arrosage, quelqu’un oubliait d’ouvrir le robinet.
Ou bien cela rappelle l’histoire de ces Genevois qui, voulant faire une promenade au clair de lune dans leur bateau à rames, n’avançaient pas, parce qu’ils avaient oublié de détacher le bateau.
Et maintenant, où est, chez nous, la cause pour laquelle cette machine gigantesque de la chrétienté et de l’Eglise travaille si mal, avec de si piètres résultats ?
Je crois que cette cause, - non pas la seule, mais une des causes, - est que nous ne sommes pas silencieux devant Dieu ; nous ne savons plus nous taire devant lui, et c’est pourquoi il ne peut plus nous parler.
Ce que nous faisons, en définitive, nous le faisons sans Lui.
Il peut arriver qu’une personne dont s’occupe un pasteur parle tant elle-même que le pasteur ne peut rien dire, par conséquent ne peut ni aider ni donner un conseil.
Nous sommes semblables à des gens qui auraient appelé Dieu au téléphone, mais qui parlent sans cesse, et oublient, après avoir parlé, de mettre l’oreille à l’écouteur ; ainsi Dieu n’a pas l’occasion de répondre.
Nous parlons trop en général, aussi nous autres pasteurs ; nous sommes une Eglise de prédicateurs et non d’auditeurs.
Et pourtant, l’essentiel n’est pas ce que nous disons, mais ce que Dieu dit.
Un sermon devrait, avant tout, interpréter ce que Dieu dit, ce que prêche le Saint-Esprit.
Ce que le pasteur dit de plus est presque toujours de trop !
Luther exprime comme suit cette vérité qu’il avait reconnue : " Si l’Esprit vient et commence à prêcher dans ton cœur, fais-lui l’honneur de te tenir tranquille ; abandonne tes propres pensées, et écoute celui qui en sait plus long que toi. Et ce qu’il prêche, retiens-le, note-le, et tu verras des miracles. "
Et Kierkegaard dit ceci : " A mesure que sa prière devenait plus fervente, plus profonde, il avait moins à dire. Pour finir, il se tut ; il devint celui qui écoute. Il avait cru d’abord que prier, c’est parler. Il apprit que prier, ce n’est pas seulement se taire, mais écouter. Prier n’est pas s’écouter parler ; prier, c’est se tenir tranquille et attendre que Dieu parle. "
Nous retrouvons la même pensée au Psaume 62 : " Mon âme est tranquille devant Dieu, qui est ma délivrance. "
Je crois que nous connaissons Dieu trop par ouï-dire, par la Bible, par l’école, par les sermons, par d’autres.
Il s’agit de le connaître personnellement, et pour y arriver, nous devons le chercher et le laisser parler.
Nous devons suivre l’exemple du jeune Samuel que Dieu réveille dans le temple où il dormait, et qui répondit : " Parle, Seigneur, car ton serviteur écoute. "
Ainsi la prière est un dialogue, dont la partie la plus importante, la plus haute est celle où parle l’Autre, Dieu.
Il est urgent que je sache ce que Dieu veut de moi, ce que Dieu a à me dire aujourd’hui, à cette heure, à moi personnellement ; c’est pourquoi je dois le laisser parler, et me mettre dans l’attitude de celui qui écoute la parole de Dieu et attend ses ordres.
En d’autres termes, se taire, c’est se mettre à la disposition de Dieu.
C’est ce qu’a fait Jésus lui-même.
Nous lisons toujours de nouveau dans l’Evangile qu’il se retirait dans la solitude, qu’il se taisait devant Dieu.
Et toujours – après ces moments de silence – il se passait de grandes choses.
Là, il recueillait des forces nouvelles ; il se chargeait d’énergie comme un accumulateur que l’on met en contact avec le réseau pendant la nuit ; il cherchait de nouveaux ordres pour la journée ; il se mettait vraiment sous la direction de Dieu, et ce qu’il faisait ensuite réussissait.
Il en est de même pour nous. Si, le matin, nous avons vraiment été silencieux devant Dieu, nous sommes sous sa direction pendant la journée, et nous pouvons vraiment accomplir des choses dont Dieu se servira, et qui, comme Blumhardt l’exprime : " feront du bruit " dans le monde spirituel.
Nous avons, pour illustrer ce dont il s’agit ici, une image frappante dans notre clinique ophtalmologique.
Chaque jour, pendant une heure, on bande les yeux des malades atteints de myopie, et ils se trouvent plongés dans l’obscurité.
Cette obscurité est leur remède. Elle détend les muscles.
Au début, c’est comme s’il y avait encore dans les yeux des restes de lumières ; puis tout est calme et noir, et, dans ce noir, un œil malade peut se guérir.
Nous aussi, nous devons nous détendre intérieurement, être tout à fait réceptifs, tout à fait vides, pour que l’Esprit de Dieu trouve place en nous, et puisse agir.
Bien entendu, cela n’est pas facile. Même les hommes soi-disant charitables, bienveillants, pieux, sont terriblement " égocentriques ".
Ils rapportent tout à eux-mêmes.
Ils sont eux-mêmes charitables, aimables, secourables, pieux. Il n’en doit pas être ainsi. Ce n’est pas eux qui font quelque chose ; c’est le Saint-Esprit qui fait quelque chose par eux.
Un appareil photographique dont la chambre est tout à fait obscure donne seule des images nettes.
Un homme qui a encore de la lumière en lui, qui n’est pas parfaitement " étanche ", est inutilisable.
Un haut-parleur avec des parasites est un mauvais instrument.
Le meilleur porte-voix est incontestablement celui qui reproduit le plus nettement et le plus exactement la voix de celui qui parle.
Nous devons nous préparer d’abord extérieurement à écouter, chaque matin et souvent dans la journée, nous taire devant Dieu pour écouter ce qu’il a à nous dire.
Lorsque j’étais élève dans un grand domaine agricole en Prusse orientale, mon collègue et moi devions nous présenter chaque soir dans le bureau du chef, qui nous donnait les instructions nécessaires pour le lendemain.
Elles étaient si nombreuses que nous devions les noter par écrit.
Dans notre moment de silence devant Dieu, nous recevons aussi des instructions, peut-être si nombreuses que nous pourrons à peine les noter toutes.
Nous penserons à des gens auxquels nous avons à rendre un service, auprès desquels nous avons quelque chose à réparer ; nous recevrons l’ordre d’abandonner ceci ou cela, de nous maîtriser, de sacrifier quelque chose, de nous détendre.
Et même si rien ne nous vient à l’esprit, si aucune voix ne se fait entendre, ce moment de silence est bon et nécessaire.
C’est comme un bain de soleil qui nous rafraîchit pour toute la journée, et qui tue les germes morbides.
La fenêtre ouverte ainsi le matin restera ouverte toute la journée, laissant entrer à flots l’air et la lumière du ciel, et notre vie quotidienne en sera illuminée.
Celui qui, chaque matin, se laisse éclairer par le soleil divin aura une autre journée que celui qui ne le fait pas.
Il est évident que ce silence est nécessaire chaque jour ; il est une des règles essentielles de l’hygiène intérieure.
Je ne dis pas : " Aujourd’hui je ne déjeunerai pas, je ne me laverai pas ; je l’ai fait hier ! "
Il ne suffit pas d’écouter, cependant Dieu a des ordres à me donner ; il veut m’instruire.
Dans cette heure de silence, Dieu ne veut pas m’entretenir agréablement, caresser mon âme, pour ainsi dire.
Il faut que quelque chose se passe.
Donc, notre attitude doit être celle de l’obéissance ; c'est-à-dire que nous devons être prêts à nous donner, à nous livrer complètement à Jésus.
Plus nous le ferons, plus il nous confiera de travail, et plus ce travail sera important.
Il faut donc mettre l’accent sur ce mot : Complètement.
L’abandon complet ! Cela paraît si difficile, si inaccessible ! L’abandon de nos forces, de nos intérêts, de nos talents, de nos relations terrestres, de notre temps, de nos occupations favorites, de nos amitiés, de nos biens.
Nous devons mettre cela aux pieds de Jésus et lui dire : " Tout cela est à toi ; je t’appartiens corps et âme, pour la vie et pour l’éternité. "
Vous direz : " C’est trop demander ; cela ne va pas ; c’est du fanatisme ! "
Et pourtant, j’ai connu des hommes qui ont pris cela au sérieux, et je n’ai jamais vu des chrétiens plus joyeux que ceux-là.
Et Jésus ne leur a pas pris, purement et simplement, tout ce qu’ils lui offraient ; non, il le leur a rendu sanctifié, purifié, transfiguré, béni.
Dans l’Eglise Catholique, il arrive que des croyants présentent au prêtre ou au pape un objet pour qu’il le bénisse, et cet objet a ensuite, pensent-ils, des vertus miraculeuses.
Quelque chose de semblable se produit ici : Nous pouvons, nous avons le droit de livrer à Jésus toutes nos relations terrestres, tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons, de lui demander qu’il le sanctifie et qu’il nous le rende ainsi transformé.
Nous ne serons pas appauvris, mais enrichis infiniment, et beaucoup plus heureux.
Notre vie devient merveilleusement plus complète, quand elle est ainsi dirigée, gouvernée par Dieu, une vie d’obéissance et de foi.
Les antipathies se transforment, les tensions se relâchent, la peur disparaît, la joie éclaire tout ; le cercle de ceux que nous aimons et qui nous aiment s’élargit ; plus de solitude, plus de froid, plus d’amertume.
Soudain, la vie n’offre plus de déceptions, car Jésus ne déçoit jamais.
Par sa force, nous accomplissons des choses que nous aurions cru impossibles.
Nous répétons avec l’apôtre Paul : " Je puis tout par Christ, qui me fortifie. "
Le plus grand navire, muni de tous les perfectionnements, de tout le luxe possible, est impuissant quand le gouvernail ne fonctionne pas à l’heure de la tempête, et même quand il fait calme, il est entraîné par tous les courants, et malgré toute sa majesté imposante, il sera obligé d’envoyer ses appels à travers l’espace : S.O.S. !
Mais quand il a un pilote et un gouvernail, il peut risquer la traversée sans crainte.
Nous avons besoin de Jésus pour diriger nos vies ; avec lui tout va bien.
D’aucuns ont peur de ce pilote, parce qu’il exige l’obéissance absolue.
Mais il ne faut pas avoir peur. Jésus exige beaucoup, il n’exige jamais trop.
Il n’exige pas d’actions héroïques, il exige seulement que nous avancions pas à pas.
Il s’agit de petites choses. Même une grande vie est composée de bagatelles, tout comme les grandes constructions en béton sont composées de cailloux et de grains de sable.
Mais ces bagatelles, il les demande, et nous devons les lui apporter toutes.
Il y ajoutera l’élément de liaison nécessaire, et en fera quelque chose de grand et d’important, quelque chose qui vaudra la peine et dont Dieu pourra se servir.
Ah ! Mes amis, combien est splendide une vie ainsi dirigée par Jésus !
Alors tout ce qui est hasard dans la vie cesse, tous ces aveugles coups du sort contre lesquels nous ne pouvons pas nous défendre, qui n’ont aucun sens, et dont nous avons peur.
Jusqu’à présent, nous vivions dans l’angoisse ; chaque jour pouvait amener une catastrophe épouvantable.
Maintenant, nous avons cette conviction : Il n’y a plus rien qui puisse me faire peur, car Jésus est avec moi.
Je lui ai donné ma vie, et je puis répéter ces lignes d’un cantique : " Ce qu’il lui plait de faire – m’est toujours salutaire. – Cesse, mon cœur, de t’agiter ! "
Cette nouvelle attitude se montrera dans la vie de tous les jours.
Je n’ai plus de raison, je n’ai plus le droit d’être nerveux, car la nervosité est le résultat de l’impatience et de la crainte, qui sont des péchés.
Plus d’agitation, plus d’activité fiévreuse.
Tout dépend, non plus de moi, mais de Christ. Je n’ai qu’à être fidèle, et cela n’est jamais trop difficile.
Je suis, partout et toujours, dans l’atmosphère de Jésus, qui est bonne, bienfaisante, réjouissante.
Ici, on est bienveillant, patient ; on se supporte les uns les autres.
Plus de soucis accablants ; nous nous débarrassons de ce défaut universel qui consiste à se charger non seulement des peines d’aujourd’hui, mais de celles de demain.
" Ne vous mettez point en souci ", cela ne veut pas dire : " Soyez insouciant ", mais : " Ne vous chargez que du fardeau d’aujourd’hui. "
Il est ridicule de se faire du souci pour le lendemain, car demain Jésus sera encore là, et il pourra survenir des événements qui rendent nos soucis anticipés tout à fait insensés.
Ah ! Mes amis, qui serait assez éloquent pour décrire complètement, dans tous ses détails, une de ces vies magnifiquement transformées, parce qu’elles sont données à Jésus et placées sous la direction de son Esprit !
Il faudrait prendre pour texte la radieuse exclamation de l’apôtre Paul : " Les choses anciennes sont passées ; voici toutes choses sont devenues nouvelles ! "
Et cette vie nouvelle commence par ceci : Faire silence et le laisser parler à nos cœurs qui ont désappris à se taire et à écouter.
N’est-ce pas, quand un grand de ce monde entre dans notre cercle, tout le monde se tait, le bourdonnement des voix s’arrête, et on se dispose à écouter ce qu’il aura à dire ; on lui laisse la parole.
Et quand Dieu s’approche de nous, - et en priant nous lui demandons de faire cela, - nous ne devrions pas nous taire, écouter ce qu’il a à dire ?
Nous sentons, je crois, que quelque chose doit changer dans nos relations avec Dieu.
Si nous n’apprenons pas à écouter, nous ne pourrons jamais vraiment obéir.
Et comme il est de toute importance que nous obéissions, nous devons trouver le temps de faire silence devant Dieu, nous devons fermer portes et fenêtres du côté du monde, lui interdire de mêler sa voix à notre dialogue avec Dieu, de nous empêcher d’écouter les ordres que Dieu nous donne.
Et cela demande un effort de notre part.
Celui-là seul saura se taire qui est convaincu que se taire est, au moment même, ce qu’il y a de plus urgent.
Il faut mettre tout de côté, même ce qui nous semble important et précieux, subordonner tout cela à ce qui est essentiel : Recevoir de Dieu la force, la lumière, la direction pour la journée qui commence.
Aussi notre sommeil, aussi nos repas, nos affaires, le téléphone, tout !
Donner à Dieu l’occasion de parler, voilà ce qui importe avant tout.
Ecouter et obéir, c’est travailler à ton salut, au salut de ta famille, de ton entourage, de ton pays, du monde entier.
Car la force qui peut sauver un pécheur peut aussi sauver l’humanité pécheresse.
En principe, c’est la même chose.
Si nous n’apprenons pas à écouter et à obéir, l’effort gigantesque que fait le monde pour sortir de la misère et du chaos sera inutile.
Et c’est pourquoi, mes amis, si vous voulez que votre vie change, qu’elle devienne utile, fructueuse, qu’elle s’écoule selon le plan de Dieu, vous devez commencer ici.
Vous serez surpris de voir tout ce qui se passe quand Dieu est là, surpris de constater combien le silence est fécond.
La victoire qui triomphe du monde
1 Jean 5 : 1 à 5 : texte de référence
- En introduction, je voudrais poser une question : " Sommes-nous des OLIGOPISTOS ? "
- C’est Jésus qui a utilisé ce terme à 4 reprises différentes. Ce terme grec est composé de 2 parties :
- " OLIGOS " c'est-à-dire petit,
- " PISTOS " qui signifie FOI, CONFIANCE.
- Nous allons voir au travers de quatre passages différents les circonstances qui ont conduit Jésus à utiliser ce terme.
1 – Matthieu 14 : 24 à 31
Nous connaissons bien ce passage où les disciples dans la barque, au milieu de la tempête, voient venir Jésus marchant sur les eaux et qu’ils le prennent pour un fantôme.
- A la voix de Jésus leur disant : " N’ayez pas peur, c’est moi ", Pierre répondra : " Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. "
Alors Jésus lui dit : " Viens ! " et Pierre ne va pas hésiter, aussitôt il sort de la barque et le miracle s’accomplit, il marche, comme Jésus, sur les eaux.
Et nous connaissons la suite : " Regardant autour de lui, (donc en détournant ses regards de Jésus), il eut peur et commença à s’enfoncer. "
Il cria donc à Jésus qui le sauva en lui disant : " Oligopistos", homme de peu de foi.
2 – Matthieu 8 : 23 à 26
C’est un peu la même chose : Des disciples, une barque en difficulté dans la tempête, mais cette fois Jésus est avec eux ; seul problème, il dort.
Les disciples paniqués le réveillent, alors il leur dit : " Oligopistos ", gens de peu de foi.
3 – Matthieu 6 : 28 à 30
Nous sommes à la fin du sermon sur la montagne.
Jésus va exhorter ceux qui l’écoutent à ne pas s’inquiéter pour les questions matérielles.
" Oligopistos " leur dit-il, gens de peu de foi.
4 – Matthieu 16 : 5 à 10
Les disciples, qui viennent d’assister à une multiplication des pains (15 : 32 à 38), se retrouvent avec Jésus dans une barque (encore une barque !), quand ils se rappellent avoir oublié de prendre du pain pour le pique-nique.
Quant à Jésus, selon son habitude, il commence à les enseigner.
Et voici son introduction : " Gardez-vous du levain des pharisiens… "
- Dans la tête des disciples, plus de doute, leur oubli est découvert.
Pendant qu’ils raisonnaient, Jésus connaissant leurs pensées leur dit : " Oligopistos ", gens de peu de foi.
Confrontés à ces quatre situations, sommes-nous mieux quand nous nous inquiétons…. raisonnons, oublions les bénédictions vues ou vécues ?
- Devant tant de circonstances qui peuvent saper ou faire reculer la foi, ne sommes-nous pas des " oligopistos ", des gens de peu de foi, de petite foi ?
- Il n’est pas étonnant que Jésus ait dit : " Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? "
- La trouvera-t-il chez nous ?
- Venons-en maintenant au texte cité en référence et tout particulièrement aux versets 4 et 5.
" Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. Qui est celui qui a triomphé du monde……. "
Notons bien le temps du verbe, il ne s’agit aucunement du futur.
S’il nous était dit " triomphera ", nous serions dans le domaine de l’espérance, ce qui est déjà bien, mais ici c’est encore mieux, c’est une œuvre accomplie, nous sommes dans le domaine de l’assurance.
- Apprenons concrètement à nous appuyer sur cette promesse.
- Nous trouvons dans notre texte une très belle et toute simple définition de ce que doit être notre vie de foi :
- Quiconque croit que Jésus est le Fils de Dieu est né de Dieu.
- Ce qui est né de Dieu triomphe du monde.
- La victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi.
Et la boucle est bouclée.
- Si je suis né de Dieu, parce que je crois que Jésus est le Fils de Dieu, alors je peux et j’ai déjà triomphé du monde. Cela s’appelle la foi.
- Beaucoup s’interrogent encore : " Est-ce que j’ai vraiment la foi ? …. Elle ne se manifeste pas comme l’affirme la Parole…. Ai-je vraiment compris ce qu’est avoir la foi ? "
Et nous voici au milieu des disciples dans la barque avec Jésus, qui s’interrogeaient sur ce qui leur manquait. Pour eux c’était le pain, mais il peut s’agir de la foi.
- Arrêtons-nous de spéculer sur ce que devrait être la foi, sur ce qu’elle devrait produire pour que nous la considérions comme authentique.
- Avant même de chercher à la manifester d’une façon spectaculaire, vivons-la comme une réalité, une réalité qui nous rend vainqueur.
- Ayons cette confiance, en apparence toute simple, que, parce que nous croyons que Jésus est le Fils de Dieu, nous sommes victorieux sur le monde.
- Evitons de tomber dans 2 pièges :
- 1 – L’auto condamnation
Je n’ai pas assez de foi. Si j’avais la foi ! …..
Tout cela est du misérabilisme qui ne satisfait que le diable.
- 2 – La foi en notre foi
En vertu de ma foi je peux foncer.
Jésus n’a-t-il pas dit qu’avec la foi nous serions capables de transporter des montagnes ?
- Ne nous égarons pas dans de vaines pensées qui finissent par devenir plus accusatrices que constructives.
- Pourquoi tant de défaites ? Tout simplement parce que nous quittons le sentier de l’acceptation pure et simple des déclarations de l’Evangile.
- Souvenons-nous des deux disciples sur le chemin d’Emmaüs, ils étaient tout tristes. Comment Jésus les interpella-t-il ? (Luc 24 : 25).
" O hommes sans intelligence et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes…. Et il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. "
- Ne soyons pas lents à croire, la Parole que nous méditons actuellement doit nous suffire, même si nous avions pensé que la foi se manifestait toujours par des choses extraordinaires et qu’elle n’était réservée qu’à certains.
- Dans l’Evangile de Luc au chapitre 7, il est question d’un centenier intervenant auprès de Jésus en faveur de son serviteur malade.
" Dis simplement un mot et mon serviteur sera guéri ". Ce qui fit dire à Jésus : " Je n’ai pas trouvé même en Israël une aussi grande foi. "
Qu’avait donc d’extraordinaire cette foi à laquelle Jésus rend hommage ?
C’est qu’elle se suffisait d’une seule parole de Jésus.
- Aujourd’hui Jésus nous parle au travers de sa Parole.
- J’ai évoqué les quatre cas où Jésus a utilisé ce terme " d’oligopistos " (gens de peu ou de petite foi), mais, à leur décharge :
- Ils n’avaient pas encore le Nouveau Testament.
- Jésus n’était pas encore passé par la croix.
- Le Saint-Esprit n’avait pas encore été répandu sur l’Eglise.
- Nous, nous avons tout cela.
- Jésus, tout au long de son ministère terrestre, a été confronté à bien des épreuves.
Rien ne lui fut épargné, tant de la part des gens du monde que des religieux et même au sein de ses propres disciples, mais il fut vainqueur en toute choses.
- Quel était son secret ?
- Il vivait une intimité profonde avec Dieu (moi et le Père nous sommes un).
- Il était entièrement soumis à son Père (non pas ma volonté mais la tienne).
- Il aimait et était respectueux des Ecritures (à 12 ans il enseignait ceux qui étaient chargés d’enseigner le peuple).
- Il avait le souci de refléter la gloire de Dieu.
Aussi nous a-t-il donné de vivre, même d’une manière très modeste, ce qu’il a vécu lui-même.
- Entendons ce qu’il nous dit aujourd’hui : " Vous aurez des tribulations dans le monde, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde " (Jean 16 : 33).
Et cette forteresse qui s’appelle le monde, avec tout ce que cette expression renferme, il l’a mise sous nos pieds.
Notre foi nous permet d’en triompher.
- En conclusion, j’aimerais vous laisser cette exhortation :
" Mon frère, ma sœur, tu crois que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu venu pour te sauver et te réconcilier avec le Père, alors crois aussi qu’en conséquence de ta déclaration de foi, tu es vainqueur du monde et sur le monde.
- Cesse de douter, cesse de raisonner, cesse de t’inquiéter et de mettre en cause la Parole de Dieu, Parole de Vérité, et vis cette journée et toutes celles que le Seigneur te réserve dans l’assurance de la victoire.
2 Corinthiens 2 : 14 - " Grâces soient rendues à Dieu qui nous fait toujours triompher du monde. "
Confession de Paul
Romains 7 : 14 à 25 : texte de référence
- Si je devais donner un titre à ma méditation, ce serait celui-ci : " Confession de Paul. "
- Si nous ne connaissions pas l’auteur de ces paroles, nous aurions beaucoup de peine à les attribuer à ce grand homme de Dieu que fut l’apôtre Paul.
- Lui qui déclarait :
" J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. " (Galates 2 : 20).
- Aurait-il changé ? Serait-il classé avec ceux que l’on appelle les " rétrogrades " ?
- Bien sûr que non.
Alors :
- Quel est son problème ?
C’est le premier point que j’aimerais développer.
Ensuite je voudrais que nous nous posions cette question :
- Pouvons-nous nous identifier à lui ?
Pour ensuite arriver à cette interrogation :
- Existe-t-il une solution à cette situation ?
I – Quel est le problème que nous confesse l’apôtre Paul ?
- A la lecture de ce texte, nous voyons que Paul est dans un véritable dilemme.
- Il voudrait faire le bien, mais non seulement il n’y parvient pas, mais au contraire, en voulant faire le bien, il en arrive à faire le mal.
- Il confesse qu’en voulant œuvrer pour le bien (et cela lui ressemble), il se rend compte que le mal est attaché à lui.
- Je ne sais pas ce que je fais ! … Quel constat d’échec.
- Voulez-vous que je vous dise : Paul est un homme dangereux, un être non fréquentable.
- S’il devait passer devant des experts en psychiatrie, il y aurait beaucoup de réserves à son égard :
- Un homme enclin à faire le mal.
- Incapable de faire le bien.
- Qui ne sait même pas ce qu’il fait et qui déclare lui-même être un misérable….
- D’aucuns pourraient être déçus d’un tel langage dans la bouche de Paul, qui nous avait habitués à vivre une vie triomphante enracinée en Jésus-Christ.
- En ce qui me concerne, je bénis Dieu et je te remercie, Paul, pour ton honnêteté et ton courage, car il n’est pas toujours facile d’exposer publiquement ses problèmes et ses difficultés.
- Il est toujours plus facile de faire état de nos victoires, de notre foi, en masquant souvent nos doutes, nos échecs et nos manquements.
- Oui, je voudrais te dire merci, mon frère Paul, pour ta confession, pour n’avoir rien voulu cacher de ce que tu vivais intérieurement. Par cette confession, tu as encouragé bien des âmes, tu as encouragé bien des âmes languissantes en révélant les faiblesses de la nature humaine et en affirmant qu’un combat perdu n’est pas synonyme de défaite.
- En fait, ce texte nous aide à comprendre qu’il y a deux natures en nous, l’une charnelle (notre ancienne nature) et l’autre spirituelle, celle qui nous a été donnée le jour où nous avons accepté le Seigneur Jésus dans notre cœur.
- Sur le chemin de Damas, Saul de Tarse a été désarçonné et mis à terre pour donner naissance à l’apôtre Paul, sans aucun doute le plus grand évangéliste de tous les temps. Mais son expérience montre que Saul de Tarse, bien que vaincu, n’est pas mort pour autant.
- J’en arrive à mon deuxième point.
II – Pouvons-nous nous identifier à lui ?
Pour répondre à cette question, nous devons déjà nous poser celles-ci :
- Nous arrive-t-il de ne pas faire le bien que nous aimerions faire ?
- Nous arrive-t-il de faire le mal que nous aurions voulu éviter ?
- Comme Paul, pouvons-nous confesser que nous avons la volonté mais non le pouvoir de faire le bien ?
- Certainement que, comme moi, vous vous rendez compte que vous n’êtes pas différents de Paul.
- Malgré notre conversion, nous expérimentons chaque jour cette parole :
" La chair a des désirs contraires à ceux de l’esprit et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair " (Galates 5 : 17).
- A la Croix, Satan a été définitivement vaincu, c’est l’élément fondamental de la bonne nouvelle de l’Evangile, mais vaincu ne veut pas dire mort.
Vaincu ne veut pas dire inopérant, ce serait utopique de le croire.
- De même, à la Croix, notre vieille nature charnelle a été vaincue, ce qui ne la rend pas inopérante maintenant et Paul nous le rappelle par le texte que nous avons lu, et de même qu’il n’en avait pas fini avec le " Saul de Tarse ", nous n’en avons pas fini avec notre ancienne nature.
Croire le contraire serait tomber dans une illusion, qui promet un réveil dramatique.
- Pourquoi les choses sont-elles ainsi ?
Ce serait si simple pour nous d’en avoir fini avec cette vieille nature qui nous colle à la peau. Si simple, si Satan était radicalement et définitivement neutralisé.
- Pour la réponse, je vous invite à vous adresser au " bureau des réclamations " du Seigneur, et vous pouvez même vous y adresser de ma part en disant que j’ai été incapable de vous fournir une explication rationnelle sur le sujet.
Je confesse ici mon incapacité à vouloir tout expliquer.
- Ce que je peux au minimum vous donner, c’est une anecdote que j’ai entendue :
- Le propriétaire d’un étang le faisait visiter à l’un de ses amis.
Il y avait abondance de jeunes truites, mais le visiteur fut étonné d’y trouver aussi quelques brochets, prédateurs par excellence.
Il demanda une explication au propriétaire, et voici sa réponse :
" Ces brochets ont pour vocation de stimuler les jeunes truites qui doivent en permanence rester sur leurs gardes pour éviter d’être dévorées.
A cause de cela, elles développent une certaine vitalité qui les prémunit de l’embonpoint. "
- Ne serions-nous pas des chrétiens obèses et nonchalants, si nous n’avions pas en permanence à nous tenir sur nos gardes, quant aux attaques et œuvres de la chair et de Satan ?
- Un serviteur de Dieu avait pour habitude de dire que ses épreuves étaient toujours l’occasion de remporter des victoires, et sans épreuve pas de victoire.
- Non, ne croyons pas que nous en avons fini avec la chair, sous prétexte que nous sommes convertis.
Nous ferions preuve d’un véritable aveuglement si nous le croyions.
- J’en arrive à mon troisième point.
III – Existe-t-il une solution à ce problème ?
- Pour bien comprendre ce message que Paul veut nous transmettre, il nous faut replacer ce chapitre 7 dans son contexte.
- Dans le chapitre 6, nous est révélé le chemin de la victoire sur le péché par notre identification à la mort et la résurrection de Jésus-Christ (chapitre souvent utilisé lors des baptêmes).
- Dans le chapitre 8, nous découvrons l’œuvre extraordinaire du Saint-Esprit dans la vie du croyant.
- Il est intéressant de noter que dans cette lettre adressée à l’Eglise de Rome, le Saint-Esprit n’est cité qu’une seule fois jusqu’au chapitre 7 (Romains 5 : 5), et voici qu’au chapitre 8 il sera cité 19 fois.
- Autrement dit le chapitre 7, qui retient notre attention, se situe entre celui qui nous parle de la victoire que nous avons sur le péché et celui qui nous révèle l’œuvre extraordinaire du Saint-Esprit dans nos vies.
- La confession de Paul est-elle contradictoire avec ce qu’il nous dit de glorieux par ailleurs ?
Absolument pas.
- Ce chapitre 7 commence par ces mots : " Ignorez-vous frères, car je parle à des gens qui connaissent la loi, que la loi exerce son pouvoir sur l’homme aussi longtemps qu’il vit ? "
- Après le pouvoir du péché qui conduit à la mort, après le pouvoir de la chair qui nous conduit à vivre en disgrâce vis-à-vis de Dieu, voici qu’il est maintenant question du pouvoir de la loi.
- Cette loi dont le texte nous dit qu’elle est sainte et dont Paul nous déclare qu’en faisant ce qu’il ne veut pas, il reconnaît qu’elle est bonne.
- Quel est donc son rôle, d’autant plus que Jésus lui-même ne l’a pas remise en cause, en disant qu’il n’était pas venu pour l’abolir mais pour l’accomplir.
- La découverte de Paul, qu’il partage avec nous, c’est qu’il est incapable, absolument incapable de l’accomplir.
- Le message que nous avons à recevoir, c’est que vous êtes, que je suis incapable d’obéir à la loi. Et si cela est ainsi, je dois renoncer à mes efforts pour atteindre l’impossible.
- Nos efforts sont d’ailleurs des tentatives de soumettre notre ancienne nature, notre chair, à obéir aux commandements de Dieu, mais cela est impossible.
- En Romains 8 : 7, il nous est dit (en parlant de la chair) : " Elle ne se soumet pas à la loi de Dieu et ne le peut même pas. "
- N’essayons pas de convertir notre chair en lui imposant l’obéissance à la Parole de Dieu, cela est impossible, absolument impossible.
- Est-ce donc une situation de défaite ?
Loin de là !
C’est en reconnaissant ses limites et ses incapacités que Paul déclare être misérable et qu’il avait besoin d’être délivré.
Alors il peut s’écrier : " Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur. "
- Véritable cri de victoire, mettant fin à toutes ses incapacités et ses limites.
- Réussira-t-il (Galates 3 : 24) : " La loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi. "
- Voilà la raison d’être de la loi.
- Voilà le pouvoir qu’elle possède : Nous révéler les exigences de Dieu, mais surtout que c’est en Jésus, et en Jésus seulement que nous sommes capables de vivre et d’accomplir les commandements de Dieu.
- D’ailleurs, en dehors de ce que je viens de dire, il faut savoir que la loi ne nous concerne pas si nous sommes réellement convertis.
1 Timothée 1 : 9 - " La loi n’a pas été faite pour le juste mais pour les méchants, les rebelles, les impies… "
Puisque la loi a pour vocation de nous amener à Christ et que c’est chose faite pour le chrétien authentique.
Elle est écrite dans nos cœurs et devient notre règle de vie.
En conclusion, qu’allons-nous retenir de cette méditation. ?
- Ne trouvons-nous pas étrange si, comme Paul, nous ne faisons pas le bien que nous aimerions faire et que nous faisons le mal que nous aurions voulu éviter ?
- Reconnaissons humblement notre incapacité à bien faire ; que nous avons la volonté mais non le pouvoir de faire le bien.
- Mais que ce constat, au lieu de nous décourager, nous pousse davantage à remettre nos vies entre les mains de notre Seigneur, à nous laisser immerger dans le Saint-Esprit.
- Alors notre faiblesse deviendra notre force et nous permettra de remporter des victoires avec le Christ.
- Alors, avec Paul, nous pourrons confesser : " Grâces soient rendues à Dieu qui nous donne la victoire en Jésus-Christ " (1 Corinthiens 15 : 57).
- Notre vie chrétienne victorieuse ne l’est pas par l’obéissance aux commandements de Dieu, mais dans la confiance que nous donnons à Jésus-Christ et la place que nous lui laisserons dans notre vie.
- Et je vous laisse ce dernier verset :
Romains 8 : 37 (selon la version " Parole Vivante "). " Mais dans tous ces combats, celui qui nous a tant aimés est près de nous, avec lui nous restons vainqueurs, et nous allons de victoire en victoire. "
Qu’il en soit ainsi pour chacun d’entre nous.
Délivrés ou des livrés ?
Romains 1 : 18 à 32
" Délivrés " ou " des livrés " ? ..... À vous de choisir.
- Ce texte est un véritable réquisitoire envers notre société, envers un monde qui se dégrade de plus en plus.
- La " maison monde " se lézarde, se fragilise et les lois qui se modifient pour s’adapter à ce monde sans repère ne font que précipiter l’édifice dans une véritable ruine aussi inévitable que terrible.
- Notre société en arrive à légaliser le péché.
- Mais nous n’avons pas besoin de la Bible pour nous le rappeler, il suffit d’ouvrir les yeux.
- Par contre, nous avons besoin de la Bible pour en comprendre les raisons et connaître le remède ; c’est cette démarche que je vous propose.
- Dans le texte cité en référence, nous trouvons par 3 fois ces paroles terribles s’il en est : " Dieu les a livrés. "
- Comment comprendre qu’un Dieu qui est amour puisse livrer ses créatures au mal !
- Essayons de comprendre en reprenant ces 3 citations.
Verset 24 - " Dieu les a livrés à l’impureté. "
C’est le 1er cas évoqué non sans raison.
- De nos jours, certains mouvements revendiquent pour chacun le droit de disposer librement de son corps : " C’est ma liberté, je fais de mon corps ce que je veux. "
- C’est la porte ouverte à l’impureté, à l’impudicité (cf. 1 Corinthiens 6 : 18 et 19).
En parcourant la Bible, on peut constater que l’impureté est mentionnée très souvent, et dénoncée.
(Cf. Zacharie 13 : 1 ; Ezéchias 22 : 26) Dans le livre du Lévitique, le terme d’impureté est cité 91 fois, soit en moyenne 3 fois par chapitre.
- En dénonçant l’impureté, Dieu voulait inculquer à son peuple la notion de pureté, parce que sa volonté est que son peuple soit un peuple saint.
(" Soyez saint car je suis saint ").
Ce n’est point une option pour les chrétiens que nous sommes.
Ses exigences ne sont pas changées.
Verset 26 - " Dieu les a livrés à des passions infâmes. "
- Les passions sont rarement de bonnes conseillères.
Quelqu’un a dit : " La passion tue la raison. "
- En effet la passion est un état affectif assez puissant pour dominer toute notre vie.
- Avez-vous déjà essayé de communiquer avec un passionné ?
Sauf à se retrouver sur son terrain, cela est très difficile, car quelque part c’est sa vie et sa vie n’a de sens qu’au travers de sa passion.
- Certes, il existe des passions qui ne conduisent pas au péché mais, d’une façon générale il faut s’en méfier à cause de l’impact qu’elles produisent sur notre vie.
- Mais ici il est parlé de passions infâmes et avilissantes.
Tout cela engendre des dérèglements dans les relations hommes/femmes, des comportements d’ordre homosexuel avec tous ses dérivés.
- Comme le disait Billy Graham : " Nous sommes en plein Sodome et Gomorrhe " et même d’ajouter : " Si Dieu n’exerce pas un jugement sévère envers notre société, il devra s’excuser devant les habitants de Sodome. "
Verset 28 – " Dieu les a livrés à leurs sens réprouvés. "
- Entendant par cela que tout bon sens a disparu, c'est-à-dire qu’on n’est pas loin de franchir la frontière qui existe entre l’homme et l’animal (cf. Jérémie 7 : 24 ; 13 : 10 ; 16 : 12).
- A ce stade de notre méditation, on peut déjà affirmer une chose :
En honorant Dieu, l’homme s’ennoblit, mais en le méprisant ou en le rejetant, l’homme se pervertit.
- Mais revenons à ce terme redoutable s’il en est : " Dieu les a livrés, " que l’on trouve également au Psaume 81 : 12 et 13.
- Dieu serait-il le défenseur de la loi du talion : " Œil pour œil, dent pour dent " ?
- Serions-nous les victimes d’un Dieu tout puissant avec lequel nous sommes engagés dans une lutte inégale, nous des créatures faibles et fragiles ?
- Parce que nous avons péché, Dieu nous condamne-t-il à rester dans le péché, nous y enfonçant de plus en plus ?
Ma modeste culture biblique m’a pourtant appris que Dieu était venu, en Jésus-Christ, pour nous délivrer du mal, même si ce mal s’appelle " moi-même " (cf. Esaïe 12 : 2), en écho à bien des psaumes proclamant les délivrances du Seigneur.
- Alors, sommes-nous des " livrés " (sous-entendu à nous-mêmes c'est-à-dire à notre nature pécheresse) ou des " délivrés " par le Seigneur ?
- On aurait tort de penser que Dieu se plait ou simplement s’accommode de notre vie de péché.
Cela ne s’accorde pas avec l’image d’un Dieu saint, d’un Dieu d’amour dont l’œuvre rédemptrice en Jésus-Christ est justement de nous pardonner et de nous libérer de nos péchés.
- En fait, devant le refus de vivre selon la Parole de Vérité, Dieu, sans nous abandonner, cesse tout simplement de nous soutenir et il cesse de retenir le " bateau ivre " que sont nos vies séparées de Dieu et nous sommes ainsi tirés de plus en plus vers le bas.
- Un exemple concret peut éclairer ces propos :
Si je tiens dans ma main un objet et que je le lâche, je n’ai pas besoin de le jeter à terre pour qu’il s’écrase au sol.
Il est soumis à une loi physique qui s’appelle l’attraction terrestre.
De même, l’homme auquel Dieu arrête de dispenser son soutien sera soumis à une loi spirituelle identique qui l’entraînera de plus en plus dans l’avilissement (cf. Ephésiens 4 : 17 à 19).
- Mais une interrogation peut germer dans nos esprits : " Pourquoi Dieu cesse-t-il de nous soutenir ? "
- Pour envisager une réponse à cette question, ne serait-il pas juste de nous poser cette autre question : " Souhaitons-nous vraiment l’aide de Dieu dans notre vie ? "
- Nous attendons nous vraiment à ce que Dieu intervienne dans notre vie ?
- Pour ce faire, il faut lui donner la possibilité d’y avoir accès, c'est-à-dire ôter tous les obstacles qui lui en empêchent l’accès et nous savons que ce qui met une séparation entre nous et Dieu, c’est le péché (Esaïe 59 : 1 et 2).
- En fait, ce que Dieu attend de tous les hommes, c’est le retour à Lui dans une réelle repentance, avant que le point de non-retour ne soit atteint, à savoir un cœur endurci au point de ne plus souhaiter passer par une réelle repentance.
- Comme le dirait mère Basiléa : " Ne cultivons pas le péché des péchés, c'est-à-dire de ne point reconnaître nos péchés. "
- Je voudrais souligner l’importance capitale de la repentance, sujet principal des prophètes de l’Ancien Testament, du message de Jean-Baptiste et premier message de Jésus, message relayé par l’Eglise depuis son origine.
- Et je voudrais souligner ici un point important : La repentance n’a rien de commun avec la délivrance, même si une repentance sincère conduit généralement à une réelle délivrance.
- Dans notre texte en référence, nous trouvons toute la liste de Galates 5 concernant les œuvres de la chair.
- Or, les œuvres de la chair doivent être confessées, il est inutile de vouloir les chasser, d’aller à l’imposition des mains.
- Il nous arrive parfois d’entendre des prières du type : " Seigneur, chasse mon orgueil, mon manque de pardon, ma méchanceté, mon esprit de jugement…. "
- La délivrance du péché ne connaît qu’un seul chemin, un seul remède, c’est une repentance sincère, venant d’un cœur contrit d’avoir offensé le Seigneur avec le désir profond de ne plus pratiquer le péché.
- En conclusion, la question que nous devons nous poser est celle-ci : " Quel est notre choix de vie ? "
- Sommes-nous " des livrés " c'est-à-dire livrés à nous-même, à notre cœur tortueux (Jérémie 16 : 12), ou des hommes et des femmes délivrés pour vivre une vie sanctifiée, soumise à la sainte Parole de Dieu, seule capable de transformer nos vies et de nous garder en dehors des ornières du péché ?
- Et nous devons savoir que nous sommes soit l’un, soit l’autre, il n’existe pas d’autres alternatives.
- Alors sachons faire le bon choix en nous livrant corps et esprit à Celui qui attend notre démarche.
Alors, avec le prophète Esaïe (12 : 2), nous pourrons confesser que Dieu est notre délivrance, que nous n’avons plus rien à craindre car c’est lui qui nous a sauvé.
Béni soit son Saint Nom.
J’ai raconté dans la première partie de mon témoignage " Conversion à l’hôpital ", comment ma rencontre avec le " Dieu de Jésus-Christ " m’avait affranchie de la crainte de la mort et de la puissance du péché dans ma vie.
Voici maintenant quelques expériences ponctuelles vécues durant mes études de médecine, à l’hôpital, et qui rendent témoignage à la manière dont Dieu, comme un père aimant, sait prendre soin de ceux qui lui font confiance.
Tout au long de mes études, j’ai été confrontée à des situations qui dépassaient mes forces physiques et morales.
Mais après le pardon de Dieu et la nouvelle vie dans l’Esprit, ma vie à l’hôpital changea complètement.
J’avais maintenant une solution.
Je priais Dieu de me venir en aide, je lisais sa parole, je comptais sur ses promesses.
J’avais en particulier bien du mal à supporter les gardes de nuit.
Lorsque nous étions de garde, nous avions dans la poche de la blouse le " bip ", un petit appareil qui nous réveillait avec une sonnerie stridente dès que quelqu’un se présentait au service des urgences, ou dès qu’une personne hospitalisée nécessitait des soins médicaux par suite d’une aggravation de son état.
Certaines nuits, nous ne cessions d’être appelés, pour assister parfois au dernier soupir d’un malade pour lequel il n’y avait plus rien à faire, ou pour tenter de trouver des solutions à des cas désespérés.
Les infirmières nous attendaient, anxieuses, et leurs visages s’éclairaient d’un large sourire lorsque nous arrivions au pas de course.
Elles disaient alors invariablement : " Ah, voilà l’interne ! " (En fait, nous étions de simples étudiants).
Et l’on sentait, dans l’intonation qui accompagnait ces quelques mots, à quel point elles étaient soulagées d’être déchargées de la responsabilité de maintenir le patient en vie, ou en tout cas dans le meilleur état possible.
Le fardeau dont elles étaient déchargées à notre arrivée retombait bien naturellement sur nous, et il était important que notre forme physique et intellectuelle soit bonne, pour faire face aux situations difficiles.
A une époque de ma vie, certaines nuits, j’étais si fatiguée que je ne me sentais pas en état de travailler.
Alors je priais instamment : " Mon Dieu, je t’en prie, permets-moi de dormir au moins 3 heures. "
Et je savais que 3 heures durant, exactement, je ne serais pas dérangée.
Lorsque la fatigue était plus intense, je " demandais " 6 heures de repos. Et le " bip " sonnait exactement 6 heures plus tard.
Bien entendu, ces exaucements de prière faisaient suite non pas à une fantaisie de ma part, mais à une réelle nécessité.
Aucune prière motivée par la paresse n’a jamais été exaucée.
Une fois, à la fin d’une journée de travail intense, ma fatigue était telle, et j’étais de garde la nuit, qu’il m’arriva de penser en moi-même : Si le " bip " sonne, je suis capable de le lancer contre le mur.
Je priai Dieu qu’il n’y ait aucune urgence et je m’endormis, pour me réveiller reposée le matin, 9 heures plus tard.
Il va sans dire que ces évènements se déroulaient entre Dieu et moi, sans que personne ne soit au courant de quoi que ce soit.
Un autre soir de garde, je me trouvais dans une chambre assez sordide, réservée aux étudiants.
Les murs étaient décrépis, seuls un lit et une chaise meublaient la pièce.
C’était l’été, l’atmosphère était chaude, étouffante, et de nombreux moustiques sifflaient autour de moi.
J’étais très fatiguée, désireuse de me reposer quelques heures avant l’afflux des malades et des blessés aux urgences.
Avec cette chaleur et ces moustiques, qui, me semblait-il, se comptaient par centaines, il me serait impossible de fermer l’œil, la nuit menaçait d’être terrible !
Le désespoir m’envahit un instant et la prière que je formulais intérieurement était plutôt un appel au secours : " Mon Dieu, je t’en prie, qu’aucun de ces moustiques ne s’approche de moi, qu’ils restent tous au plafond. "
Je ne sais pas pourquoi je fis cette prière si précise, mais je m’allongeai et n’entendis aucun de ces sifflements stridents, dont habituellement un seul m’empêchait de fermer l’œil.
Je dormis profondément plusieurs heures durant.
Et voici encore un exemple de la manière dont Dieu est capable d’agir dans la vie d’une personne obscure, d’une simple enfant de Dieu qui fait confiance à son père au milieu des événements quotidiens.
Un soir de garde, je discutais avec un interne à propos de l’affluence des situations d’urgence, qui se produisaient principalement en fin d’après-midi.
" C’est normal, me répondit-il. Il y a les accidents de trajet des personnes qui reviennent du travail, les blessures et maladies des enfants qui reviennent de l’école et sont amenés par leurs parents au service des urgences. C’est pour cela que l’affluence est maximale entre 19 heures et 22 heures. Avant et après ces heures-là, c’est plus calme. "
Tout à coup, je pensai en moi-même : " Les choses logiques se déroulent ainsi, mais Dieu est maître des circonstances, il est bien capable d’inverser l’ordre naturel des choses. "
Et je fis cette prière : " Je te prie, mon Dieu, de faire en sorte que ce soir il n’y ait pas une seule urgence entre 19 heures et 22 heures, et que la première urgence arrive à 22 heures précises. "
Cette prière n’était pas du tout préméditée, je l’avais faite comme un enfant qui sait que son père peut faire des choses extraordinaires. Je savais que cette prière allait être exaucée, j’avais foi qu’elle le serait.
Je pense que c’est Dieu qui l’avait inspirée à mon cœur pour manifester sa puissance.
Et les choses se passèrent ainsi.
Nous étions pourtant dans un C.H.U., un Centre Hospitalier Universitaire, un très grand hôpital.
De 19 heures à 22 heures, personne ne se présenta au service des urgences. A 22 heures précises, un couple âgé fut introduit dans le service.
La dame venait d’avoir un A.V.C., (un accident vasculaire cérébral), et elle souffrait d’une hémiplégie (paralysie de la moitié du corps).
Après qu’elle ait reçu les soins nécessaires par le réanimateur de garde, on l’installa dans une chambre et je m’assis à côté de son lit pour remplir le dossier médical.
Je sentais la présence de Dieu. Je sentais que quelque chose de spécial était en train de se passer, d’autant plus que la réponse à ma prière de fin d’après-midi était vraiment extraordinaire.
Et j’eus la possibilité de lui parler de l’amour de Dieu, du pardon qu’il offre à ceux qui acceptent le sacrifice de Jésus, et de la vie éternelle.
Elle était très calme, buvait mes paroles et acquiesçait des yeux et de la tête.
Je fus la dernière personne à la voir vivante.
Dans la soirée, l’infirmière m’annonça qu’elle était décédée lorsqu’elle pénétra dans sa chambre quelques minutes plus tard pour surveiller sa tension artérielle.
Je rencontrai son mari en redescendant et lui expliquai ce qui venait de se passer.
J’offris à ce dernier le Nouveau Testament de poche que je gardais toujours sur moi.
Non, vraiment, il n’y a pas de hasard. Lorsque Dieu agit miraculeusement, il a toujours un but précis.
Je peux vraiment témoigner qu’au cours de mes études de médecine, Dieu a été un père pour moi.
Je manquais de forces, je manquais également d’appuis humains, mais Dieu était là, au milieu de la " vallée de l’ombre de la mort " qu’était pour moi l’hôpital.
Dieu était tout proche de moi, il connaissait mes capacités et il adaptait la charge de travail à celles-ci, comme je le lui demandais.
Des années plus tard, lorsqu’il m’a fallu chercher un travail, j’étais effrayée de me sentir si faible devant une profession si exigeante.
Mais j’ai pu encore une fois bénéficier de la bienveillance de Dieu, qui m’a dirigée de façon tout à fait providentielle vers un poste de médecin salarié qui convenait parfaitement à mes besoins et à mes capacités.
Trente ans plus tard je travaille toujours dans le même centre médical et j’ai pu évoluer dans ma carrière.
C’est souvent dans la faiblesse, lorsque nous sommes sans appui humain et que nous crions vers Dieu, que se manifestent sa grâce et son aide toutes puissantes, comme il est écrit dans la seconde épître de Paul aux Corinthiens, (chapitre 12, verset 9) : " Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. "
J’ai assisté aussi à plusieurs miracles de guérison physique pendant mes études de médecine.
Je veux en rapporter ici deux, qui ont profondément marqué ma mémoire.
Alors que j’effectuais un stage à Toulouse, en service de neurochirurgie, je rencontrai une dame qui devait être opérée d’une hernie discale.
Elle était littéralement clouée au lit par la douleur. Je ne sais comment j’appris qu’elle était croyante. Probablement en voyant une Bible sur sa table de nuit
Nous avons sympathisé et prié ensemble pour sa guérison.
Je me souviens qu’un jour, je me suis même retrouvée à genoux à côté de son lit, priant avec elle pour que Dieu la guérisse au nom de Jésus-Christ.
Un interne est entré dans la chambre à ce moment-là et m’a regardée avec un étonnement sans mélange.
Après quelques secondes, il s’est contenté de refermer la porte.
D’autres chrétiens étaient venus à son chevet, ainsi que le pasteur de son Eglise, qui avait prié pour sa guérison.
Et elle avait été guérie sans intervention chirurgicale, conformément à ce qui est proposé dans la Bible au chrétien qui est malade : " Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Eglise, et que les anciens prient pour lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; la prière de la foi sauvera le malade et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné. "
Un jour de grande visite, notre cohorte, composée du professeur, du chef de clinique, des internes, des externes, de l’infirmière, arrive autour du lit.
A la question posée par le professeur : " Comment va notre malade ? ", l’interne ose à peine répondre : " Elle n’a plus aucun symptôme, elle a retrouvé toute sa souplesse. "
On demande à la malade de prouver la guérison. Elle s’exécute et saute de son lit avec légèreté, se penche rapidement en avant et touche sans difficultés le bout de ses pieds avec les mains.
Mais lorsqu’elle donne l’explication de cette guérison complète, le visage du professeur se durcit et il lance brusquement une petite phrase : " Guérison spontanée ! "
Puis tournant les talons, il sort précipitamment de la chambre, suivi de toute sa " cour. "
Inutile de dire que j’ai le plus profond respect pour la science médicale, et que j’ai également beaucoup d’affection pour les médecins et tous ceux qui ont une profession paramédicale, qui, au prix de leur confort et de leur tranquillité, s’emploient à faire reculer la souffrance et la mort.
Mais je n’ai pas peur d’affirmer que la guérison divine existe, qu’elle est une réalité, comme j’ai pu le constater plusieurs fois sur moi-même ou sur d’autres personnes.
Beaucoup de médecins et de chirurgiens se sont également trouvés face à des guérisons qui ne pouvaient recevoir aucune explication scientifique et faisaient suite à la prière adressée à Dieu au nom de Jésus-Christ.
Les témoins oculaires qui vivaient du temps de Jésus-Christ rapportent de nombreux miracles de guérison sur des malades incurables, en ce temps où la science médicale était très limitée.
Jésus ne s’attribuait pas la gloire de ces miracles, qui étaient faits par Dieu, et il disait lui-même : " Le Père, qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. " (Evangile de Jean, chapitre 14, verset 10).
Ces œuvres avaient pour but de susciter la foi des contemporains de Jésus, pour qu’ils croient en Dieu, se repentent de leurs mauvaises œuvres et reçoivent le pardon de leurs péchés et la vie éternelle. C’est pourquoi au verset 11, Jésus ajoute :
" Croyez du moins à cause de ces œuvres. "
L’œuvre de Dieu par Jésus-Christ est à la fois simple à comprendre et mystérieuse.
Mais par son action sur nos âmes et nos corps, Dieu prouve qu’il est un Dieu bon, qui veut le bien de ses créatures et qui est capable d’employer des moyens " extra " ordinaires, des moyens qui ne répondent pas aux lois de la nature, pour parvenir à son but.
Si elle est une réalité, la guérison divine est aussi parfois le seul moyen de guérison, lorsque le malade est incurable.
En voici un exemple frappant auquel j’ai assisté, alors que je travaillais à Pau dans le service de réanimation.
Je me souviens seulement du prénom de cet homme, René, qui avait voulu mettre fin à ses jours.
Après 48 heures d’absence, on était parti à sa recherche, et on l’avait trouvé dans sa voiture en plein hiver, dans un col des Pyrénées.
Il avait absorbé des médicaments et une grande quantité d’alcool et avait été retrouvé inconscient, en hypothermie sévère, avec une infection pulmonaire très grave.
Après plusieurs semaines de traitement intensif, pendant lesquels le malade fut laissé sous ventilation artificielle, il devint évident qu’on ne pourrait pas le sauver.
Malgré des perfusions permanentes d’antibiotiques, l’infection avait gagné les deux poumons et plusieurs germes étaient en cause.
Le malade avait été isolé dans une chambre séparée, et c’est à contre cœur que l’on entrait dans la pièce, à cause de l’odeur insoutenable qui y régnait, causée par les germes responsables des infections.
Nous attendions tous son décès.
J’avais eu l’occasion de partager ma foi avec lui.
J’appris d’ailleurs par la suite qu’une infirmière du même service, qui était chrétienne cherchait également à lui communiquer sa foi.
Et surtout, je priais pour lui. Jamais je n’ai prié pour sa guérison physique, je dois l’avouer, tant la gravité de son état me semblait sans remède.
Je priais pour que son âme, désespérée au point d’avoir voulu en finir avec la vie, reçoive au moins une consolation de la part de Dieu.
Un jour que je priais Dieu de se révéler à lui, je reçus brusquement la certitude qu’il allait guérir.
Cette certitude est descendue dans mon cœur sans plus de bruit qu’une plume qui se serait déposée sur le sol.
Mais j’étais sûre de cette guérison, j’avais la foi véritable, celle qui reçoit l’exaucement dont parle Jésus.
Rien n’a pu ébranler ma certitude que cet homme allait guérir.
Ni les pronostics des médecins et des infirmières, qui m’accueillaient chaque matin en disant : " M. X. ne passera pas la journée. "
Ni l’accident qui survint une nuit durant laquelle j’étais de garde.
Je me fis invectiver par le réanimateur de garde que j’appelai au téléphone.
Il me demanda de le laisser mourir tranquillement. " Vous savez bien qu’il va mourir, me dit-il. Mais si vous le voulez vraiment, mettez en place le protocole suivant. …… " c’est ce que je fis, persuadée qu’il allait vivre.
Et il vécut.
Les infections guérirent, et l’on put bientôt enlever la sonde d’intubation, qui n’avait pas endommagé la muqueuse nasale malgré sa mise en place des semaines durant.
Il sortit bientôt de réanimation et je lui rendis visite pendant sa convalescence.
Il avait bonne mine et m’accueillit en souriant.
Je lui laissai un Nouveau Testament et l’excellent livre de l’évangéliste Billy Graham : " La paix avec Dieu. "
Il me dit que pendant son épreuve, il avait lui aussi beaucoup prié.
J’ai été spectatrice d’une guérison miraculeuse pour laquelle je ne priais pas.
Dieu est souverain.
Il m’est arrivé de prier pour la guérison de certains malades, et ils n’ont pas été guéris. Et je ne peux percer le mystère de tous ces événements.
Dans l’Evangile nombreux sont les cas où Jésus pardonnait les péchés et guérissait les malades.
Je m’éloignais naturellement, sans effort, de tout ce qui aurait pu attrister le Saint-Esprit qui résidait en moi.
Je ne redoutais rien autant que de perdre la présence de Dieu en moi.
Je me souviens de bons moments que j’ai passés en compagnie de femmes qui étaient hospitalisées en service de psychiatrie pour de graves dépressions nerveuses.
Les internes et étudiants passaient souvent leur temps libre dans une grande salle de réunion pour y manger, plaisanter.
On les entendait rire derrière la porte fermée. Mais je sentais que ma place était plutôt au milieu des femmes souffrantes, humiliées par la maladie, et qui avaient besoin de trouver une oreille bienveillante et attentive à leur douleur.
L’amour du monde ne peut cohabiter avec celui de Dieu :
" N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du père n’est point en lui. " (1 Jean chapitre 2, verset 15).
Un jour que j’étais de garde, un chirurgien me fit appeler pour l’assister comme aide opératoire. J’aimais beaucoup la chirurgie, mais je savais très bien que ce n’était pas la voie que Dieu voulait pour moi.
Je n’avais pas la santé nécessaire pour me diriger vers ces études contraignantes.
Alors je laissai ma place à une étudiante qui brûlait d’envie de la prendre.
Je remplissais ce soir-là, aux urgences, un dossier médical, lorsque j’entendis une voix forte et cordiale me saluer : " Bonjour, mademoiselle ! "
J’avais en face de moi un chrétien que je connaissais bien.
Il était pilote de l’hélicoptère qui conduisait les malades et les accidentés à l’hôpital.
Nous avons passé, avec lui et les étudiants qui étaient présents, un agréable moment à discuter et je n’ai plus pensé au bloc opératoire.
Je crois que Dieu sait exactement le genre de travail que nous pouvons faire et qui nous sera profitable.
Il faut éviter d’avoir une ambition démesurée, surtout pour une femme, car elle peut nous empêcher de construire une vie affective stable.
De plus, je voulais garder du temps pour connaître Dieu et servir mon prochain.
C’est lorsque l’on s’approche de l’âge de la retraite que l’on prend conscience de la vanité de l’orgueil humain.
Lorsque la carrière est derrière nous, que reste-t-il pour vivre si l’on n’est pas entouré de gens que l’on a aimés, et qui nous aiment, de ceux que l’on a soutenus toute notre vie et qui sont prêts à nous soutenir ?
Ceux qui vivent leur vie professionnelle en milieu médical peuvent parfois être tentés par des aventures sexuelles.
Le fait de connaître Dieu, de savoir qu’il m’aimait et veillait sur moi, de le voir à l’œuvre dans ma vie, m’a toujours gardée de céder à la séduction qui émane de ces hommes importants et honorés.
Dieu n’est-il pas au-dessus de tous ?
Parents, qui voyez vos enfants s’envoler du nid familial vers une destination qui vous fait peur, faites-leur connaître le père céleste, qui les gardera de toute embûche et leur permettra de construire une vie professionnelle et une vie affective stables, pures, heureuses.
Je me souviens d’un stage que j’effectuais en pédiatrie.
Une atmosphère particulière régnait dans ce service, où des lits à barreaux s’alignaient dans une grande salle.
Tous ces petits enfants qui s’ennuyaient subissaient en plus des soins médicaux angoissants ou douloureux.
Le personnel, il est vrai, prenait bien soin d’eux.
Mais a-t-on conscience du mal-être que peut éprouver un enfant ou un adulte dévêtu sous le regard de dix paires d’yeux au moment de la " grande visite " ?
Un de ces petits, un garçonnet d’environ 2 ans, s’ennuyait beaucoup. Il recevait peu de visites.
Ses pieds étaient fermement maintenus dans des bottines reliées entre elle par une planchette.
Il souffrait d’une malformation congénitale des deux pieds.
Il y eut entre nous un véritable coup de foudre.
Je le prenais dans mes bras, et d’aussi loin qu’il me voyait venir, il s’aidait des barreaux du lit pour se lever et m’attendre.
J’avais pris l’habitude, lorsque j’étais de garde de nuit, de manger le soir avec les infirmières dans le service, pour être plus près des enfants et pour échapper à l’ambiance des salles de garde.
Mais le dernier soir, je voulus prendre congé de mes collègues.
Nous étions tous réunis pour manger dans une grande salle dont les murs étaient couverts de dessins obscènes et de peintures érotiques.
Je sentais que ma place n’était pas dans un tel lieu, mais je n’eus pas le courage de partir au cours du repas.
La nuit fut mauvaise, et lorsque je voulus, le lendemain matin, dire au revoir à mon petit protégé, je n’avais pas fière allure.
J’étais fatiguée et j’avais perdu cet élan d’affection qui me poussait vers lui.
Lorsque je m’approchai, je vis mon petit ami s’asseoir tristement, puis se coucher et tourner la tête vers le mur.
Quel triste adieu !
Assurément, il n’y a aucune cohabitation possible entre l’amour de Dieu et l’amour du monde, comme l’écrit l’apôtre Jean dans sa première épître :
" Si quelqu’un aime le monde, l’amour du père n’est point en lui, car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du père, mais vient du monde. " (Chapitre 2, verset 16).
Et malgré notre attachement à Dieu, si nous ne nous gardons pas nous-mêmes des tentations, nous pouvons y succomber.
Voici ce que dit l’apôtre Jean dans sa première épître (chapitre 5, verset 18) :
" Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché ; mais celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas. "
Le but de Dieu est de nous procurer des relations affectives profondes et stables avec notre famille.
Les relations purement érotiques ne comblent pas la solitude humaine, non plus que celles qui sont basées sur l’infidélité.
C’est à l’hôpital de Tarbes que j’effectuai mon stage de fin d’étude.
Je prenais le train de 7 heures à Pau, après avoir parcouru à bicyclette la grande descente qui mène à la gare.
Il y avait peu de monde à cette heure-là dans le train, une personne dans chaque compartiment.
Beaucoup de conversations amicales se sont terminées par un témoignage de l’amour de Dieu et le don d’un Evangile.
Quelques souvenirs de ce stage sont restés gravés dans ma mémoire, comme ces mois que je passai en service de pneumologie.
Les malades finissaient leur vie avec une respiration haletante, en cherchant un peu d’oxygène.
Jamais je n’ai autant ressenti la présence de Dieu que dans ces bâtiments et ces cours sordides et tristes.
Ces paroles du Psaume 23 me revenaient en mémoire bien souvent :
" Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. Ton bâton et ta houlette me rassurent. "
Quelques visages sont restés gravés dans ma mémoire, comme celui de cet homme dont les poumons étaient détruits, par une bronchite chronique si je me souviens bien.
Il respirait avec tant de peine que je lui disais : " C’est pénible, hein ? " et il me répondait : " Ce n’est rien de le dire. " Sa femme et sa sœur se succédaient à son chevet, mais il y avait entre elles deux une lutte d’influence pénible sur le malade.
Il y avait aussi des malades qui terminaient leur vie seuls, telle cette grande femme toute simple, qui avait passé sa vie au service d’un couple fortuné.
Elle n’avait pas eu l’occasion de bâtir une vie personnelle elle-même, mais elle ne se plaignait jamais.
Nous avons sympathisé, elle me racontait sa vie et me disait invariablement : " Mes patrons ont été très bons pour moi. "
Lorsque la maladie a été sur le point de l’emporter, je me suis assise tout près d’elle et je lui ai parlé de l’amour de Dieu pour elle. Son regard était paisible.
D’autres malades étaient angoissés, comme cette femme que je croisai un jour au milieu d’une cour de l’hôpital.
Elle s’adressa à moi avec un tel désespoir qu’elle se tordait les mains et les avant-bras sous l’effet de la douleur morale. Jamais je n’avais rencontré quelqu’un dont le désespoir était aussi manifeste.
Nous sommes restées là un bon moment à parler debout au milieu de la cour.
La compassion m’étreignait et je voulais la consoler en lui parlant de Dieu et de son amour, comme j’avais moi-même vu disparaître toute angoisse de mon cœur sous l’effet de la consolation de Dieu.
Il était évident que l’Esprit de Dieu agissait dans son cœur, car je la vis peu à peu se détendre. Son visage devint serein et souriant, et ce changement était vraiment spectaculaire. Ses mains se dénouèrent et se détendirent.
Elle me remercia chaleureusement et nous partîmes chacune de notre côté.
La compassion et l’amour faisaient vraiment partie des fruits que j’avais reçus lorsque le Saint-Esprit était venu dans ma vie.
Je me souviens d’avoir ausculté un grand malade. La compassion que j’éprouvais pour lui était telle que les larmes coulaient toutes seules de mes yeux tandis que je l’auscultais.
Une infirmière me raconta après son décès, que le jour de sa mort, avec le peu de forces qui lui restaient, il cherchait à repousser un ennemi visible de lui seul.
La mort, cette " reine des épouvantements ", certains malades la sentaient venir, comme cet homme, qui, marchant dans l’hôpital, me croisa un jour et me dit d’un air sombre : " Dans une semaine, je ne serai plus là. "
Il était bien atteint, certes, ne pouvant plus manger. On l’alimentait avec une sonde de gastrostomie, implantée directement dans l’estomac.
Mais il déambulait encore sans difficultés dans les couloirs de l’hôpital. Sa prédiction se réalisa pourtant.
L’hôpital, c’est un lieu où l’on vient recevoir des soins, où l’on vient chercher la guérison. Mais c’est aussi un lieu dans lequel on souffre et l’on meurt.
C’est un endroit privilégié pour y découvrir le tragique de la destinée humaine, conséquence de la rébellion contre Dieu.
C’est aussi un endroit privilégié pour y faire connaître la miséricorde de Dieu.
Une amie médecin, me parlant de son expérience comme accompagnante en service de soins palliatifs, me disait récemment :
" Au moment de la mort, même les personnes qui n’ont jamais cru en Dieu se tournent vers Lui et s’accrochent à une espérance. "
Certains malades s’approchent de Dieu lorsque la souffrance est là, comme celui qui me dit un jour : " Vous savez, mademoiselle, j’ai beaucoup travaillé dans ma vie, je n’ai jamais eu le temps de m’occuper de chercher Dieu. Mais depuis que je suis à l’hôpital dans un lit, j’ai recommencé à prier. "
L’espérance en un Dieu d’amour, qui pardonne et nous a donné un Sauveur pour nos âmes, Jésus-Christ, ainsi que l’espérance de la vie éternelle, sont importantes, à l’hôpital plus qu’ailleurs peut-être.
Pour le soignant qui est confronté au quotidien à la souffrance et à la mort de ceux qui l’entourent.
Pour celui qui est l’objet des soins à plus forte raison, lui qui est confronté, sinon à sa propre mort, à la souffrance.
Lorsque tout disparaît, lorsque même la puissance de Dieu ne se manifeste pas, et que l’âme quitte le corps, il reste toujours, comme le dit l’apôtre Paul :
" La foi, l’espérance et l’amour " (1 Corinthiens 13).
Et la plus grande de ces choses, c’est l’amour.
Nous voudrions avoir des certitudes, quant à l’existence de Dieu, quant à son œuvre de salut en Jésus-Christ, quant à la vie éternelle.
Et nous avons reçu la foi et l’espérance.
Comme il est écrit dans l’épître aux Romains :
" C’est en espérance que nous sommes sauvés. Or l’espérance qu’on voit n’est plus espérance ; ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore ? " (Chapitre 8, verset 24).
Mais au-delà de la foi et de l’espérance, il y a l’amour.
Et c’est cet amour pour le souffrant, le mourant, l’oublié, celui qui est réduit à presque rien, qui nous prouve que notre espérance n’est pas vaine, parce que cet amour n’est pas naturel, il vient de Dieu.
Sans amour, la foi et l’espérance ne suffisent pas.
" Or l’espérance ne trompe pas, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. " (Epître aux Romains, chapitre 5, verset 5)
Pourquoi avoir écrit ces quelques souvenirs de mes années d’études ?
Le fait d’avoir connu la Parole de Dieu, d’avoir reçu le Saint-Esprit, m’a permis d’être gardée du mal et d’être accompagnée tous les jours.
Les chrétiens de l’Eglise m’ont entourée de leur bienveillance, mais surtout Dieu était là, tous les jours et à chaque instant.
Lorsque les circonstances étaient trop difficiles, le secours arrivait, d’une manière ou d’une autre, soit d’une façon extérieure, soit par un surcroît de force intérieure.
Dieu est maître du temps et des circonstances, il est prêt aussi à changer nos cœurs lorsque nous sommes plongés dans le péché et à faire de nous des moyens de bénédiction pour les autres.
Quelles que soient les circonstances, si nous sommes seuls, crions à Dieu, Il répondra.
Il a répondu déjà à tous les humains en envoyant Jésus-Christ, par lequel il nous a réconciliés avec lui-même.
Mes années d’études à l’hôpital m’ont plongée toute jeune dans le monde de l’angoisse, de la souffrance et de la mort.
Mais c’est aussi là que la présence et la puissance de Dieu se sont révélées le plus intensément à mon âme et à celle de plusieurs au contact desquelles je me suis trouvée.
Ainsi se termine mon témoignage.
Mon souhait est que ceux et celles qui le liront soient incités à chercher Dieu s’ils ne le connaissent pas encore.
Toute ma reconnaissance est à Dieu par Jésus-Christ.
Dr. F. D.
Ces lettres ont été écrites à Augusta LORTHIOIS par l’évangéliste Alexandre ENGRAND, et transmises par Monsieur GANICHON.
Coudekerque le 20 août 1940
Bien aimés frères et sœurs dans le Christ Jésus notre Seigneur,
Paix vous soit, bien-aimés, par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.
Sachons que la poste refonctionne.
Combien il est bon à mon âme, je pourrais dire à nos âmes, de pouvoir vous faire parvenir ces quelques mots, car n’est-ce pas un peu de nous-même que nous envoyons dans ces missives, n’est-ce pas elles qui nous représentent là, dans ces foyers où elles se rendent ?
Et ma joie est surtout grande de ce qu’elles nous portent vers l’Eglise qui est en votre maison. Alléluia.
Ma joie fut grande le jour où le Seigneur me permit, après l’invasion allemande, de pouvoir vous rendre visite.
Et combien j’aurais été heureux de pouvoir y retourner, mais hélas le Seigneur en avait certainement jugé autrement, vu que malgré toutes les démarches que j’ai pu faire, je n’ai pu aboutir à un bon résultat.
Seule sa volonté peut être faite et non la nôtre, mais n’est-ce pas déjà une joie pour nos âmes de savoir que, si même il n’y avait plus possibilité de se revoir sur cette terre, nous nous reverrons là-haut, pour toujours réunis.
Alléluia.
Mais !
Veillons et prions afin de ne pas nous laisser retirer le prix de la course qu’est la couronne de vie, car les démons travaillent sans relâche à la destruction de cette Eglise glorieuse que le Seigneur veut sur cette terre, Eglise formée par nos âmes attentives et soumises.
Parole de Jésus aux Juifs, à ceux qui écoutaient sa parole : " Si vous demeurez dans ma parole, elle vous conduira dans toute la vérité et la vérité vous affranchira. "
Combien cette parole est douce pour qui la reçoit et combien l’âme qui la reçoit comprend l’importance des avertissements du Seigneur : " Veillez et priez. "
Et cela ne veut pas dire se retirer à l’écart afin de ne point être tenté et ne pas avoir à lutter.
Écoutons ce qu’il nous dit : " Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups " et encore : " Je ne vous dis pas de vous retirer du monde, mais de vous retirer des souillures du monde. "
Et encore : " Le chemin qui mène à moi est étroit et épineux et très peu le trouvent. "
Voilà ce que le Seigneur ordonne :
Être une lampe au milieu de ce monde perverti, être le sel de cette terre et pour cela, comme écrivait Paul : " Ne fuyez pas vos assemblées ", " Entretenez-vous par des psaumes, des hymnes, des cantiques, " par des exhortations et des édifications que le Seigneur inspirera parmi vous.
Réjouissez vos âmes, sœurs, avec tous, de ce que le Seigneur nous ait accordé de vivre les temps que nous vivons, qui sont les plus agités mais les plus merveilleux car tout nous montre son retour prochain.
" Veillez et priez ", entretenez-vous, exhortez-vous, édifiez-vous, censurez-vous.
Alléluia de ce qu’il vous accorde ces possibilités-là !
Priez les uns pour les autres. Priez pour nous.
Priez pour moi, afin que bientôt parmi vous je puisse être rendu et que nous nous réjouissions ensemble un instant.
Le Seigneur est avec vous tous, glorifiez-le. Amen.
Pour tous de tous ici, pensées et baisers dans le Seigneur.
Alexandre, Victoria
P.S. : Nous avons reçu une carte de Maurice Engrand qui est prisonnier et des autres, en avez-vous ?
Que le Seigneur permette que je vous lise bientôt et connaisse la situation de chacun parmi vous.
Si possibilité il y a pour du tissu, mettez-en de côté un peu.
Coudekerque le 4/9/1940
Bien aimés dans le Christ Jésus notre Seigneur,
Qu’une bénédiction puissante soit sur vous tous. Amen
Mon âme est émue et heureuse de pouvoir ce jour prendre la plume pour vous écrire, car l’on vous a fait connaître que cette détention que j’ai subie m’a causé une vive joie, pas pour la détention elle-même, mais pour l’utilité à laquelle elle servit.
Car en effet, comme écrit Paul : " Toutes choses sont du Seigneur et concourent au bien de ceux qui l’aiment. "
En effet toutes choses sont de lui, car rien ne peut sans lui être effectué.
Ne possède-t-il pas la toute-puissance ?
Et c’est pour cela que mon âme conserva une paix parfaite le temps de cette captivité, qui humainement était injuste.
Car l’on m’accusait d’avoir, au moyen d’une lampe électrique, fait des signaux aux avions anglais qui étaient venus cette nuit-là jeter des bombes à 200 ou 250 mètres de la maison.
Ce qui était complètement faux vous le comprenez, mais au moment où le sergent allemand vint me mettre le révolver en pleine poitrine avec le réel désir de m’abattre, je me demandai premièrement ce qu’il m’arrivait, ne connaissant pas le pourquoi de ce geste, deuxièmement, aussitôt réagissant spirituellement, je me dis : " Est-ce que l’heure serait arrivée pour moi ? "
Mais aussitôt je compris que cela ne pouvait être possible, tant il y a de travail à faire.
Je sais que le Seigneur n’a aucunement besoin de nous, tout, s’il le veut, lui obéira au doigt et à l’œil, mais je sais qu’il veut que nous annoncions, que nous travaillions en cette immense moisson d’âmes.
Il (Jésus) dit à ses apôtres au puits de Jacob : " La moisson est immense et il y a peu d’ouvriers, priez le Père d’envoyer des ouvriers dans la moisson. "
Je sais qu’hélas le travail que j’ai fait et que je fais est bien maigre pour ne pas dire mauvais, mais Jésus lui-même nous dit : " Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ", donc si je me suis senti le besoin d’annoncer cet Evangile du Royaume avec autant de fermeté et de netteté, cela ne peut venir ni de moi, ni du diable.
Par conséquent il m’a appelé et envoyé en cette immense moisson, donc je ne puis croire malgré mes faiblesses, que le retrait soit déjà utile, son Esprit m’en rendrait témoignage.
Et de là, une paix réelle pénétra mon âme, pendant ces dix jours de captivité, et j’attendis de voir ce que le Seigneur pourrait me faire connaître.
Et mon âme se réjouit tout d’abord de ce que l’amour se trouvait parmi nous d’une façon plus grande que je ne le croyais, car tous travaillaient à voir le cas de leur frère résolu par la prière et ils travaillaient non seulement par la prière mais par des actes afin d’adoucir ma situation en prison et l’éloignement de Victoria.
Mon âme en est émue et rend grâce au Seigneur.
Ensuite le Seigneur me fit comprendre aussi qu’il était utile que nous nous avertissions mutuellement que bientôt il pourrait nous être donné de devoir confesser son nom autrement que dans nos assemblées intimes ou à quelque pauvre brebis égarée et souffrante, mais qu’il nous serait donné de le confesser par nos paroles et par notre attitude devant des grands de la terre.
Il a dit (Dieu) : " Si tu te souviens du jour de ma patience, je te garderai au jour de l’épreuve qui doit s’abattre sur tous les hommes de la terre. "
La promesse est pour tous ceux qui croient en lui ! .Alléluia de ce qu’il ait voulu nous le faire connaître.
Nous rendons grâce au Seigneur du geste qu’il vous a permis de faire en envoyant ce mandat.
De nous tous ici, pensées et baisers dans le Seigneur à vous tous assemblés là-bas.
Alexandre
P.S. : Je vous dirai aussi qu’ici il y a 15 jours que nous sommes obligés de dormir à la cave à cause des raids anglais.
Car avec les enfants, c’est difficile lorsqu’il faut descendre la nuit. Dieu veille sur ses enfants.
Coudekerque le 12/12/40
Biens aimés dans le Seigneur Christ Jésus,
Salut.
Paix profonde et puissante soit votre partage au milieu de ce tumulte par la bénédiction du Seigneur Jésus. Amen
Depuis quelques jours déjà mon cœur désirait vous faire parvenir ces quelques mots, car notre joie n’est-elle pas grande lorsqu’il nous advient de pouvoir un instant nous entretenir ?
Nos entretiens par missives sont encore les plus précieux, en effet ils sont écrits, et si la parole s’envole, l’écrit reste.
Regardons le Seigneur, les apôtres.
À chacun, leurs exposés se traduisent par : " Il est écrit. "
Quand Satan, pour la 3ème fois tente le Seigneur, celui-ci répond : " Arrière de moi Satan, car il est écrit : Tu n’adoreras qu’un seul Seigneur, ton Dieu. "
Et combien pour nos âmes il serait utile que toute chose soit regardée avec plus d’attention.
Et lorsque mutuellement nous nous transmettons nos impressions, nos définitions, nous devrions et les uns et les autres conserver ces missives précieusement, afin qu’en temps utile elles puissent nous servir.
Car les Evangiles furent conservés de façon à nous être apportés.
Ce sont des lettres que les apôtres échangeaient avec les différentes Eglises et qui furent traduites, afin que nos âmes puissent en temps utiles se fortifier dans le Seigneur.
Et combien de fois le Seigneur nous a-t-il permis de nous confier mutuellement des choses intéressant ce Royaume de Paix préparé pour les Elus ?
Nous n’avons peut-être pas compris sur le moment et les regardant à nouveau, nous en tirerons des choses excellentes pour les luttes présentes à soutenir.
Notre négligence est très grande et de la sorte beaucoup de luttes inutiles. Puisse le Seigneur nous accorder de voir dans notre activité future une vigilance plus grande, afin que notre joie grandisse dans sa paix.
Je me réjouis de vous faire connaître que nous avons aussi reçu une carte de notre frère René qui se trouve à Cluses dans la Haute-Savoie, qui nous dit avoir reçu des nouvelles de Roubaix et Meurchin.
Il faut aussi que je te dise, sœur, que nous étions très heureux de connaître par notre frère Georges que le Seigneur t’avait inspiré de venir nous rendre visite.
Mais hélas, cette joie fut brève.
Quelques jours après nous étions informés qu’il fallait à nouveau les laissez-passer.
Tout est du Seigneur, peut-être notre joie était-elle mauvaise et ne pouvait être satisfaite.
Grâces lui soit rendues. Nous vous prions bien-aimés, de recevoir dans le Seigneur nos pensées et baisers.
Alexandre, Victoria
PS. : Pour Victoria nous attendons toujours.
Je te demanderai, sœur, de te faire mon interprète près de notre frère François pour le cuir, car il me dit qu’il est cher.
Dis-lui qu’il me dise le prix exact de ce qu’il coûte afin que je puisse lui envoyer l’argent pour quelques kilos, ici nous ne pouvons en trouver même à 150 francs.
Je vais en parler aux frères ici.
Celui que nous a apporté Georges, de qui venait-il ? Est-ce de toi ou de Meurchin ? Je n’ai pas bien compris Augusta ou Augustine.
Il y en avait pour 52 francs et il y en avait une livre, mais si François pouvait trouver plus épais….
Le Seigneur d’abord, cela ensuite.
Coudekerque le 23/3/42
Sœurs bien-aimées,
Qu’une paix parfaite soit votre partage par une obéissance complète à tout ce que le Seigneur nous a prescrit. Amen.
Je me réjouis, sœur, de pouvoir prendre la plume pour t’écrire car je t’avouerai que mon âme fut émue lorsque je reçus ton mandat, geste qui ne peut t’avoir été inspiré que par le Seigneur, que tu as exécuté, et qui ne peut que te valoir sa bénédiction.
Mais ce qui me réjouit le plus, c’est de connaître que vos âmes cherchent vraiment à servir ce Seigneur qui pour nous se laissa immoler en Golgotha.
En effet, il est notre parfait modèle, le Chemin, la Vérité, la Vie, comme lui-même l’annonce.
Que vos regards ne se détournent jamais de ce parfait modèle et votre paix ne fera qu’aller en croissant.
Paroles du Seigneur : " Si vous demeurez dans ma parole, elle vous conduira dans toute la vérité et la vérité vous affranchira. "
Etes-vous vraiment affranchies, c'est-à-dire libres du péché ?
Si oui, votre joie est parfaite, si non regardez encore davantage à lui et regardez les mains que vers vous il tend sans se lasser, pour prendre tout ce que vous pourriez lui tendre qui vous tourmenterait et vous accablerait.
A ce sujet, je crois avoir remis à notre frère François une petite brochure intitulée : " Le miel découlant du rocher ".
Si vous ne la connaissez, demandez au frère François de vous la prêter dès que possible et parcourez-la attentivement.
Si vous l’avez déjà lue, relisez-la encore plus attentivement, cela est merveilleux.
Il se trouve une vraie richesse en ce livre, qui par l’Esprit du Seigneur nous donne d’y savourer la grâce d’une façon plus parfaite.
Mais ce que je vous conseille, c’est de savoir surtout être unies dans une sainte communion.
Que vous vous efforciez davantage de vivre dans une humilité toujours plus grande, regardant ceux qui autour de vous sont unis à Christ comme étant plus près que vous du Seigneur.
Si dans cette humilité là nous savions vivre, notre cœur serait pur et nous verrions Dieu.
Paroles du Seigneur dans les Béatitudes : " Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu. "
Hélas que de fois notre orgueil nous fait faire fi de l’un ou de l’autre.
Et ce sont des charbons ardents que nous nous amassons sur notre tête.
Veillez et priez afin que vous ne succombiez pas.
Entourez avec zèle et sainteté votre frère spirituel placé parmi vous comme étant là par la volonté du Seigneur.
Priez beaucoup pour lui afin que l’Esprit agissant en lui, il puisse par l’amour que le Seigneur professe pour vous, vous conduire vers de gras pâturages.
Priez aussi pour moi, priez pour tous ceux qui ont besoin de vos prières.
Mais que ce soit avec des mains pures, que vos requêtes s’élèvent, afin que la sainteté du Seigneur pénètre toujours davantage dans son Eglise.
Ici de la part de tous, je vous salue par un saint baiser.
Alexandre
PS. : Pour le morceau de tissu, je ne vois personne qui aille par là maintenant. Tu peux aussi l’envoyer par la poste, enfin, que le Seigneur t’inspire.
Coudekerque le 22/5/42
Bien chère sœur,
Par la grâce de Christ Jésus notre Seigneur
Que la sainte et parfaite paix du Seigneur soit avec vous tous.
Amen.
Mon âme désire que cette missive puisse vous toucher avant dimanche, afin que vos âmes puissent participer à la joie de mon âme de ce que le Seigneur nous a vraiment comblés par son amour en vous.
Nous avons reçu lettre, mandat et colis, ce qui nous a mis en abondance, que chacune de vos âmes qui a participé à cet envoi soit réjouie avec nous.
Je suis heureux de ce que notre frère Georges ait pu avoir un entretien avec ce frère M., car en effet cette âme doute fort, et cependant combien il est facile de croire lorsque vraiment nous voulons ouvrir nos cœurs à Dieu.
Car ne pas croire, c’est ne pas croire à notre existence personnelle puisque Dieu est le créateur de toutes choses, mais il est écrit : " Je fais grâce à qui je fais grâce et miséricorde à qui je fais miséricorde. "
Nous ne connaissons pas les desseins de Dieu.
Judas ne vécut-il pas avec le Seigneur pendant la durée de son ministère et ne le livra-t-il pas ?
Qui pourra jamais sonder les voies de Dieu ?
Et je crois, mais peut-être est-ce de moi, que cette âme sera difficile à convertir, c’est une âme de petit bourgeois. Il est vrai qu’il est des cas où il faut persévérer dans la prière et le jeûne.
Mon âme se réjouit avec vous autres de ce que le Seigneur bénit notre sœur Augusta en cette plaie qu’il avait jugée utile pour elle et ceux qui l’entourent.
En effet par le Seigneur seul nous avons la paix, promesse qu’il a faite :
" Je vous donne ma paix, non pas la paix que le monde donne, car en effet nous savons que si notre tente terrestre est détruite, nous en avons une dans les cieux qui n’est pas faite de main d’homme et qui ne peut être détruite. "
Pour nous, nos âmes possèdent une excellente paix malgré les bêtises que font les " Tommies " autour de nous.
D’ailleurs sur la photo où se trouvent Armand et Jacques, il y a un vestige du dernier jet de bombes qu’ils nous ont envoyées.
C’est la maison Cabaret, la persienne fut arrachée par le déplacement d’air de 6 torpilles qui tombèrent à 30 mètres de la maison et je crois que si les " Tommies " tentent quelque chose par ici, nous nous trouverons aux premières loges, car nos amis les allemands font des préparatifs qui leur ménagent une chaude réception.
Mais la paix du Seigneur surpasse toutes ces choses comme dit Paul aux Romains 8 : 38 / 39 - " Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie….. , rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. "
Recevez bien-aimés, pour vous tous qui êtes unis à Christ, notre salutation par un saint baiser.
Alexandre
PS. : Je vous joins les photos demandées qui furent faites il y a une dizaine de jours.
Coudekerque le 21/9/42
Bien-aimées
Dans le Christ Jésus notre Seigneur,
Paix vous soit.
Amen.
Huit jours déjà que nous sommes revenus de ce pèlerinage effectué parmi vous et je me sens le besoin de vous faire connaître toute la joie que nous avons emportée de cette rencontre.
Car je suis vraiment ému des progrès de l’amour de Dieu en vous, j’en rends grâce au Seigneur chaque fois que je pense à vous et ce dont je suis heureux, c’est de la docilité qui vous a pénétrés.
Puissiez-vous bientôt avec nos frères François et René former une Eglise puissante et nombreuse, mais surtout ce que je vous conseille, bien-aimés, c’est de ne plus perdre de temps.
Que chaque fois que le Seigneur le permet, vous sachiez mettre à profit le temps qu’il vous donne dans vos rencontres pour vous exhorter, vous édifier toujours davantage.
Réservez un temps chaque fois pour le Seigneur. Comme je vous l’ai dit.
L’amour de Dieu est parmi vous, est le plus beau don, cultivez-le pour qu’il devienne toujours plus beau, mais il faut pour cela une connaissance claire et précise de tout ce que nous demande le Seigneur.
Je sais, comme s’écriait le Psalmiste – Psaume 111 : " Toute ton œuvre n’est que splendeur et magnificence et ta justice dure à toujours. "
Et l’œuvre qu’il a commencée parmi vous, il l’achèvera, car je crois à la docilité parmi vous, car son œuvre ne peut s’achever qu’avec notre docilité.
Quel amour en effet il a pour nous, qu’il a surtout manifesté pour vous en moi ; car vraiment mon cœur vous aime.
Alléluia, et pour moi cela me donne des forces pour lutter dans ce cloaque terrible dans lequel je me trouve ici, car si mon cœur pleure pour l’état de ces âmes ici, mon cœur chante en pensant à vous et cela me fortifie.
Je me fais l’interprète de ces deux sœurs qui nous accompagnèrent, qui furent vraiment heureuses de vous avoir visités et qui reconnurent que votre docilité vis-à-vis du Seigneur vous avait plongés dans son amour et elles en parlent avec chaleur.
J’ose espérer qu’elles vous feront connaître leur impression personnellement.
Recevez bien-aimées, de moi et de ma maison notre expression d’amour fraternel ainsi que notre saint baiser…
Alexandre, Victoria
PS. : Je me permets bien-aimé de te rappeler pour le tissu de ce frère et de cette sœur que les bons sont périmés à la fin du mois et qu’ils auront du mal à être prolongés.
Pour cette sœur Roger, je n’ai encore pu lui faire ce mot que j’aurais désiré, que le Seigneur m’inspire.