Pour ceux qui sont au soir de la vie
N’avons-nous pas eu au milieu des luttes, grandes ou petites, d’une longue vie, un idéal que nous n’avons jamais pu réaliser et qu’il nous paraissait pourtant possible d’atteindre ?
N’avons-nous pas entendu le battement de ses ailes comme si elles étaient à notre portée ?
Et cependant, le labeur et le combat quotidiens nous ont fait perdre de vue ce beau rêve et nous vivons maintenant en un vague et stérile regret de l’avoir abandonné.
Néanmoins, la place que nous aurions pu occuper nous attend encore ; personne d’autre ne l’occupera, car nous avons été faits pour elle et elle pour nous.
Nous pouvons être encore ce que nous avons désiré être, puisque le bien, même en pensée et en désir, devient vite vie et fruit.
Une heure suffit pour que Dieu, à notre requête, enlève de notre route l’obstacle du passé et réalise les espérances d’autrefois.
A. P.
Nous disons adieu tous les jours à quelque chose qui ne reviendra plus.
Nous quittons avec un serrement de cœur, une portion de notre existence.
Quelque triste et solitaire qu’ait pu être notre vie, cependant quand l’heure sonne, quand l’abandon de tout ce que nous avons connu et aimé s’impose au seuil de l’obscur passage, quand il faut dire adieu au soleil, aux étoiles, à la lumière, frères !
Je vous le demande, sera-ce fini ? Et si ce n’est pas fini, qu’est-ce que ce sera ?
Sera-ce le fruit d’une vie de papillon passée dans le plaisir, le péché et l’égoïsme ?
Sera-ce même une vie simplement consacrée à la science et aux jouissances de l’esprit ?
Ou bien sera-ce : " Père, j’ai fini l’ouvrage que tu m’avais donné à faire ? "
J.W. Robertson
Soir de la vie chrétienne
- Je vieillis, Seigneur ; donne-moi de rester modeste et de ne pas croire que mon expérience me permet d’avoir un avis autorisé sur tout. Donne-moi ainsi d’être sage dans mes appréciations des situations et des personnes.
- Je vieillis, Seigneur. Que je ne devienne pas un personnage triste, austère, inquiet, toujours tourné vers le passé, mais un modèle de patience, de douceur et de compréhension !
- Je vieillis, Seigneur ; donne-moi de respecter toujours mieux tes commandements. Donne-moi le courage de les enseigner et surtout de les vivre dans un monde déboussolé, sans repères, ni espérance. Donne-moi spécialement de refléter l’exemple d’amour vrai et désintéressé que tu nous as laissé.
- Je vieillis, Seigneur ; que la lecture de la Bible devienne, non pas l’accomplissement d’un devoir sans joie, mais la source à laquelle je puise toujours plus volontiers pour m’y renouveler chaque jour.
- Je vieillis, Seigneur ; rends-moi plus sensible aux besoins de ceux qui m’entourent, ma famille, mes proches, tous ceux qui traversent la solitude ou la souffrance. Donne-moi de prier pour eux avec persévérance et foi.
- Je vieillis, Seigneur ; donne-moi d’attendre, non pas la mort pour être délivré de mes problèmes, mais ton retour qui est proche comme tu l’as promis.
Pour ceux qui sont au soir de la vie
Les vieillards doivent essayer de se ressouvenir.
C’est en cela qu’ils sont utiles aux jeunes.
Si un de ceux-ci a commis une faute grave et sent qu’il sera difficilement pardonné, que tout le monde est sévère à son endroit et que la critique n’aura aucun relâche, le vieillard auquel la vie a beaucoup enseigné, sera miséricordieux.
Ce n’est pas son rôle de jeter la pierre, de prononcer des jugements durs, mais il dira bientôt : " venez à l’écart avec moi, entrez et reposez-vous. "
Alors les souvenirs qu’ils auront à remémorer de circonstances semblables seront les meilleurs enseignements, la meilleure discipline, le meilleur sermon.
Pourvoir hisser pour un instant sur la hauteur, le jeune pèlerin qui peine encore à la montée, lui découvrir les horizons qu’on admire soi-même depuis longtemps, lui faire voir la petitesse des choses de la plaine, ces choses qu’il trouvait, il n’y a qu’un instant, si importantes et si précieuses, lui montrer enfin, la Main Invisible mais si tendre qui préside à ses destinées, tel est le privilège de ceux qui sont au soir de la vie.
En vue du fleuve
J’arrive à cette étape de mon pèlerinage où le dernier fleuve s’offre à ma vue.
Je sens qu’à tout instant, de jour ou de nuit, le messager du roi peut se présenter.
J’ai parfois dans mon sommeil, d’étranges intuitions d’une vie spirituelle intense, près de moi, avec le Christ et les multitudes de ses rachetés.
Et la joie que j’en éprouve n’est pas comme les autres joies.
Aucun langage de la terre ne saurait la traduire. Ce que je possède donc est pour moi une certitude absolue.
Je pressens cette atmosphère où l’enthousiasme de l’amour est la tranquille habitude de l’âme ; où, sans paroles et sans démonstrations extérieures indispensables, les cœurs communient, l’âme répond à l’âme.
Nous répondons à l’amour infini et dans sa réponse et la nôtre, il n’est pas besoin de mots d’aucune langue.
Harriett Beecher Stowe (l’auteur de la" Case de l’oncle Tom ")
Pour une retraite ensoleillée
Depuis quelques temps, mon âge y fait, je lis ce que l’on écrit sur les retraités.
On dit que la retraite c’est un temps merveilleux, sinon le plus beau temps de la vie, on n’a plus à travailler ; on touche sa pension et l’on peut se livrer à tous les plaisirs, et Dieu sait qu’ils sont nombreux dans nos pays privilégiés.
La réalité est tout autre.
Avec la vieillesse arrivent, les douleurs, on fait souvent partie des " tamalous " (t’as mal où ?)
Nos désirs, nos projets, nos vacances tout cela n’est réalisable qu’en fonction de notre bonne santé, et notre bonne condition physique.
Quelquefois le fauteuil que l’on offre aux retraités est bien utile, car c’est avec le lit un précieux reposoir.
Les maisons de retraite, où les personnes âgées chez elles, nous offrent un autre visage que celui des retraités heureux.
Si le monde est maussade, les personnes âgées le sont encore plus car la vie est difficile.
Je ne parle pas des visites qu’ils ne reçoivent guère, de leurs familles souvent éloignées, qui ont du mal à visiter leurs parents, si ils les visitent.
La retraite est difficile, surtout pour ceux qui sont seuls, divorcés, ou qui ont perdu leur conjoint.
Après ce tableau bien sombre, mais malheureusement réel, que faut-il faire ?
Pleurer, se lamenter ?
Il y a une solution, une seule malheureusement, c’est de croire que Dieu est un Père, et qu’Il veut prendre soin de nous, si nous acceptons son amour, sa grâce, son autorité.
Voulez-vous vous confier en Dieu et en son Fils Jésus-Christ ?
Il prendra soin de vous, et la vie avec Dieu, c’est la paix ici sur la terre et la vie dans le ciel.
René Lahaye
Lumière du crépuscule
Vers le soir, la lumière paraitra. Le crépuscule tombe.
L’ombre douce de la nuit s’étend.
La Nature s’enveloppe de voile. Mais dans le cœur il y a de la lumière.
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Ne crains pas, ô mon cœur, quand le soleil disparaît et que le froid pénètre la terre.
Ton pèlerinage est bientôt fini.
Et là-bas, sur la colline éternelle, brillent les lumières de la maison du Père.
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Peut-être même ne verras-tu pas la nuit profonde.
Ta foi sera changée en joie avant que tu aies souffert.
Car celui qui t’a conduit pendant la traversée du désert, vers le soir sera ta Lumière.
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La courte journée terrestre aura bientôt fui.
L’éclat de son ciel bleu se sera terni.
Mais à côté de toi marchera quelqu’un dont le visage est immortelle Lumière.
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Point de soir dans cette douce patrie.
Aucun coucher de soleil aux horizons empourprés.
Ce n’est qu’ici-bas que nous pouvons comprendre que " Vers le soir, il y aura de la lumière. "
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Cher pèlerin lassé, regarde en haut.
Laisses-en bas les ombres qui s’amassent. Regarde en haut.
Quelqu’un t’appelle et te sourit. Il te dit : " Monte vers la Lumière. "
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Voici le soir, profond et silencieux.
Ici-bas tu soupires ;
Peut-être tu souffres. Bientôt tu vas chanter.
A. V.
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La cause intérieure de la vraie joie, sans laquelle cette joie ne saurait être durable, c’est que Dieu demeure en l’homme.
Dieu cherche, et même, soit dit à notre confusion, Il demande à pouvoir être près de nous, sans préjudice à sa sainteté.
Cette véritable joie ne se maintient que là où l’opposition aux choses divines a complètement cessé, elle est la grande consolation de notre vie sur la terre.
Il faut que l’âme fasse l’expérience de cette paix avec Dieu, qui petit à petit peut devenir une sorte d’intimité constante et sincère.
Sans cela cette âme ignore ce qu’est le bonheur intime, le bonheur extérieur n’en est que la conséquence naturelle.
Dieu est prêt à ne faire à l’homme que du bien, dès qu’Il le jugera possible.
Hilty
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La raison ne sais comment il faut satisfaire le cœur et le consoler dans ses détresses et quand tous les biens de la terre lui manquent.
Mais quand Christ paraît, Il laisse subsister les contrariétés extérieures mais Il fortifie l’homme.
Luther
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Avez-vous peur de vieillir ?
La question vous parait peut-être indiscrète.
Vous conviendrez du moins qu’elle est d’actualité.
Le passage d’une année à une autre éveille chez ceux qui réfléchissent, des pensées graves et sérieuses.
Ils redisent avec une certaine mélancolie le vieux refrain :
Comme volent les années,
Nous voici bientôt des vieux !
Que devant les beaux jours envolés, on éprouve des regrets, qu’en avançant en âge, on aime à évoquer de vieux et chers souvenirs, voilà qui est bien naturel et tout à fait légitime.
Mais à ces regrets pour le passé s’ajoutent pour un grand nombre des craintes pour l’avenir.
Le temps s’enfuit avec rapidité.
Déjà survient la vieillesse avec son cortège de privations, d’infirmités, de déchéances.
Et derrière elle, s’annonce la mort avec son mystère.
Devant ces perspectives que l’on n’ose pas envisager en face, dont on s’efforce de bannir la pensée, on s’afflige, on s’effraie, on tremble….
Cette peur est indigne du croyant.
Le chrétien ne sait-il pas que toujours la Providence veille.
N’a-t-il pas remis ses destinées entre les mains d’un Dieu tout puissant et tout bon ?
Le Maitre n’a-t-il pas dit : " Ne vous inquiétez pas du lendemain, A chaque jour suffit sa
peine ? "
Le chrétien fonde sa confiance non seulement sur l’espérance que dans l’avenir, aux jours de la vieillesse et dans la sombre vallée, le Dieu fidèle sera avec lui, mais encore sur une expérience actuelle, présente, quotidienne ; celle d’un renouvellement spirituel, moral, qui s’accomplit tous les jours et qui constitue un quotidien rajeunissement.
Qu’importe en effet, que les cheveux blanchissent, que des rides se creusent sur le visage, que le corps se courbe vers la terre, que la démarche s’alourdisse et se ralentisse, pourvu que le cœur reste jeune ?
Ce miracle, la piété et la foi l’accomplissent tous les jours.
Quiconque croit en Dieu et vit dans sa communion puise aux sources de la vie éternelle une vigueur nouvelle. Telle est l’expérience de tous ceux qui croient.
Les adolescents se fatiguent et se lassent et les jeunes hommes chancellent, mais ceux qui se confient en l’Eternelle renouvellent leurs forces.
Il ne vieillit donc pas celui qui accomplit humblement et fidèlement la tâche de chaque jour sous le regard de Dieu.
Si monotone et pénible que puisse être son labeur, il y met la même ardeur et le même enthousiasme qu’aux premiers jours, car Dieu renouvelle sa vocation et le soutient.
Dans les échecs, il ne perd jamais courage, car il sait que le dernier mot appartiendra à Dieu.
Ce qui vieillit, ce sont les déceptions et les défaites, quand elles laissent après elles, aigreurs, amertumes et rancunes.
Elles n’ont pas de prise sur le croyant. Le contentement d’esprit est un des fruits de sa foi.
Dieu qui renouvelle les forces de celui qui est fatigué, élargit en même temps son cœur.
Sur le chemin de la vie, quiconque marche non par la vue, mais par la foi, voit grandir son horizon et apprend à aimer et à servir.
Les bontés de l’Eternel ne s’épuisent jamais pour lui. Il s’applique à en faire bénéficier ceux qui l’entourent, à se donner à eux et à vivre pour eux.
La solitude, l’isolement dont souffrent des gens âgés, sont parfois la rançon d’une vie égoïste et sans avenir.
En ouvrant son cœur aux inspirations de la divine charité, l’homme trouve toujours autour de lui de plus malheureux que lui, pour lesquels il peut se dévouer ou tout au moins prier.
La pratique de la charité et de la prière est une source jaillissante de forces et de joies et, par conséquence, la garantie d’une jeunesse qui se renouvelle et peut durer toute la vie.
Pas plus que les autres hommes, le chrétien ne peut échapper aux maladies, aux infirmités, aux déchéances physiques et parfois intellectuelles, conséquences de l’usure de l’organisme corporel, mais le Dieu qu’il sert et qu’il invoque, le soutient et l’enrichit spirituellement.
Saint Paul a admirablement traduit cette expérience de la foi : " Si l’être extérieur se détruit, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour. "
Telle est l’expérience que doit faire tout croyant.
Dès lors il ne s’alarme plus de la fuite du temps. Il ne tremble plus devant le mystère de son avenir.
Il n’a peur ni de vieillir, ni de mourir, car les bontés de l’Eternel ne s’épuisent jamais, elle se renouvelle chaque matin.
R. B.
Vendre son âme ou donner sa vie ?
En regardant la télévision, j’ai entendu un ancien ministre faire cette déclaration : " Il ne faut pas vendre son âme pour deux airbus (ou une vingtaine d’airbus).
La Bible parle très souvent de l’âme.
Jésus-Christ dit : " Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme, ou que donnerait un homme en échange de son âme ? "
Il n’y a que deux voies.
Vendre son âme au diable ou donner son âme, sa vie à Dieu.
Dans notre texte, Jésus dit que notre âme est immortelle, mais qu’elle est précieuse.
Rien ne peut l’acheter, pourtant on peut la vendre.
Dans la réalité, beaucoup de gens vendent leur âme, c'est-à-dire ils négligent leur âme pour des biens, pour de l’or, pour leurs plaisirs, leurs passions, leurs envies et comme nous le disons maintenant pour leurs phantasmes.
On s’occupe de beaucoup de choses, mais nous ne nous préoccupant pas de l’avenir de notre âme.
Notre âme, un jour, sera devant Dieu après notre mort qu’en sera-t-il ?
Faisons la paix avec Dieu en Lui présentant nos péchés et nos fautes.
Le sang de Jésus nous purifie de tous péchés.
Rene lahaye
La prière dans la souffrance
" Etant en agonie, Il priait. " nous est-il dit de Jésus en Gethsémané.
Et cette petite phrase traverse les siècles.
Comme une lumière, elle brille dans l’ombre parmi les oliviers du jardin.
Elle nous montre ce que nous pouvons, ce que nous devons faire lorsque la tentation nous assaille, que le doute ou le désespoir viennent nous accabler.
Nul ne connaît et ne connaîtra jamais souffrances pareilles à celles qu’endura cette nuit-là le Sauveur des hommes, mais Il trouva près de Dieu le secours qu’on ne cherche jamais en vain.
En le suivant le long de cette heure douloureuse, nous voyons que l’agonie se transforma pendant qu’Il priait, jusqu’à ce qu’enfin l’angoisse et l’amertume furent passées, et qu’une douce paix bénie prennent leur place.
La prière est toujours un sûr refuge, le seul où nous puissions nous abriter pendant la tempête.
Apprenons aussi par le Gethsémané de notre Seigneur comment prier en nos Gethsémané.
Dieu ne nous blâmera pas de lui demander d’éloigner notre coupe ; l’intensité de nos supplications ne saurait l’offenser ; mais nous devons accepter ses décrets avec soumission, avec confiance,
C’est quand nous aurons dit, au milieu de l’ardeur de notre invocation : " Père, non pas ma volonté, mais la tienne, " que nous recevrons à notre tour les bénédictions de la paix.
Révérend Miller (traduit par Yvonne Pitrois)
La réunion dans la maison du Père
Le ciel est la maison du Père.
Et peut-on imaginer un seul instant la maison paternelle dans laquelle les membres de la famille ne se reconnaitraient pas les uns les autres ?
Le plus doux, le meilleur, le plus heureux des foyers de ce monde n’est qu’une bien pâle image de l’amour et du bonheur du foyer céleste.
Il est comme un home de la terre, à cela près qu’il jouit de la présence visible de notre Ami invisible aujourd’hui, et que toutes les imperfections, les ombres, les luttes, les séparations en sont bannies.
Si déjà, dans nos fragiles demeures, nous trouvons des joies si grandes dans les liens de famille et d’affection qui unissent le cœur au cœur et rattachent la vie à la vie, combien plus connaitrons-nous ces bénédictions dans la demeure parfaire que nous prépare notre Père des cieux !
Nos bien-aimés ici-bas seront encore nos bien-aimés là-haut. Notre tendresse sera infiniment purifiée et exaltée, mais elle survivra à la mort jusque dans l’éternité !
Révérend Miller (traduit par Yvonne Pitrois)
Pour ceux qui pleurent
Quand la douleur vient, Dieu vient avec elle.
Sans lui, elle eût été l’ennemie ; avec lui, c’est l’amie dont nous reconnaitrons plus tard la fidélité.
Car ce n’est que petit à petit qu’on arrive à comprendre sa souffrance et à y mettre le prix.
Pour quelques-uns, c’est une longue route à parcourir, une route sur le bord de laquelle l’affligé est parfois tenté de s’asseoir pour s’abandonner au désespoir ; pour d’autres, elle est plus rapidement franchie.
Mais tous garderont une impression respectueuse de ce passage par la douleur.
Les forces reçues jour après jour, les repentirs que l’épreuve fait naître, le sentiment de la présence divine, ces lumières jetées sur le but de la vie et l’importance que l’Eternel attache à l’âme humaine, ne sont-elles pas des bienfaits ?
La reconnaissance surgira de nos larmes et de nos sacrifices.
E. Humbert
Pour ceux qui pleurent
Nous bénirons l’Eternel dès maintenant et à jamais.
La foi, l’espérance et l’amour sont ces grâces vivantes qui demeurent dans tout croyant.
L’expression du Psalmiste rend très bien cette idée : Dès maintenant.
C’est la confiance triomphante qui voit dans chaque épreuve même un sujet de bénir Dieu maintenant et pour toujours.
Et pourtant, quand tout est sombre, quand tout est douleur et larmes, quel effort il faut faire pour lever les yeux et voir l’arc-en-ciel !
Mais cet arc-en-ciel brille d’autant plus étincelant que les nuages qui l’entourent sont plus noirs.
La Parole de Dieu en donne de nombreux exemples.
Ainsi à Tsiklag, dans une heure d’angoisse intense, David " s’encourage en Dieu " (1 Samuel, chapitre 30).
C’est Dieu qui donne la victoire sur l’épreuve et qui rend le plus faible de ses enfants " plus que vainqueur. "
Puisse la joie de ces mots " dès maintenant " et la force de ceux-ci : " et à toujours ", nous soutenir dans notre voyage ici-bas !
Que Dieu nous fasse la grâce de pouvoir chanter le " chant du conquérant " même sur la terre, toujours, partout et en toute circonstance.
Avant qu’il soit longtemps, nous le chanterons devant le trône de Dieu, après qu’il aura essuyé " toute larme de nos yeux. "
H. D.
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Lorsqu’au jour de la souffrance, on s’arrête brisé et comme abandonné dans une solitude affreuse, alors on prête l’oreille dans le grand silence et quand s’approche Celui qui appelle les travaillés et les chargés, ceux qui ont soif, ceux qui pleurent, ceux qui se sentent mourir, on ne se détourne plus, car Jésus-Christ n’est plus le gêneur, il est celui qui demeure, celui hors de qui il ne reste plus rien, il est l’Ami.
J. Breitenstein
Pommes de Sodome
L’homme se figure volontiers que s’il pouvait toujours accomplir sa volonté, ce serait le paradis sur terre.
Cher lecteur, ne l’as-tu jamais dit ?
Quel est l’homme qui n’a pas pensé une fois dans sa vie : Ah ! Si les choses pouvaient aller comme ceci, ou comme cela, comme tout marcherait bien !
Par exemple, si je parviens à exécuter le plan que j’ai formé, si je puis obtenir cette place, cet honneur, réussir dans cette spéculation ou prendre part à cette partie de plaisir, me procurer cette robe bleue de ciel, gagner l’affection de cette personne, si ce que je désire devenait une réalité, que je serais heureux et content.
Je le répète, tant que de semblables idées fomentent dans une tête et un cœur, il est évident que cette tête et ce cœur sont fermement convaincus que faire sa propre volonté est le vrai paradis !
Le malheureux, préoccupé de la manière dont il pourrait d’abord trouver, puis ensuite ouvrir la porte qui mène à son paradis, jusqu’à manquer de sommeil et même d’appétit pour ses mets favoris, y perd son temps et ses peines.
Tant que l’homme n’a pas réussi à accomplir sa pleine volonté, mais qu’il en fait l’objet de son ambition, il se figure que là est le vrai bonheur !
Mais si Dieu, s’enflammant de colère, permet que la volonté de l’homme s’accomplisse (Nombres, chapitre 22, versets 20 à 22), le pauvret reconnaît tout à coup, ou petit à petit, à son grand effroi, qu’il s’est trompé.
Il découvre, en soupirant et en gémissant, que faire sa volonté n’est pas son paradis, mais on enfer.
Il avait cru cueillir des fruits savoureux et parfumés, tandis qu’il ne tient dans sa main que des pommes de Sodome.
On donne ce nom à un fruit extraordinaire qui croît sur le sol maudit de Dieu, au bord de la Mer Morte où se trouvait autrefois Sodome.
Son apparence extérieure est charmante ; il est rose et appétissant.
Le voyageur fatigué et altéré s’en approche tout joyeux, le saisit et le porte à sa bouche. Mais à peine y-a-t-il mit la dent que la pomme éclate, et il n’a dans la bouche qu’une cendre noire, âcre et nauséabonde.
Ce n’était qu’un brillant extérieur ! A l’intérieur, de la poussière et surtout le vide !
Image frappante de ce qui attend l’homme, lorsqu’il s’imagine que le bonheur de sa vie dépend de l’accomplissement de sa volonté et de ses pauvres désirs.
Tant qu’il ne peut pas réaliser ses vœux, il y voit l’extérieur charmant de ce fruit qu’il convoite.
Les réalise-t-il ? Il ne trouve plus que des cendres et le voilà tout triste, la mine allongée. Trompé ! Trompé !
FUNCKE