Livrets 121-140
Levez vos têtes
Luc 21 : 28.
Faut-il s’occuper de politique ?
Non, si vous entendez par là les luttes si souvent égoïstes et même malhonnêtes pour le triomphe de tel ou tel parti.
Le Seigneur nous a dit : " Mon royaume n’est pas de ce monde. " Nous pouvons " laisser les morts ensevelir les morts ", parce que nous avons un travail plus important : annoncer le royaume de Dieu.
Il est vrai que notre devoir est d’être soumis aux autorités et même de prier pour elles, mais notre premier soin est le salut des âmes.
Devons-nous donc être indifférents aux événements qui se déroulent autour de nous ?
Non, le monde est un cadran et les faits qui se produisent dans son histoire sont les aiguilles qui marquent l’heure.
Elles se sont mises à tourner avec une vitesse extraordinaire depuis quelques années.
Pendant des siècles elles paraissaient presque immobiles, les étudiants des prophéties annonçaient que l’Evangile de la grâce serait un jour proclamé dans tous les pays, qu’un jour Israël reviendrait dans son foyer national, ils disaient aussi que l’empire romain retrouverait sa vigueur comme une bête blessée à mort, qui se guérit.
Ils ajoutaient encore que la fausse Eglise, qui a renié l’Evangile de la grâce et de la foi, qui n’a gardé de Jésus-Christ que sa foi en trahissant son esprit remonterait sur la bête qui l’a portée jadis au triomphe terrestre.
Les paroles de ces visionnaires semblaient absurdes.
En effet, pendant des siècles la plus grande partie du monde restait fermée au christianisme, les Juifs étaient méprisés et persécutés, les Arabes étaient installés en Palestine, semblait-il, pour toujours, l’empire romain était divisé et ne comptait plus, et la puissance papale déclinait de plus en plus.
Les cent dernières années ont vu un revirement extraordinaire.
Successivement toutes les portes ont été ouvertes à l’Evangile par Celui " qui ouvre et personne ne peut fermer ".
La Palestine a été donnée au peuple d’Israël.
La reconstruction de l’Empire romain est devenue le programme national d’un grand peuple.
Mais ce qui est le plus saisissant est de voir le réveil de la puissance papale, grâce aux derniers accords entre l’Italie et le Vatican, puissance qui semblait pour jamais anéantie.
Prêtez attention à l’accomplissement des prophéties : " Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche " (Luc 21 : 28).
" Vous faites bien de prêter attention à la parole prophétique comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur jusqu’à ce que le jour vienne à paraître " (2 Pierre 1 : 19).
C’est le moment de citer cette parole d’Esaïe (21 : 12) : " Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? " La sentinelle répond : " Le matin vient et la nuit aussi. "
La liberté des hommes est bien relative.
Le diable mène le monde à son gré.
" Vous marchiez autrefois, écrit Paul aux Ephésiens, selon le train de ce monde, selon le Prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion ". Mais le diable lui-même ne peut former de plans qui ne soient d’avance connus de Dieu.
C’est l’Eternel qui règne, c’est Sa volonté à Lui qui domine dans les cieux, sur la terre et sous la terre, c’est pourquoi nous pouvons lever la tête.
Frères et sœurs, le temps est court désormais.
Le Juge est à la porte. " Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos cœurs ne s’appesantissent pas les excès du manger et du boire et par les soucis de la vie et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste " (Luc : 21 : 34).
Pendant qu’il en est temps, amassez-vous des trésors pour la vie éternelle.
Que faites-vous pour les âmes qui périssent ?
Sont-elles votre premier souci ?
C’est parce que Jésus-Christ a songé avant tout aux perdus et non à Sa gloire que vous avez été sauvés.
Il vous envoie aujourd’hui vers ceux qui périssent.
Celui qui vous dit : " Levez la tête, car votre délivrance approche", vous dit aussi : " Voici, je vous ai établis afin que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure " (Jean 15 : 16).
Une force qui est une faiblesse
" Toutes ces choses finiront quand la force du peuple saint sera entièrement brisée " (Daniel 12 : 7).
Avez-vous travaillé pour Dieu sans résultat apparent ?
Avez-vous rendu votre témoignage sans voir de conversions ?
Avez-vous mis Dieu à l’épreuve sans avoir de réponse ?
Avez-vous souffert la persécution sans que Dieu soit intervenu ?
Etes-vous tenté de trouver Dieu dur et de douter de Lui ?
La raison de vos doutes, de vos échecs, de vos découragements se trouve en vous.
Le regard de votre Dieu vous suit avec compassion, avec douleur même, mais il ne peut intervenir ; le souci de votre bien, de votre avenir l’en empêche.
" Toutes ces choses finiront quand la force du peuple saint sera entièrement brisée. "
Votre force est trop grande, cette force dont vous êtes fier intérieurement, que vous chérissez et que vous cultivez.
Le Seigneur vous dit : pour que je puisse te bénir, il faut que ta force soit brisée.
C’est la leçon douloureuse enseignée par toute l’histoire du peuple de Dieu.
Voyez-vous cet homme qui, dans les ténèbres de la nuit, lutte au bord d’un torrent : c’est Jacob.
Dieu veut le bénir.
Le moment en est venu.
L’heure choisie pour cela est celle du danger ; Dieu veut en faire l’heure de la délivrance, le début d’une nouvelle vie.
Jacob a trop de force, il va manquer la grande bénédiction.
C’est alors que l’ange lui déboîte la hanche, et cet homme, rendu infirme pour la vie, devient le vainqueur de Dieu.
Nous pourrions multiplier les exemples, citer Moïse, Esaïe et d’autres prophètes, nous pourrions rappeler le cas de Pierre et celui de Paul.
Dans chacune de ces vies s’est réalisée la même vérité, les desseins de Dieu peuvent s’accomplir lorsque la force des saints est brisée.
C’est le travail que le Seigneur poursuit en vous.
Ne vous en plaignez pas.
Tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse et non de joie, mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés, un fruit paisible de justice.
Pourquoi cette loi du brisement de votre force ?
Dieu est-il donc dur, se plaît-il à nous voir terrassé et écrasé ?
Non, mais c’est que nous avons une leçon à apprendre qui vaut plus que toutes les souffrances, et dont le prix dépasse toute compréhension, la leçon de la foi en Dieu.
Loin de manquer de tendresse, le Seigneur, au contraire, veut vous enrichir de tous les trésors du ciel, de toutes les richesses qui sont en Lui.
Il veut nous faire part, à nous créatures ruinées par le péché, de sa propre nature et nous faire entrer dans son intimité la plus secrète.
Cette transformation ne peut s’accomplir qu’au prix de notre mort.
En brisant votre force, le Seigneur prépare votre triomphe.
Soumettez-vous, entrez dans la pensée de votre Père céleste, vous qui êtes sous la croix.
Bientôt la nuit fera place à l’aurore et la tristesse à la joie.
La fin viendra lorsque votre force aura été brisée, et cette fin sera un commencement, le commencement de la puissance de Dieu, de la vie véritable agissant en vous.
Une fois déjà, cette vérité a eu son plein accomplissement.
Ce fut lorsque le Fils de Dieu monta sur la croix pour nous.
Il a été brisé pour nos iniquités, brisé entièrement, jusqu’à être sans force.
" Il s’est dépouillé lui-même en prenant une forme de serviteur…, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.
" C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux et sur la terre et sous la terre. "
Le Seigneur vous offre le privilège de partager sa croix afin de partager son trône.
Ne vous laissez pas tromper par le monde et son dieu, mais laissez-vous briser par votre Dieu, afin d’avoir part à sa gloire.
Christ en vous
" Christ en vous, l’espérance de la gloire " (Colossiens 1 : 27).
L’expérience exprimée dans ces trois mots a été le secret de la force de bien des grands serviteurs de Dieu.
Hudson Taylor raconte comment elle transforma sa vie.
Il se trouvait en Chine.
Le Seigneur avait honoré sa foi en le plaçant à la tête d’une mission dont l’envergure et l’importance s’étendaient rapidement.
Le poids des responsabilités devenait accablant pour lui.
Il passait par des alternatives de soucis et de confiance, par des hauts et des bas spirituels qui l’éprouvaient et le décourageaient.
Il reçut à ce moment-là une lettre d’un de ses missionnaires qui venait lui-même de sortir victorieusement de tourments semblables, une lettre qui ouvrit ses yeux.
Voici ce qu’il en écrivit à sa sœur : " Nous avons eu hier un très heureux jour. J’ai été inondé de joie….
" M. Mac Carthey m’avait écrit : " Comment fortifier, augmenter notre foi ?
" Seulement en pensant à tout ce que Jésus est pour nous. Sa vie, Sa mort, Son œuvre, Lui, Lui-même tel qu’Il nous est révélé dans sa Parole doit être le sujet de nos pensées constantes.
" Il ne s’agit pas d’essayer d’avoir la foi, ni d’augmenter notre foi, mais de regarder à Celui qui est fidèle, voilà tout ce qui semble nécessaire.
" Ce que j’ai compris par cette lettre, c’est qu’il ne s’agit pas pour moi d’essayer de tirer plus de sève du cep, mais de me souvenir que Jésus est à la fois, cep, racines, tige, sarment, feuilles, fleurs, fruits, et bien plus encore…
" Il est le sol, le soleil, l’air, la pluie…, désirer, demander, penser, tout est en Lui.
" Ne désirons donc pas tirer quelque chose de Lui, mais réjouissons-nous d’être en Lui, et de posséder en conséquence toute sa plénitude.
" Ne cherchons pas à avoir plus de foi afin d’obtenir la sainteté, mais réjouissons-nous de posséder une parfaite sainteté en Lui, réalisons qu’étant unis à Lui, cette sainteté est à nous, et en acceptant ce fait, nous le voyons s’accomplir. "
Telle fut avant lui, l’expérience d’autres hommes de Dieu et en particulier de l’apôtre Paul.
" J’ai été crucifié avec Christ, et si je vis ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi, et si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi (Galates 2 : 20).
" Christ sera glorifié dans mon corps…, soit par ma vie, soit par ma mort, car Christ est ma vie et la mort m’est un gain. "
C’est cette expérience que le Saint-Esprit veut vous faire faire.
" Demeurez en moi, et je demeurerai en vous ", disait Jésus aux siens (Jean 15 : 4).
" Celui qui a le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie ", écrira Jean dans sa première lettre.
Le jour de la chute, Satan a fait sa demeure dans le cœur de nos premiers parents.
Depuis lors, chacun de leurs descendants naît avec une faiblesse héréditaire, un penchant au mal.
Satan le sait, il sait trouver l’entrée de votre cœur et en prendre possession.
" Nous tous…, nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées et nous étions par nature des enfants de colère comme les autres " (Ephésiens 2 : 3).
Le jour où vous vous êtes réfugié au pied de la croix, le Sauveur a pardonné vos péchés.
Il a fait son entrée dans votre cœur. Il en a chassé le prince des ténèbres, il a pris possession de la maison, et il a apporté avec lui la paix et la joie.
Vous souvenez-vous de votre bonheur lorsque vous avez compris que vous apparteniez au Sauveur ?
Vous lui avez dit : " prends tout, je veux être tout à toi, à toi pour jamais. "
Toute la maison lui était livrée.
Mais le monde a frappé à la porte ; il est vrai que vous l’avez laissé attendre un peu, mais vous lui avez ouvert finalement, et il est entré.
Les soucis sont venus et vous les avez accueillis.
La fausse science a frappé à son tour, l’impureté a demandé à occuper votre imagination, et vous avez cédé.
Pièce après pièce de la maison a été livrée à des intrus.
Le Saint-Esprit a dû se retirer ; il l’a fait avec une grande tristesse.
Vous avez affligé votre meilleur ami, en même temps que votre Sauveur.
Quel a été le résultat ?
La chute, l’esclavage, la faiblesse, le découragement. Et maintenant, que faire ?
Vous le criez avec douleur, avec angoisse.
Surtout, n’essayez pas de chasser vous-même le monde, les soucis, la fausse science, l’impureté, la rancune de cœur, l’esprit de jugement ou de colère.
Vous n’y arriveriez pas.
Ils se moqueraient de vous comme les mauvais esprits se sont moqués des sept fils de Sceva (Actes 19 : 15), et vous subiriez la même défaite.
Le Sauveur seul peut le faire.
Tous les mauvais esprits, tous les démons tremblent devant Lui.
Faites ce que vous avez fait tout au début : rentrez en vous-même, mettez-vous en face des réalités, repentez-vous, humiliez-vous, allez à la Croix, confessez votre folie à votre Sauveur, racontez-lui que votre maison est occupée par des intrus que vous ne pouvez congédier, qui sont devenus vos maîtres, et dont vous êtes l’esclave.
Dites-lui de les expulser.
Il le fera. Il reviendra.
Dès qu’il se présentera, Satan et tous ses acolytes se sauveront pour ne pas le rencontrer.
En un instant, il confondra vos ennemis.
Ne voulez-vous pas de ce bonheur ?
Ne vous fait-il pas envie ?
Une nouvelle vie de joie et de victoire vous est offerte, la vie d’en haut.
Ecoutez bien : " Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui " (Jean 14 : 23).
Voulez-vous que votre cœur soit occupé par de tels hôtes ?
Voulez-vous êtes le temple du Saint-Esprit ?
Le voulez-vous vraiment ?
Etes-vous prêt à être mis à l’épreuve sur ce point ?
Si oui : adressez-vous hardiment à Dieu. Il vous répondra, Il vous affranchira.
" Quiconque demande, reçoit, celui qui cherche, trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe " (Matthieu 7 : 8).
Vous connaîtrez alors la joie d’une vie de victoire et d’allégresse, parce que le Sauveur apporte avec Lui le salut et la délivrance.
Vous souvenez-vous d’Abiathar qui alla se réfugier auprès de David ?
" Près de moi, lui dit ce dernier, tu seras bien gardé ! "
Votre David à vous, c’est Jésus-Christ.
Il a vaincu Satan lorsqu’il s’est offert en victime expiatoire sur la Croix.
Ayez confiance en Lui, livrez-lui tout votre être, près de Lui vous serez bien gardé.
Le droit de pardonner
" Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul" (Marc 2 : 7).
Etes-vous sûr de votre Salut ?
Etes-vous sûr d’avoir été pardonnés ?
Il y avait un temps, que je ne puis oublier, où il me paraissait impossible de pouvoir jamais obtenir le pardon de mes chutes.
Je voyais l’enfer ouvert sous mes pas, et il me paraissait inévitable.
Je me souviens d’un jeune homme que nous aimions beaucoup.
Il avait fait profession de conversion, il s’était fait baptiser, et faisait partie de l’Eglise.
Un jour, sa concierge monta dans sa chambre solitaire, au 6ème étage d’un immeuble parisien.
Elle ne l’avait pas vu passer depuis quelques jours et s’inquiétait.
A son horreur, elle le trouva pendu.
Toute porte à croire qu’il s’était laissé entrainer au péché, et qu’il ne pouvait pas croire que sa chute pût être pardonnée.
Nul ne sait, comme le grand destructeur, prêcher à la conscience réveillée les foudres du Sinaï, et l’implacable justice de Dieu.
" Le péché ne peut être pardonné, vous crie-t-il. "
Ce qui a été fait ne peut être défait.
Aucune puissance au monde ne peut détruire le fait accompli.
Ce qui vous attend, c’est l’enfer, et autant vaut vous y précipiter de suite, que de souffrir les tourments de l’attente du feu qui ne s’éteint point.
Tel est trop souvent le langage du grand meurtrier.
" Encore, vous dit-il, s’il s’agissait de péchés ordinaires : manques de patience, de support, etc.…, mais ton péché à toi est sans excuse. "
La raison même peut-être, se fait l’alliée de Satan et vous condamne.
Elle vous dit que celui qui a cassé les vitres doit les payer, que justice doit se faire, qu’il faut rembourser une dette qui est éternelle.
Pourtant, l’humanité n’a jamais pu prendre entièrement son parti de cette doctrine de désespoir.
Les peuples ont toujours fait une place au droit de grâce.
Il a été la prérogative des princes de la terre.
La République l’a conféré à ses présidents.
Lorsque, sous la Rome antique, la vestale sacrée rencontrait un condamné que l’on menait au supplice, son veto annulait la sentence capitale.
Ce que la conscience humaine a entrevu vaguement, est une réalité.
Dieu peut pardonner, il peut annuler en vérité l’effet éternel des péchés.
Il peut, joie ineffable, éloigner de nous nos péchés autant que l’Orient est éloigné de l’Occident, il peut les chasser comme une nuée emportée par le vent et absorbée par le soleil.
Les Pharisiens avaient raison : " Dieu seul peut pardonner les péchés. "
Pour faire cette chose énorme, qui confond notre esprit : annuler le péché comme s’il n’eut jamais été accompli, il faut une puissance qui nous dépasse, il faut l’Eternel qui seul connaît les droits de la justice infinie, et qui seul possède la clef des problèmes insolubles pour nous.
Voulez-vous ce pardon ?
Il le donne à tous ceux qui se repentent sincèrement et se confient en Lui.
Etes-vous rentré en vous-même ?
Voulez-vous vraiment être délivré non seulement du châtiment à venir, mais de la puissance du péché ?
Vous êtes-vous abandonné à la miséricorde divine ?
Alors il vous pardonne.
Votre cas est réglé, parce que Dieu peut pardonner.
Jésus a pu dire au brigand même : " Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. "
Il peut pardonner non point à cause de sa toute-puissance, et parce que nul ne peut résister à sa volonté, non, il pardonne parce qu’il s’est rendu parfaitement solidaire du pécheur qui se jette dans ses bras.
Il l’a fait par un acte ineffable d’une portée infinie et éternelle.
Regardez à la Croix.
Elle est le lieu du sacrifice, c’est là qu’est offert l’agneau qui porte les péchés du monde.
Nous ne pouvons comprendre toute l’œuvre mystérieuse accomplie sur Golgotha, un jour nous en verrons mieux toute la richesse sans limite, mais ce que vous voyons dès maintenant, c’est que Dieu lui-même se substitue au coupable afin de pouvoir faire grâce à tous les malheureux de la terre qui viendront à Lui.
Ne vous laissez pas troubler par les sophismes nés de l’enfer, et confiez-vous à la grâce de Dieu.
Vous verrez alors s’accomplir en vous un autre miracle tout aussi étonnant.
Dieu prendra votre cœur de pierre et mettra à sa place un cœur de chair, il viendra lui-même y faire sa demeure, il fera de vous, jadis pauvre esclave, un roi, et vous serez son envoyé pour chercher les égarés, en attendant le rassemblement de la grande famille, lorsque le Rédempteur viendra chercher son Eglise.
Suis-je le gardien de mon frère ?
Dans le dernier " Bon Combat ", nous avons donné, dans notre méditation, la part de Dieu dans l’évangélisation du monde.
Cette fois, nous insisterons sur celle de l’homme.
Caïn a tué Abel.
Jaloux de la faveur que Dieu montrait à son frère, le malheureux Caïn, au lieu de se repentir, devient le premier assassin.
Quand Dieu lui demande des nouvelles d’Abel, il ne peut trouver que cette horrible réponse :
" Suis-je le gardien de mon frère ? "
Tel est le langage de l’enfer.
Chacun pour soi, et Dieu pour personne.
Aucune solidarité en enfer, sauf celle que la haine engendre dans un but commun de destruction ou d’intérêt.
Dieu s’est plu à soulever le voile qui cache les réalités infernales et c’est le mauvais riche qui souffre seul dans le lieu de tourment, ceux qui gémissent et grincent des dents ne trouvent pour adoucir leurs affreuses souffrances, aucune âme compatissante.
Chacun dit comme Caïn : " Suis-je le gardien de mon frère ? "
C’est aussi le langage sur la terre de tous les enfants du diable.
Quand Livingston luttait seul en Afrique contre l’odieux trafic des noirs, quand il essayait d’émouvoir ces marchands de chair humaine qui dépeuplaient des régions entières, il entendait souvent cette réponse diabolique :
Qu’importent les âmes de ces gens-là ! Sont-ils seulement des hommes ? Et après tout, mon intérêt d’abord, ma tranquillité d’abord, suis-je le gardien de mon frère ?
En ce moment même, qu’est-ce qui fait la force des marchands d’alcool, des profiteurs de la prostitution, sinon cet égoïsme féroce de gens qui se croient très honnêtes et très sensibles, mais qui ne veulent pas entendre parler de choses pareilles.
Si tant de foyers sont ruinés par l’alcoolisme, si des milliers de jeunes filles sont tous les ans sacrifiées à la luxure, qu’est-ce que cela pour ces égoïstes, ils n’y peuvent rien, sont-ils les gardiens de leurs frères ?
Hélas ! Il est parfois des chrétiens qui tiennent le même langage.
Ils savent que des millions d’âmes vivent encore dans la nuit du paganisme, qu’elles sont perdues éternellement si elles n’entendent parler de Jésus, ils côtoient journellement des gens qui sont sur le chemin de l’enfer, et cependant ils ne font rien, ils ne donnent rien pour les sauver.
Non seulement leur apathie, leur avarice déjà est un crime, mais il en est qui refusent d’entendre l’appel de Dieu.
Ils ne peuvent admettre qu’il faut donner leur fille, leur fils.
Ils n’osent pas prononcer la parole de Caïn, mais en tous cas leurs actes correspondent exactement à cette pensée : " Suis-je le gardien de mon frère ? "
Voyez-vous, pour pouvoir être sous la grâce, en avoir les bénéfices, il faut avoir l’esprit de la grâce.
Il faut renoncer à l’égoïsme qui mène inéluctablement en enfer et apprendre le langage du ciel.
" Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent…. "
Les anges, les habitants du ciel se réjouissent du salut des autres, ils ne vivent pas pour eux-mêmes.
Mais ce qui sera pour nous la meilleure leçon, le plus grand exemple, c’est la croix du Calvaire.
Jésus était-il par nature notre gardien ?
Notre frère ?
Non, tout le séparait de nous.
Il a dû, pour devenir notre gardien, notre frère, se dépouiller de sa divinité, se rendre obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.
Il a donné sa vie pour ses brebis.
S’il ne l’avait pas donnée, il n’aurait commis aucune faute, il n’y était obligé par aucun lien de chair ou d’âme.
C’est volontairement qu’il s’est offert en Victime expiatoire.
Ceux qui ont cet esprit de sacrifice sont fils du ciel.
Voyez Moïse plaidant pour son peuple, refusant la place extraordinaire que Dieu lui offre, demandant à être effacé du livre divin plutôt que de voir périr ses frères.
Voyez Paul qui tient le même langage.
Voilà ceux qui sont partis à la conquête des âmes, c’est cet esprit-là, seul, qui peut être béni.
Ceux qui l’ont sont traités par Dieu comme Ses fils.
Chers lecteurs, voulez-vous cet esprit-là ?
Avez-vous faim et soif d’amour pour les âmes qui périssent ?
En avez-vous assez de votre égoïsme ?
Voulez-vous l’esprit de Jésus-Christ qui fera de vous un gagneur ?
Demandez-le-Lui, contemplez la croix du Calvaire, voyez le sacrifice sans lequel vous seriez perdu pour l’éternité et alors, allez vers ceux qui sont perdus ; donnez pour les œuvres de mission et d’évangélisation, ne donnez pas que votre argent.
Donnez vos prières, votre pensée, vos enfants, vous-même si vous le pouvez.
Obéissez simplement à ce que l’Esprit de Dieu vous dira, car vous êtes le gardien de ce frère pour lequel Dieu a donné son fils unique.
Jésus dans la tempête
" Pourquoi avez-vous ainsi peur ? Comment n’avez-vous point de foi ? " (Marc 4 : 40)
Le soir tombe dans le beau lac de Tibériade, une barque vogue.
Le ciel est sombre, de gros nuages roulent.
Les montagnes du Liban, tout au nord, se perdent dans la nuit.
Tout à coup, un vent violent s’élève.
Il arrive souvent de ces tempêtes subites sur ce lac, et les hommes dans la barque sont affolés.
Les vagues grossissent, déferlent dans l’embarcation.
Un seul passager est calme, il dort malgré le bruit, le mouvement, les manœuvres. Il a la tête sur un coussin, et, paisiblement repose.
Il a parlé à de grandes foules, il est fatigué.
Mais ses compagnons ont peur, ils croient leur dernière heure venue, ils ont rarement vu une pareille tempête et cependant ce sont des pêcheurs qui connaissent leur lac.
Ils ont perdu tout espoir, ils n’en ont plus qu’en celui qui dort là, si paisible : en Jésus.
Ils s’approchent de lui, le réveillent : " Maître, ne t’inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ? "
Et Jésus se tient debout dans la barque, face à l’ouragan.
Quel contraste avec les disciples affolés !
Pourquoi craindrait-il ?
Quelle tempête est trop forte pour lui ?
Quelle situation trop difficile ?
Quel problème trop compliqué ?
Quel fardeau trop lourd ?
Jésus menace le vent et commande à la mer. Il lui ordonne de se taire.
Et ces forces impondérables, incoercibles, obéissent à cet homme frêle.
Tout se tait, le calme revient.
Remarquez son attitude envers ses disciples.
Il les reprend avec douceur.
Il aurait pu leur faire des reproches mérités, se fâcher contre eux, car enfin ils avaient vu ses œuvres, ils avaient entendu le témoignage de Jean-Baptiste sur sa mission extraordinaire.
Comment pouvaient-ils s’imaginer qu’il serait abandonné de son Père ?
Cet amour du Père pour le Fils les couvrirait eux aussi et les empêcherait de périr.
Mais la terreur remplissait leur cœur, ils ne se souvenaient plus de rien.
En est-il de même pour vous ?
Votre situation si difficile vous fait-elle oublier que vous êtes dans la barque de Jésus, que rien ne peut vous arriver sans la volonté du Père ?
Vous exagérez comme le firent ses disciples, la puissance des forces adverses.
Le diable ne peut aller plus loin que Dieu ne veut.
Il a une grande liberté, mais limitée.
Résistez au diable et il s’enfuira.
Comment Jésus pourrait-il périr, être anéanti, lui la source de la vie ?
Il est le souverain des cieux et de la terre, le Créateur de l’univers, comment la mer et les vents ne lui obéiraient-ils pas ?
Comment ne serions-nous pas avec Lui en parfaite sécurité ?
Mais il faut être avec Lui.
Que devinrent les autres barques, qui sortirent sur le lac avec celle de Jésus ?
Nous tremblons sur leur sort.
Celle dans laquelle est le Maître, arrive au port.
Jésus est-il avec vous ?
Il suffit aux disciples d’accepter son invitation : " Passons à l’autre bord. "
Il suffit pour vous de venir à Lui et de l’accepter pour votre Sauveur.
Croyez qu’Il est mort pour expier vos péchés et vous ne redouterez plus aucune tempête, même pas celle de la mort.
Pour nous, enfants de Dieu, Il est dans notre barque.
Il peut sembler dormir, vous croyez qu’Il reste sourd à votre voix, que ses yeux ne voient pas votre situation, votre angoisse, les vagues emplissent la barque, le danger est si grand que vous croyez périr….
Non, non, ne vous tourmentez pas, la tempête se calmera, la mer se taira, le lac reprendra sa beauté.
Rien ne peut vous arriver avec Jésus dans votre barque, rien qui ne soit pour votre bonheur, pour votre bien éternel.
Puissiez-vous réjouir votre Sauveur par votre confiance et qu’Il n’ait pas à vous adresser ces paroles de reproche : " Pourquoi avez-vous peur ? Comment n’avez-vous point de foi ? "
Christ tel que l'on ne doit plus le connaître
" Et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière " (1 Corinthiens 5 : 16)
Il y a une manière de servir Christ qui est idolâtre.
Le Saint-Esprit nous la signale ici est nous met en garde contre elle.
Cet avertissement nous rappelle un récit navrant que nous trouvons dans le 2ème livre des Rois : 18 : 4.
Le peuple juif avait conservé précieusement le serpent d’airain.
Ne lui rappelait-il pas en effet, la glorieuse délivrance qui lui avait été accordée dans le désert, lorsque tous ceux qui avaient été mordus par les serpents venimeux étaient guéris en tournant vers le serpent d’airain le regard de la foi ?
Or, cette représentation symbolique était devenue une idole et devait être mise en pièces.
Qui eût pu croire que ce même mal allait renaître ?
La personne sacrée du Sauveur est devenue pour un grand nombre un objet d’idolâtrie.
Elle l’est devenue par les calvaires, les crucifix, les " Sacrés Cœurs " et autres matérialisations du Rédempteur.
Il est profondément douloureux de voir des âmes sincères rabaisser le Fils de Dieu, qu’elles croient honorer, au rang d’une idole.
Je ne pense pas que ces lignes soient lues par un grand nombre de défenseurs de tels sacrilèges, mais il y a malheureusement bien d’autres conceptions indignes de notre Sauveur.
Nos soucis, nos tristesses, nos insuffisances, nos désappointements viennent d’une connaissance imparfaite de notre Maître.
C’est parce que vous le connaissez mal que vous êtes abattu et languissant.
Vous ne croyez pas vraiment qu’il est tout-puissant dans le ciel et sur la terre.
Vous ne croyez pas vraiment qu’il peut vous sauver de vos peines, ouvrir les portes qui sont fermées devant vous, vous renouveler intérieurement, changer votre caractère.
Vous ne croyez surtout pas vraiment, qu’en réponse à vos prières, il peut toucher les cœurs, changer le caractère de la personne qui vous fait souffrir, bénir votre témoignage et convertir les âmes.
Ce qu’il vous faut, c’est une vision de Christ, non tel qu’il était parmi les hommes, non point même tel qu’il était sur la croix, mais tel qu’il est maintenant dans la gloire.
Plus vous le verrez tel qu’il est à la droite de la majesté de son Père, plus vous comprendrez le mystère de sa vie et de sa mort, et plus aussi sa mort et sa vie reparaîtront en vous.
Etienne l’a vu à l’heure de sa mort, et il ne sentait plus les coups cruels de ses meurtriers.
Saul de Tarse l’a vu, et sa vie a été renouvelée.
Jean l’a vu en Patmos, et son lieu d’exil est devenu un lieu de délices.
Les anges qui sont devant le trône crient d’une voix forte : " L’agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la louange. "
Seule cette vision fait des apôtres.
C’est pour nous la donner que le Saint-Esprit a été envoyé.
Il est venu pour nous révéler Christ.
Laissez-le vous ouvrir l’Ancien Testament comme Jésus l’a fait le soir de sa résurrection pour les disciples dans la chambre haute.
Ses pages sont toutes rayonnantes de Christ, il suffit que le Saint-Esprit projette sur elles sa clarté.
Il vous le montrera encore mieux dans le Nouveau Testament, car il est l’accomplissement des prophéties.
Il vous le montrera surtout dans la Croix.
Vous verrez sous la couronne d’épines une beauté qui n’eut jamais d’égale.
Jamais dans la sainte lumière,
Jamais dans le repos du ciel,
D’un plus céleste caractère,
Ne brilla son front immortel
Au séjour de la beauté même.
Jamais ta beauté ne jeta
Tant de rayons qu’au jour suprême
Où tu mourus sur Golgotha.
Mais, frères et sœurs, laissez-moi vous rappeler que le Saint-Esprit ne peut nous donner la vraie vision du Sauveur, que lorsque notre vie est consacrée au salut des pécheurs.
Voyez le groupe apostolique rassemblé sur la montagne de l’ascension.
Le Sauveur est monté au ciel.
Un nuage vient de le dérober à la vue de ses disciples.
Ils sont là à regarder au ciel, attendant sans doute que le vent chasse le nuage et qu’ils puissent avoir une nouvelle vision de leur Maître avant qu’il disparaisse finalement.
Mais voici deux anges.
Quel est leur message ?
" Pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous en viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel. "
Alors ils retournèrent à Jérusalem….
C’est là qu’ils allaient être revêtus de l’Esprit consumant du témoignage, pour hâter la venue du grand jour.
C’est au cours de leur témoignage missionnaire que les apôtres, que les chrétiens des temps primitifs et ceux des époques qui ont suivi, ont eu la vraie connaissance de leur Maître.
A nous aussi, le Saint-Esprit veut la donner pour que nous y puisions une nouvelle force.
Ecoutez l’expérience de celui des apôtres que le Saint-Esprit a spécialement honoré pour la conversion des âmes : " Je regarde toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ " (Philippiens 3 : 8).
Laissez-vous gagner par l’amour des âmes, le Saint-Esprit veut vous le donner, et c’est en vous laissant remplir par lui qu’il vous donnera la vision de notre Sauveur.
Une responsabilité inattendue
" Donnez-leur VOUS-MEMES à manger " (Matthieu 14 : 16).
C’est toujours un moment saisissant que celui où l’apprenti, ou le disciple, doit se lancer seul dans l’activité.
Je me souviens de l’émotion qui me serrait à la gorge quand, tout jeune étudiant, je fus appelé à présider mes premiers services religieux.
Qui n’a pas connu ces expériences angoissantes et pourtant nécessaires ?
Il me semble que les apôtres ont dû passer par un moment semblable, lorsqu’ils vinrent vers Jésus pour lui parler de la faim de la multitude, et qu’il leur donna cet ordre singulier : " donnez-leur vous-mêmes à manger. "
Ecoutez leur réponse stupéfiante :
" Mais nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons. " Tu n’y as pas songé, Maître. Tu n’as pas vu l’insuffisance de nos ressources, ridiculement disproportionnées au nombre immense des bouches à nourrir.
" Non, non, en essayant, nous nous couvririons de honte et aboutirions à une déception générale."
Tel devait être le raisonnement des disciples.
Ils étaient incrédules et épouvantés parce qu’ils ne connaissaient pas la puissance de Celui qui les avait choisis, et qui voulait maintenant les lancer dans leur carrière, après avoir commencé à les y préparer.
Quand le moment approche où l’aiglon doit prendre son vol, le père lui-même le pousse hors du nid.
Tout à l’heure, quand le jeune oiseau volera en tremblant au-dessus de l’abîme, vous verrez le grand aigle passer sous lui afin de le recevoir sur ses fortes ailes et le sauver de la chute.
Mais lorsqu’il le pousse hors du chaud abri, il est impitoyable.
En vain l’aiglon se cramponne aux bords du nid, l’heure est venue où, pour son bien, il faut qu’il se lance, il y va de son avenir.
Le Sauveur voulait chez ses apôtres le sentiment de leur responsabilité nouvelle, de leur solidarité avec Lui, en un mot l’amour des âmes : " Donnez-leur vous-mêmes à manger. "
C’est à vous, lecteurs, que le Saint-Esprit adresse aujourd’hui cette parole.
Vous avez cru jusqu’à présent que l’évangélisation du monde, et même celle de votre quartier et de votre entourage, était l’affaire de Dieu, ou de telles ou telles personnes, mais le Seigneur vous fait aujourd’hui l’honneur de mettre cette obligation sur vous.
C’est ainsi qu’il a pris un Paul de Tarse, un Luther, un Calvin, un Carey, un Hudson Taylor.
C’est un privilège dont nous n’aurons pleinement conscience qu’au grand jour.
Le Seigneur veut que vous commenciez à vous rendre compte de la grandeur immense de votre vocation.
Si vous ne fermez pas l’oreille et que vous prêtiez votre attention à cet ordre si redoutable, votre cœur commencera par se serrer.
Vous aussi vous trouverez des excuses ; ce seront les mêmes que celles présentées par les disciples : Je n’ai rien ; que suis-je moi ; je ne sais pas rendre témoignage ; je suis ignorant et faible.
Vous direz encore que les besoins sont si grands, les cœurs si endurcis, qu’il n’y a rien à faire ; que vous échouerez certainement.
Et puis l’adversaire vous soufflera d’autres raisons encore, plus inquiétantes pour votre moi.
Il vous montrera les conséquences lointaines, les risques que vous allez courir.
Il vous criera que le chemin dans lequel le Saint-Esprit veut vous entraîner est celui de la souffrance, de la moquerie, du sacrifice, il vous fera voir sur votre chemin l’ombre de la croix, et l’avenir vous apparaîtra sombre et menaçant.
Ne vous laissez pas troubler par ces menaces, ne regardez pas aux difficultés et aux obstacles, regardez au Sauveur.
Vous souvenez-vous du jour où vous avez mis votre confiance en Lui pour le salut de votre âme ?
Il vous en a coûté de renoncer à la superstition, aux œuvres mortes, au monde et à tout ce qui faisait votre vie et votre espérance.
Avez-vous été déçu lorsque vous avez mis votre main tremblante dans celle du Sauveur ?
Il veut vous conduire aujourd’hui plus loin et plus haut.
Il veut vous remplir de Son Esprit, et par Lui vous donner de nouvelles et saintes obligations, des responsabilités intérieures, qu’il honorera de son appui et qui vous prépareront mieux pour votre vocation éternelle.
Un avenir d’une grandeur incommensurable vous attend.
" Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges ? "
Laissez le Saint-Esprit élargir votre cœur.
Il veut que vous y ayez une place pour les âmes qui périssent autour de vous.
Bien plus que cela, que vous y ayez une place même pour ceux qui sont au loin dans la nuit païenne.
Il a plu au Seigneur de nous donner un vaste champ à la Côte d’Ivoire.
A l’encontre de toutes les probabilités humaines, il a été pourvu depuis un an aux besoins de nos chers missionnaires M. et Mme Richard.
Mais au-delà de la sphère où ils sont momentanément à l’œuvre, il y a de vastes régions où le nom de Christ est inconnu.
Voulez-vous que nous les prenions à cœur ensemble ?
Il me semble que lorsque le lendemain de la multiplication des pains les disciples se sont remémorés ce qui était arrivé, ils ont dû être humiliés en se rappelant leur incrédulité première.
Je crois qu’au grand jour nous le serons nous aussi, quand nous verrons face à face les ressources infinies de Celui à qui toute puissance appartient dans le ciel et sur la terre.
Ce n’est pas fortuitement qu’il est mort sur la croix, il y a été cloué, " selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu. "
Il avait annoncé à l’avance qu’Israël verrait un jour Celui qu’ils auraient percé et déjà dans le désert, le serpent d’airain était la prophétie du Christ qui allait être élevé sur le bois d’infamie.
Il est celui qui est destiné par Dieu à être élevé, pour que toutes les extrémités du monde regardent à Lui pour être sauvées.
Le Saint-Esprit vous a été donné, et vous avez été donné au Saint-Esprit, pour accomplir ce plan de Dieu.
C’est pourquoi aujourd’hui encore le Saint-Esprit vous adresse cet appel solennel, cet ordre poignant d’intensité : " Donnez-leur vous-mêmes à manger. "
Donnez à Dieu l'occasion d'intervenir
" Confie-toi en l’Eternel de tout ton cœur et ne t’appuie pas sur la sagesse. Reconnais-le dans toutes tes voies et Il aplanira tes sentiers (Proverbes 3 : 5 et 6).
Ce sujet a été placé sur mon cœur au cours d’attaques douloureuses, qui ont été dirigées contre notre Eglise à l’occasion de nos fêtes d’inauguration.
Elles ont été d’autant plus pénibles qu’elles venaient de quelques-uns que nous invitions fraternellement.
Peut-être le Seigneur se servira-t-il de notre méditation pour faire du bien à quelqu’un de nos lecteurs.
Les occasions, malheureusement, ne manquent pas où nous sommes appelés à pratiquer la confiance silencieuse en notre Dieu, et c’est une leçon que nous apprenons difficilement.
Bien des batailles ont été perdues uniquement parce que des forces oubliées n’ont pas eu l’occasion de prendre part à l’action.
Il en est surtout ainsi de nos combats spirituels.
Nos défaites et nos épreuves n’ont souvent pas d’autre cause que l’oubli de forces, que Dieu met en réserve pour notre délivrance.
Ne serait-ce pas le cas de tel de mes lecteurs ?
Vous entravez le bras de Dieu par votre précipitation à vous délivrer et à vous justifier vous-même.
Laissez à Dieu le temps d’intervenir, votre justification sera d’autant plus éclatante.
Il fera paraître votre justice comme le soleil en plein midi.
Que de fois il en a été ainsi dans l’histoire du peuple de Dieu !
Que de fois son meilleur travail a été " d’attendre en silence la délivrance de l’Eternel. "
Le peuple qui campait au bord de la Mer Rouge, aurait moins tremblé, peut-être, si Moïse lui eût donné l’ordre de se préparer à combattre Pharaon.
L’immobilité et le silence sont exaspérants en face du danger.
Tel était pourtant l’ordre de Dieu : " L’Eternel combattra pour vous, et vous, gardez le silence. "
David a dû apprendre cette dure leçon pendant les longues années au cours desquelles Saül cherchait sa perte.
Combien il eût été plus facile à sa nature guerrière, de mener ses soldats au combat et de se faire justice par ses propres forces.
Il a été plus grand par cette confiance en Dieu, que lorsqu’il a tué le philistin ou conquis des royaumes.
Ezéchias aussi a appris cette leçon lorsque l’armée assyrienne campait contre lui, et qu’il se sentait sans force en face de la violence et de l’injustice.
Tous ceux-là, et combien d’autres dans l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, ont pu voir les grandes choses que Dieu accomplit en faveur de ceux qui savent attendre son intervention.
A vous aussi, il dit aujourd’hui : " C’est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force " (Esaïe 30 : 15).
" Ceux-ci s’appuient sur leurs chars, ceux-là sur leurs chevaux, nous, nous invoquons le nom de l’Eternel notre Dieu. Eux, ils plient et ils tombent, nous, nous tenons ferme et restons debout " (Psaume 20 : 8 et 9).
" En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard et mangez-vous le pain de douleur ; Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil " (Psaume 127 : 2).
Je voudrais diriger votre regard sur les ressources de Dieu.
Elles sont infiniment variées.
Vous ne voyez pour le moment que votre danger, votre impuissance, et la subtilité de vos adversaires.
Leur succès et votre défaite vous paraissent inévitables.
Repassez donc dans vos souvenirs les délivrances si diverses que Dieu a accordées aux siens.
Il a, pour eux, fait reculer la mer, souffler son vent, trembler la terre et arrêter le soleil.
Il a, pour eux, incliné le cœur des rois et détruit des armées.
Souvent, le secours est venu d’un côté si inattendu, que l’intervention divine ne fut pas même aperçue.
La même sagesse, la même puissance qui a veillé sur les fidèles qui vous ont précédés, veille sur vous.
Ne troublez pas Celui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous.
Comment ne nous donnera-t-il pas toutes choses avec Lui ?
Ne vous tourmentez pas.
Cachez-vous dans le Sauveur, Il est le rocher des siècles : " Celui qui croira en Lui, ne sera pas confus. "
On proposa un jour à deux peintres de faire chacun un tableau symbolisant le calme.
Le premier peignit un paysage où tout respirait la paix.
Le soir tombait sur une campagne bien tranquille.
Les troupeaux rentraient au bercail, le vieillard se reposait à la porte de sa chaumière, et toute la nature s’apprêtait au repos.
Le deuxième peignit une tempête furieuse sur une côte rocheuse.
La mer en démence, fouettée par l’ouragan, montait à l’assaut des falaises abruptes et précipitait contre les récifs les restes d’une épave, mais dans la haute paroi du rocher, il y avait une fente, un oiseau s’y était blotti et chantait.
Il chantait sa sécurité au milieu de la tourmente.
C’est là le repos de l’enfant de Dieu.
Nous connaissons le rocher des siècles qui a été fendu pour nous.
Cachés dans le creux de ce rocher, nous attendons de voir passer la gloire de notre Dieu, et nous savons que sa délivrance ne saurait tarder.
Remettez-vous ainsi entre les mains de votre Dieu, déchargez-vous sur Lui de votre fardeau.
C’est quand vous vous serez caché en Lui que vous verrez l’accomplissement de sa promesse.
" Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. "
En attendant, tandis que vous comptez sur Dieu pour s’occuper de vos affaires, occupez-vous des siennes, qui sont : le salut des perdus.
" Cherchez premièrement le Royaume de Dieu et sa justice et toutes les autres choses vous seront données par-dessus. "
Conseiller méprisé
" N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption " (Ephésiens 4 : 30).
J’ai vu en rêve un beau navire engagé dans une passe difficile, pleine d’écueils et de dangers.
Il avait à bord un pilote expérimenté et habile qui tenait la barre et gouvernait le vaisseau avec sûreté à travers les périls.
Le capitaine du navire était ignorant, orgueilleux et entêté.
J’ai vu ce capitaine insensé enlever le gouvernail au pilote, le chasser et prendre le commandement.
Le pilote pleurait de douleur, car il savait que le beau navire allait à sa perte.
Ce pilote c’est le Saint-Esprit.
Le navire c’est l’œuvre de Dieu, et encore la vie de chacun de nous.
Le capitaine insensé, c’est celui qui veut faire l’œuvre de Dieu à sa manière, à son idée, suivant ses conceptions propres et ses plans à lui.
Les anges du haut du ciel voient le Saint-Esprit, sa sagesse suprême et sa puissance, ils voient notre dureté de cœur, notre stupidité et notre vanité, ils voient aussi l’enjeu qui est la gloire du Fils de Dieu, et le salut des âmes.
Ils pleurent de nous voir négliger le Saint-Esprit, le mettre de côté, pour Lui substituer notre maladresse coupable.
Mais c’est le Maitre surtout, le Sauveur qui a versé son sang pour le salut des pécheurs, lui qui a envoyé le Saint-Esprit pour qu’Il soit notre Conseiller et notre Force, c’est le Maître surtout qui est affligé de ce que nous fermons l’oreille et le cœur aux accents de son auguste envoyé.
Est-il bien vrai, dites-vous peut-être, que nous négligeons d’écouter le Saint-Esprit ?
Allez dans une réunion de prière, prêtez l’oreille au langage des cœurs réveillés, et éclairés par la grâce.
Leur accent est celui de l’humiliation, de la honte et du repentir.
Le Saint-Esprit fait voir leurs échecs à ceux qui sont droits de cœur.
Ces faillites du passé, ces fautes et ces ruines ont pour cause le rejet du Saint-Esprit.
Il le rappelle aujourd’hui à ceux de vous qui avez voulu faire l’œuvre à votre manière, au lieu de le laisser faire Lui.
Voulez-vous que je vous remette en mémoire sa puissance et son rôle béni ?
" Quand il sera venu, dit Jésus, (Jean 16 : 8), il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement. "
Mais voici qui est plus doux et plus précieux encore pour vous : " Il vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. "
Mais peut-être bien que les choses les plus excellentes qui nous sont dites à son sujet sont réunies dans son nom extraordinaire : il est le Paraclet, le Consolateur, celui qui veut être notre réconfort constant et notre conseiller.
C’est lui qui a parlé par les prophètes qui ont annoncé le Rédempteur.
Lorsque l’Eglise d’Antioche a honoré sa direction souveraine, il a séparé Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle, nous, en Europe, devons l’évangile.
C’est lui qui toujours sait susciter les vocations et ouvrir les portes.
Les miracles procèdent de lui.
Lisez dans Galates 5 : 22, la liste des fruits qu’il produit.
Il est si glorieux que de pécher contre lui est sans rémission.
Il est l’égal du Père et du Fils.
Lorsque l’univers était plongé dans le chaos, lorsqu’il n’y avait encore que l’abîme, les eaux et les ténèbres, l’Esprit de Dieu planait sur les eaux.
Pourquoi est-il venu faire sa demeure ici-bas ?
Le Sauveur le révèle à ses disciples dans les entretiens intimes qu’Il a avec eux la veille de sa mort :
" Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera " (Jean 16 : 14).
Son but est la gloire du Fils.
C’est pour ce Fils que l’Eglise, que l’humanité, que le monde, que l’univers tout entier ont été créés.
C’est Lui que le Saint-Esprit veut révéler.
Tout le reste pour le Saint-Esprit passe au second plan.
Ce but, il est déterminé à l’atteindre.
Il y travaille de ses forces toutes puissantes, il y travaille avec un amour divin, avec une sagesse parfaite.
Il n’est rien qu’il ne soit prêt à faire en faveur de ceux qui se consacrent à lui pour son service, à condition pourtant qu’ils soient purifiés dans le sang de l’Agneau.
Ils sont ses instruments, il les aime, il veille sur eux, il les garde, les dirige et les bénit.
Etes-vous un de ces rachetés lavés dans le précieux sang ?
Alors vous savez ce que c’est que d’avoir reçu " les prémices de l’Esprit. "
Vous avez été scellé du sceau divin.
Vous avez le privilège d’avoir dès maintenant sur vous, plus que cela : en vous, la marque de votre adoption divine.
N’attristez pas le Saint-Esprit.
Vous l’attristez si vous n’avez pas le même but que lui : la révélation du Fils de Dieu au monde, si vous ne partagez pas son intensité pour cette tâche, si vous n’avez pas sa compassion pour les perdus.
Ne mettez pas quelque autre préoccupation à la place de ces intérêts sacrés.
Craignez de négliger les intentions du divin Paraclet, c’est une pente dangereuse sur laquelle glissent les insensés qui n’ont jamais véritablement connu la nouvelle naissance.
Prenez du temps pour écouter sa voix. Il a un travail pour vous.
Il vous enverra où vous devez aller, il ouvrira la voie pour vous, il touchera les cœurs, vous aurez la joie de voir l’œuvre de Dieu s’accomplir et, oh ! Grâce merveilleuse ! C’est vous qui un jour en récolterez le fruit.
" N’attristez pas le Saint-Esprit" ; qui parle ainsi ?
C’est l’apôtre Paul, le grand lutteur, le vénérable vétéran, mais c’est aussi votre Sauveur, Lui qui a quitté la gloire pour vous, et qui pour vous a versé son sang.
Il a souffert pour vous, mais aussi pour tous ceux qui, autour de vous, ou plus loin à travers le monde, n’ont pas le salut.
Il les aime et Il sait que, seul, le Saint-Esprit peut vous équiper pour le sauvetage de ceux qui doivent encore entendre le merveilleux message.
C’est pourquoi il vous crie : N’attristez pas le Saint-Esprit, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la Rédemption.
La leçon de Noël
Nous voici de nouveau à la veille de Noël.
Bientôt, les restaurants organiseront leurs festins somptueux et les familles prépareront leurs fêtes plus intimes.
Les philanthropes feront des repas pour les malheureux, et les Eglises dresseront des arbres de Noël pour les enfants.
Partout, le petit enfant de Bethléem sera célébré, mais qui pensera à la vraie leçon de Noël ?
Noël est la fête de la famille qui, à cette occasion se rassemble et se retrouve.
Le petit enfant, dans sa crèche, proclame une vérité autrement solennelle.
Dans son humble berceau, il parle avant tout à ceux qui lui appartiennent ; il leur dit de travailler au salut des âmes.
C’est pour les arracher à la perdition qu’il lui fallut descendre jusqu’à elles. Du ciel, il est venu jusque dans la crèche.
Ah ! Quel message poignant pour ceux qui ont compris l’appel du Sauveur couché dans cette étable orientale !
Son sol est couvert de fumier, l’atmosphère en est empestée, elle est encombrée de bestiaux et cependant c’est elle qu’a choisie, pour y naître, l’enfant de Bethléem : Dieu fait homme !
Il est descendu jusqu’à nous pour nous enlacer de sa douce étreinte, et pour nous sauver.
Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons l’être.
Cher lecteur, encore loin de Christ, ne voulez-vous pas vous laisser gagner par cet amour ?
Votre cœur ne frémit-il pas à la pensée du sacrifice qu’a exigé votre bonheur éternel ?
Voulez-vous négliger un si grand salut ?
L’enfer vous attend si vous restez indifférent au spectacle que vous offre l’étable.
Si vous avez saisi la grâce, alors le message de Noël est pour vous comme pour tout enfant de Dieu.
Le Saint-Esprit veut vous faire descendre vers ceux qui vous entourent.
Il veut que cette année soit remplie de la recherche des perdus, de ceux surtout qui sont les méprisés, les abandonnés. Vous avez votre ciel à quitter.
Votre ciel, ce sont vos aises, votre repos, votre tranquillité, vos plaisirs paisibles, pour aller chercher les égarés.
La France a des étables que le Saint-Esprit veut vous faire visiter.
Je suis heureux de l’œuvre qu’avec nos évangélistes nous poursuivons dans la zone parmi les enfants malheureux.
Nous ne devons pas être les seuls à le faire.
Il y a des délaissés, des gens méprisés et méprisables près de vous, cherchez-les.
Souvenez-vous de la leçon de cette naissance, ne vous laissez pas rebuter, car Lui, votre Maître, ne s’est pas laissé rebuter par vous.
Mais le Saint-Esprit ne veut pas seulement que vous cherchiez ceux qui sont dans des conditions matérielles déplorables.
Il y a des déchéances morales plus repoussantes que toutes les misères physiques.
L’étable de Bethléem est une image du cœur humain.
Celui-là même qui est né dans l’étable a vécu au milieu d’une humanité corrompue.
Il a été tenté en toutes choses comme nous, excepté le péché.
Il a été l’ami des péagers et des gens de mauvaises vies.
Il a mangé avec eux, il a même logé chez eux. Il a partagé leur vie, mais non pas leur péché, brillant toujours dans ces lieux sombres de l’éclat lumineux de sa pureté.
Ils sentaient qu’il les aimait, qu’il les comprenait, qu’il se mettait à leur portée et ces cœurs corrompus se laissaient saisir par Lui.
Le Saint-Esprit veut vous faire descendre à votre tour vers les cœurs souillés et dégradés.
Il vous les fera découvrir si vous êtes docile à sa voix.
Il vous appelle à l’œuvre.
Que lui répondez-vous ?
" Seigneur, vois les sacrifices que j’ai déjà faits, les humiliations que j’ai subies. Laisse-moi évangéliser les gens qui sont de mon milieu, les gens honnêtes, propres, cultivés. Laisse-moi aller vers les pharisiens si moraux, si religieux, ou encore vers ces hérodiens, incrédules il est vrai, mais polis et aimables. "
Le Saint-Esprit vous montre l’étable dans laquelle est né le Fils de Dieu.
Le meilleur champ d’action est toujours le cœur brisé.
Cherchez les humbles, mais surtout, mettez-vous à leur portée, aimez-les, visitez-les, fréquentez-les, cherchez-les.
Chers frères et sœurs, ce sont ceux-là qui vous écouteront, ce sont ceux-là qui recevront votre témoignage quand ils auront senti la vraie chaleur de votre sympathie.
Je vous ai parlé de la crèche, mais l’Esprit qui a conduit Jésus à vouloir naître dans une étable, est celui de Gethsémané, de Golgotha, celui du renoncement à soi-même et de l’amour des âmes, en un mot c’est le Saint-Esprit.
Vous qui avez été lavés dans le précieux sang de la Croix, laissez le Saint-Esprit remplir votre cœur, pour qu’il glorifie par nous le Rédempteur par le salut de quelques-uns de ceux pour qui il est venu naître dans une étable.
Le poids des paroles
Le poids des paroles - Etude de Jules THOBOIS
" Ne mets pas ton cœur à toutes les paroles qu’on dira " (Ecclésiaste 7 : 21)
Un petit ver rongeur suffit à faire périr l’arbre vigoureux dont il a piqué la racine.
Telle parole insidieuse suffit à faire beaucoup de mal.
Prêter l’oreille à une parole désobligeante ou ironique qui s’est dite sur notre compte peut nous faire perdre notre paix.
La réplique que le Seigneur nous propose dans sa sagesse, c’est de ne pas y mettre notre cœur : " Ne mets pas ton cœur à toutes les paroles qu’on dira ", les paroles des hommes, bien entendu !
Pourquoi ?
Parce qu’il n’est pas bon de nous faire du chagrin inutile, en attachant une importance exagérée aux choses qui n’en valent pas la peine.
Il y a assez de combats spirituels à mener.
C’est pour ceux-là qu’il faut garder nos forces au lieu de les gaspiller pour une foule de détails qui n’aboutissent qu’à nous agiter et à nous paralyser.
Dans ces épreuves-là, d’ailleurs, ce qui s’éveille et souffre en nous, c’est le vieil homme, notre amour-propre.
Or, l’amour-propre froissé est un mauvais conseiller, un messager de malice.
Il grossit les choses et nous fait souvent prendre l’ingratitude pour un désir de nuire ou pour un manque d’affection, ce qui n’est qu’un mouvement irréfléchi, dont celui qui nous a blessés se repent peut-être lui-même.
Donc, ne mettons pas notre cœur à tout ce qu’on dit de nous.
Car la parole dépasse souvent les pensées.
Délaissons les paroles vaines des hommes et prêtons plutôt attention à la Parole de Dieu.
Nous parlons énormément, mais savez-vous que nous parlons abondamment à nous-mêmes ?
Les gens, les choses auxquelles nous pensons, provoquent en nous des conversations intérieures, des paroles qui, sans être forcément dites à haute voix ont une influence réelle sur notre être.
Puissance de la parole
Les paroles - articulées ou non – véhiculent toujours une puissance, soit créatrice, soit destructrice.
Prenons l’exemple de Jésus : Ses paroles sont terriblement opérantes :
" Lazare sort ! ", et le mort sortit : parole positive.
" Que jamais personne ne mange de ton fruit ! ", et le figuier sécha jusqu’aux racines : puissance négative.
Nos paroles à nous apportent aussi une part de puissance : " Par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles, tu seras condamné " (Matthieu 12 : 37).
Les médecins vont jusqu’à dire de prendre garde à la manière dont nous parlons de notre corps.
" Je digère mal, je souffre des reins, j’ai le foie qui ne va pas ! "
Dire cela, c’est accentuer le mal.
Nos conversations intérieures, cela est certain, ont toujours une importance pour élever ou abaisser, pour former ou déformer, pour déterminer la tonalité majeure ou mineure de notre rayonnement.
Suis-je négatif ou positif ?
Quel genre d’interlocuteur suis-je ?
Positif : je m’attache à ce qui va, ou négatif : je m’arrête à ce qui ne va pas.
Suis-je confiant, ou anxieux et angoissé ?
David, au Psaume 31, tient deux conversations intérieures : l’une très décourageante, l’autre pleine d’une confiance salutaire.
C’est l’époque douloureuse de la révolte d’Absalom contre son père.
David est désemparé : " Un filet m’est tendu (v. 5), une conspiration s’élève contre moi (v. 14), des calomnies circulent à mon endroit, tout le monde m’oublie (v. 13), je suis en pleine détresse. "
Et il s’écrie : " Je disais dans mon désespoir, dans ma précipitation : je suis chassé loin de ton regard, ô Dieu. "
La précipitation est funeste à notre cœur, elle nous fait mal raisonner.
Comme si Dieu pouvait nous abandonner !
Lui qui nous a fait tant de promesses.
Cantiques ou lamentations
Si David était demeuré sur sa première réaction, alors il serait devenu amer, critique, méchant peut-être.
Dès lors, plus de psaume, plus de cantique, mais les lamentations de David.
Quant à nous, où en sommes-nous ?
Aux cantiques ou aux lamentations ?
Sachons-le, les difficultés sont comme des couteaux : ils blessent si on les prend par la lame, ou nous servent si nous les prenons par le manche.
Souvent nous commençons nos conversations intérieures par le mauvais bout.
Il faut donc savoir changer de méthode !
Comme Paul et Silas qui, chargés de coups et les fers aux pieds, se mirent soudain à chanter dans leur prison.
Pourquoi chantèrent-ils ?
Parce qu’ils avaient levé les yeux et qu’ils voyaient Jésus.
David aussi tourne son regard vers Dieu.
Il ne nie pas ses malheurs, mais il regarde dans la bonne direction.
Et il contemple celui qui peut tout changer : Dieu.
Et sa louange se délie, il parle : " Mais en toi je me confie. Je dis, tu es mon Dieu " (v. 15).
Voici un " mais " qui change la conversation intérieure du psalmiste.
Adieu les plaintes et les doutes.
Prenons position
Donnons congé à ces pensées, à ces conversations intérieures qui nous rongent, et affirmons notre confiance dans le Souverain Pasteur des brebis.
Confessons à voix haute et forte qu’il est le Seigneur.
" Je suis un homme fini, une femme délaissée. Mes difficultés sont insurmontables. Plus rien à faire ! ….. "
– NON !
Dieu est là. Jésus est là. Le Saint-Esprit est là.
" En toi je me confie, tu es mon Dieu ".
Parle avec confiance à ton âme :
" Mon âme, bénis l’Eternel, ne t’abats pas au-dedans de moi !
" Mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits.
"Parle de confiance autour de toi ! Parle de confiance au-dedans de toi ! Parle de confiance à ton Dieu ! "
Que ta vie soit un psaume, un cantique à la gloire de Dieu, et non une lamentation.
Et que ta parole confesse toujours la victoire de Jésus.
Des paroles à propos
" Comme des pommes d’or sur des ciselures d’argent, ainsi est une parole dite à propos " (Proverbe 25 : 11).
Il y a bien des paroles qui ne ressemblent pas à des pommes d’or sur des ciselures d’argent !
Ce sont les paroles dites mal à propos, les mauvaises paroles, inspirées par le cœur mauvais et dont Satan se sert pour faire son œuvre de division, d’accusation et de calomnie.
A nous de ne pas mettre notre cœur aux mauvaises paroles, mais à nous surtout, disciples du Christ, de ne pas dire de mauvaises paroles.
Prenons garde à nous-mêmes : le domaine de la parole doit être exploré avec une grande attention par le peuple de Dieu, et par chaque membre qui le compose.
Car Dieu lui-même est le Dieu de la Parole, le Dieu qui parle.
Son peuple est le peuple de la Parole, le peuple qui écoute Dieu lui parler.
De plus, la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous pleine de grâce et de vérité (Jean 1).
Plus que quiconque, le chrétien doit donc envisager de parler à propos pour répondre à sa vocation qui est de parler, non pas selon l’homme, mais selon Dieu, sous l’inspiration du Saint-Esprit, avec un cœur nouveau.
Car de l’abondance du cœur, la bouche parle !
Par tes paroles, tu seras condamné ; par tes paroles tu seras justifié.
Nos paroles : de l’or et de l’argent !
C’est impératif pour nous !
Il faut que nos paroles soient de l’or et de l’argent.
Pourquoi cette référence à l’or et à l’argent ?
1) L’argent est le symbole de la rédemption.
Le tabernacle du peuple d’Israël, qui représentait le salut de Dieu, reposait sur des bases d’argent (Exode 26 : 25).
" Tout homme compris dans le dénombrement, depuis l’âge de 20 ans et au-dessus, payera le don prélevé pour l’Eternel….
" Ce sera, pour les fils d’Israël, un souvenir devant l’Eternel, pour la rançon de leurs personnes " (Exode 30 : 14 à 16).
Et ce don était d’un demi-sicle d’argent.
Enfin, lorsqu’il s’agissait d’acheter et de vendre l’Agneau pascal du salut, que donnera-t-on à Judas en paiement ? 30 sicles d’argent.
L’argent est le symbole du rachat, de la rédemption, par le Christ lui-même fait homme.
2) L’or est le symbole de la divinité et du Saint-Esprit.
C’est ainsi que, dans la Jérusalem céleste, tout sera en or.
Dans le sanctuaire, l’arche était recouverte d’or pur, et les chandeliers étaient des chandeliers d’or.
L’argent, c’est le fondement de la rédemption.
L’or en est le couronnement.
Ainsi, le Christ et le Saint-Esprit sont associés pour notre parfaite bénédiction.
Peut-on concilier l’idée que l’or et l’argent sont des symboles spirituels, avec l’enseignement des textes qui, au contraire, en interdisent l’usage ?
Tel celui de Matthieu 10 : 9 : " Ne prenez ni argent ni or ! " ou encore Actes 3 : 6 : " Je n’ai ni argent ni or ! "
Certainement, c’est conciliable.
Car lorsque Jésus demande à ses disciples de partir en mission sans or ni argent, il leur demande simplement de renoncer à l’or et à l’argent terrestres, pour n’avoir que l’or et l’argent spirituels à donner, c'est-à-dire Christ et l’Esprit.
Quand donc Pierre dit au boiteux du Temple : " Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne", il ne donne pas l’aumône terrestre à cet infirme, mais il le met au bénéfice de la rédemption (l’argent) et de la puissance du Saint-Esprit (l’or), au nom de Jésus-Christ.
C’est ce que dit le livre de Job : " Jette ton or dans la poussière, l’or d’Ophir, parmi les cailloux du torrent, et le Tout-Puissant sera ton or et ton argent, ta richesse " (Job 22 : 24).
Des paroles venues du Saint-Esprit
Revenons au texte du livre des Proverbes : " Comme des pommes d’or sur des ciselures d’argent, ainsi est une parole dite à propos ".
Ces paroles ne sont évidemment pas de l’homme, mais du Saint-Esprit.
Nous sommes le peuple du Saint-Esprit, appelé à dire des paroles venues du Saint-Esprit.
Oui, ces paroles de l’Esprit doivent remplir nos cœurs et nos bouches.
Ces paroles sont de l’or basé sur l’argent.
Elles sont conçues par l’Esprit (l’or) mais basées sur l’œuvre du Christ (l’argent).
Voilà les véritables pommes d’or sur des ciselures d’argent.
Ce qui veut dire que, pour parler par l’Esprit, il faut appartenir à Christ.
La garantie que c’est l’Esprit qui parle en nous, c’est que nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes, mais que nous sommes à Christ, et que notre bouche est devenue comme la bouche de Christ, une bouche crucifiée aux paroles de la chair, une bouche réservée aux paroles de l’Esprit.
C’est pourquoi Jacques écrit : " Une source ne peut donner à la fois de l’eau douce et de l’eau amère. "
Veille donc sur ta bouche, peuple de Dieu.
Donne-là entièrement à Jésus pour que, à travers toi, soient prononcées uniquement les paroles de l’Esprit.
" La Muraille" N°14/1987
" Mettez en pratique la Parole de Dieu, ne vous contentez pas de l’écouter " (Jacques 1 : 22).
Méfiez-vous des raccourcis !
Méfiez-vous des raccourcis - Etude de Warren W. WIERSBE
Alors que nous traversions la région montagneuse du Kentucky (USA), nous avions décidé de prendre un raccourci.
La route était agréable et facile, du moins le paraissait-elle…
En fait, elle était très peu fréquentée ; si peu fréquentée même que les tortues s’y prélassaient en toute sécurité !
Nous en avons rapporté une à la maison, pour la plus grande joie de nos enfants ; mais il est évident que ce genre de route ne convient absolument pas aux gens pressés.
De plus, le raccourci en question se révéla très incommode, dangereux, et il nous fit perdre en définitive beaucoup de temps.
Nul doute qu’il existe dans les différents domaines de la vie d’authentiques raccourcis nous permettant de gagner du temps et de ménager nos forces.
Mais dans des domaines aussi graves que la formation du caractère et le service de Dieu, il faut apprendre à se méfier des raccourcis.
1) – C’est ainsi par exemple que, pour mieux comprendre les Saintes Ecritures, certains lecteurs achètent des Bibles " d’étude " dûment annotées, avec nombre de détails ayant un caractère encyclopédique.
Il semble pourtant que le sens, le sens profond de la Parole de Dieu ne cesse de leur échapper.
Et cela parce que, dans leur impatience, ils veulent brûler les étapes.
Le problème est qu’ils ne savent pas distinguer le fait de la vérité qu’il illustre ; ils ne font aucune distinction entre l’appréhension intellectuelle et la perception spirituelle de la vérité.
Alors même qu’ils se penchent avidement sur des plans, des résumés, des graphiques, traquant les références et les contre-références, ils ne donnent jamais à l’Esprit Saint le temps de les instruire.
2) – L’absence de raccourcis au niveau de la connaissance de Dieu implique qu’il n’y a pas non plus de raccourci dans la formation du caractère chrétien.
L’étude de la Parole de Dieu nous révèle le Dieu de la Parole, et à mesure que nous le connaissons mieux, nous lui ressemblons davantage.
Par contraste avec une réputation qui peut s’établir du jour au lendemain, la formation du caractère est donc un travail de longue haleine.
La Bible illustre ce principe de mille manières.
Il n’a pas fallu moins de treize ans, par exemple, pour faire du jeune Joseph le sauveur du peuple d’Israël.
Au programme – programme établi par Dieu lui-même – il y avait l’envie et la haine de ses frères à son égard, les années de service en Egypte, la prospérité et l’adversité, la joie et la peine.
Mais l’homme qui en vint un jour à gouverner l’Egypte aux côtés du pharaon était un homme sorti de la grande école de Dieu, et donc prêt à faire sa volonté.
Il en fut de même de Moïse.
Bien que formé à l’école des plus grands sages de l’Egypte ancienne, celui qui allait devenir le libérateur et le législateur d’Israël n’était pas du tout préparé à de telles responsabilités, et bien incapable de servir Dieu.
Sa véritable formation, il allait la recevoir au cours de quarante longues années de vie au désert, une " classe " certes bien inattendue pour un diplômé d’université !
Utile, ce séjour ?
Oui, car Dieu avait pour dessein de le former ou, pour être précis, de transformer un petit chef au sang vif, prompt à la colère, en un conducteur d’hommes à la patience inlassable.
Les chrétiens sont parfois déconcertés à la pensée que Dieu s’intéresse plus à l’ouvrier qu’à l’œuvre.
Rien cependant n’aurait empêché Dieu de secourir Job et sa famille par l’intermédiaire de ses anges.
Et il aurait suffi d’une seule parole de sa bouche pour faire sortir Israël d’Egypte … Mais non.
Pour former des hommes aptes à le seconder dans sa tâche, il a délibérément choisi le chemin le plus long.
Voilà la méthode à suivre en ce qui concerne l’éducation de nos enfants.
Il est bien sûr plus facile de faire vous-même tel ou tel travail ménager - la vaisselle par exemple - que de motiver vos enfants ; mais ils doivent apprendre à obéir et à travailler.
Ce n’est pas l’ouvrage qui est en cause, mais l’homme.
La formation du caractère nous interdit la facilité, ou si vous voulez, les raccourcis.
3) – Or si les raccourcis sont néfastes dans le domaine de la perception spirituelle et de la formation du chrétien, ils ne le sont pas moins quand il s’agit d’édifier l’Eglise locale.
Il existe actuellement dans l’Eglise une tendance à insister sur les méthodes et les objectifs.
La démarche n’a rien de répréhensible en soi, à condition toutefois que ces objectifs et ces méthodes ne soient pas des moyens détournés d’exalter l’humain.
Certaines méthodes déshonorent l’Evangile ; en fait elles le bradent.
Certains objectifs ne sont que le reflet des ambitions personnelles du responsable local, à l’exclusion de l’œuvre et de la gloire de Dieu.
Une parabole de l’Evangile met en scènes deux bâtisseurs, dont l’un, trop pressé, construisit sa maison sans lui donner des fondations suffisamment solides.
Moins avare de son temps, l’autre constructeur prit soin de fonder sa maison sur le roc, et quand vint la tempête, la première maison s’écroula tandis que l’autre resta debout.
La première méthode s’est avérée désastreuse, surtout si l’on songe aux habitants de la maison ; quant au constructeur, il a dû apprendre à ses dépens ce qu’il en coûte de prendre des raccourcis.
Il n’y a de croissance que là où règne la vie, et l’Eglise n’échappe pas à cette loi.
Si ce développement se définit en termes de qualité et de quantité, notons cependant qu’il est d’abord interne avant d’être externe, car la croissance authentique est une question de nutrition et donc de maturité, plutôt qu’une simple adjonction de membres.
Au cours de mes trente années de ministère à travers le monde, j’ai eu connaissance de toutes sortes de projets concernant l’édification de l’Eglise.
Certains n’ont malheureusement réussi qu’à ruiner le ministère.
C’est avec raison que G. Macdonald a pu dire : " Pour l’homme qui mène sa vie sans se soucier de Dieu, l’alternative est simple : s’il échoue, ce sera d’une manière lamentable ; s’il réussit, ce sera pire ! "
Si vous recherchez l’approbation des hommes, prenez tous les raccourcis possibles et proclamez vos résultats.
Si par contre vous recherchez la gloire de Dieu, soyez fidèles à ce qu’il préconise : à savoir la méditation de la Parole, la prière, le témoignage, le sacrifice et la souffrance.
Et laissez-le se charger des conséquences.
Après tout, c’est " Dieu qui fait croître " (1 Corinthiens 3 : 7).
4) – Prendre des raccourcis ne permet pas non plus de résoudre les difficultés de l’existence.
Par-delà les tracasseries du quotidien, je veux surtout parler des situations qui font peser une véritable menace sur notre vie, parce qu’elles ont des causes profondes, lointaines, et qu’elles secrètent de l’amertume.
J’ai souvent été confronté à de tels drames, et tout au long de mon ministère pastoral, j’ai plus d’une fois constaté avec étonnement qu’après avoir laissé le mal mûrir pendant très longtemps, certaines personnes s’attendent à le voir disparaître en un clin d’œil… grâce au pasteur, et grâce à Dieu…. !
Les gens qui ont des problèmes - que ce soit au niveau du couple, de la famille ou de l’individu - ont tous tendance à chercher des expédients qui aggravent la situation.
Or, comme l’a très bien dit G. Chesterton : " L’inconvénient majeur de la précipitation, c’est de nous faire perdre beaucoup de temps. "
Vouloir résoudre rapidement un problème permet à la rigueur d’en modifier les données connues, mais non d’aller à la racine du mal.
Il existe des conseillers qui, tels les faux prophètes du temps de Jérémie, pansent la plaie " à la légère ", en disant : " Paix, Paix ! et il n’y a point de paix " (Jérémie 6 : 14).
5) – Enfin, l’usage des raccourcis est tout aussi répréhensible pour tout ce qui touche au réveil des âmes.
Bien que l’Eglise ait désespérément besoin d’un réveil, il faut savoir qu’une telle expérience n’est jamais le résultat d’une méthode bien appliquée, rapide et facile.
Le réveil est parfois considéré comme un événement pouvant être " importé ", un phénomène susceptible de se reproduire de ville en ville ; si l’humble ministère d’un frère a engendré le réveil ici, pourquoi pas là-bas ?
C’est possible en effet, car Dieu est souverain.
Mais en raison justement de cette souveraineté de Dieu, ce n’est pas certain.
Mieux vaut alors nous méfier des raccourcis, même – ou surtout – dans le domaine spirituel.
Le vrai réveil n’est pas un effort vers Dieu, mais un don de Dieu.
Il n’est pas importé de l’extérieur, car l’œuvre divine commence dans le cœur de l’homme, et au cœur de son Eglise.
Exode 13 : 17 / 18 nous enseigne que Dieu ignore délibérément les raccourcis.
C’est ainsi qu’après avoir fait sortir Israël d’Egypte, " Dieu ne le conduisit pas par le chemin des Philistins, quoique le plus proche".
Il a choisi le chemin le plus long, et c’est encore ainsi qu’il agit aujourd’hui.
La mentalité du " tout et tout de suite " a si bien pénétré l’Eglise que les chrétiens sont sans cesse en quête de recettes, de procédés instantanés.
Or le temps est un facteur très important.
L’intervention de Dieu s’inscrit toujours dans la durée, comme en témoignent d’ailleurs la nature et l’histoire de l’Eglise, y compris la Bible.
Chacun sait qu’il suffit de quelques heures pour faire pousser un champignon ; mais qu’en est-il du chêne ?
S’il est vrai que Dieu accorde parfois de très grandes bénédictions en très peu de temps, son action est en général lente et délibérée.
Il me semble que le désir d’aller sans cesse au plus court, cette fièvre des raccourcis, camoufle en réalité le refus de se conformer aux principes de Dieu et d’en payer le prix.
La prière, l’étude des Ecritures, l’examen des mobiles personnels et les patientes semailles de la vérité sont les formes d’un lent et dur labeur, aujourd’hui remplacé par des méthodes du genre " fast food " : succès garanti et immédiat.
Or, si les résultats sont à peu près certains, il ne faut pas s’attendre à de véritables fruits.
Car l’existence du fruit implique l’existence de racines qui, à leur tour, exigent un travail très en profondeur.
Tout cela prend du temps.
En conclusion à un sermon adressé à de futurs pasteurs, Spurgeon a dit : " Pour ceux qui fuient les contraintes du ministère, le jour des comptes sera terrible. Mais ceux qui endurent tout au bénéfice des élus récolteront la gloire. "
Attention aux raccourcis, ils pèsent lourd dans la balance !
Le Témoin 3/1986
La biographie de Jean-Frédéric VERNIER
Jean Frédéric Vernier, 1796 – 1871 d’après son autobiographie et les souvenirs de son fils Elie, par Jean Cadier, pasteur à Valdrôme avec préface de ce dernier.
Dans le compte rendu que M. le pasteur Delattre donne de cet ouvrage, dans l’Ami, de septembre dernier, il écrit :
" Des biographies d’hommes et de femmes de Dieu, qui ont laissé après eux une trace éternelle dans de nombreuses vies, après l’étude de la Bible et des ouvrages d’Andrew Murray, je ne connais rien de plus propre à m’humilier, à m’inspirer, à me remplir du feu divin.
En lisant le volume que nous offre Jean Cadier, mon cœur a souvent débordé de reconnaissance envers lui.
Il a accompli une très bonne et très fructueuse action spirituelle. "
Et dans l’émouvante préface que M. Jean Cadier a écrite pour ce livre dont il a compilé les éléments avant tant de soins, il dit, après avoir relevé la belle simplicité du caractère de Jean Frédéric Vernier :
" Mais que cette simplicité ne nous fasse pas illusion.
" Elle cache une personnalité d’une volonté ardente et enthousiaste pour le service de Jésus-Christ.
" Rien ne l’arrête.
" Ni les longues marches, ni les longues réunions où il parle pendant des heures, ni la neige, ni le brouillard, ni la méfiance des pasteurs, qu’il désarme par son affection, ni les controverses des curés, qu’il met en déroute par sa connaissance de la Parole de Dieu.
" Il y a dans cette foi inébranlable une sève tonifiante qui m’a souvent fortifié.
" Il m’est arrivé parfois, quand je me sentais un peu découragé, de faire ce que mes amis appelaient en souriant une cure de Vernier, " de mettre dans un sac quelques évangiles, quelques traités, et de partir à pieds vers les sentiers d’Aucelon, autrefois parcourus par l’homme du Réveil.
" Je faisais une halte au Col-de-Penne pour m’agenouiller comme lui, en face du magnifique panorama qu’il contempla.
" Je m’arrêtais au Devès, pour profiter d’une hospitalité cordiale semblable à celle dont il profita il y a cent ans.
" Je continuais sur les mêmes chemins vers les fermes de la montagne, adressant simplement la parole du salut, comme il faisait autrefois, à ceux que je rencontrais.
" Et si quelque cantique venait sur mes lèvres pour scander la marche dans les rochers, je pensais que peut-être il les avait aussi chantés, ces vieux airs du Réveil composés par César Malan.
" Que Dieu nous redonne la même simplicité pour annoncer l’Evangile, la même obsession de l’évangélisation, la même ferveur aimante envers Jésus-Christ, le même courage pour s’adresser aux âmes, toutes ces qualités simples et fortes qui font de l’évangéliste, l’homme de Réveil. "
" Quel était donc ce message qui produisait des résultats aussi puissants pour la conversion des âmes ?
" C’était le message de l’Evangile Eternel.
" C’était la prédication de la colère de Dieu et de son jugement contre le péché.
" Je voyage pour avertir les pécheurs de fuir la colère à venir " disait Vernier à l’humble femme sur la route d’Aucelon, quand elle lui demandait dans son patois : " Vous siei un désertur, moussu ? "
" C’était aussi la prédication du salut par grâce.
" Ecoutez-le encore s’adressant à ce jeune voiturier de Châtillon qui lui dit : " Que faut-il que je fasse pour être sauvé ?
Vernier répond : " Certainement vous serez sauvé, si vous vous reconnaissez pécheur perdu et si, dans le sentiment profond de vos péchés, vous croyez que Jésus-Christ est venu pour les effacer, pour vous en délivrer. La Parole de Dieu à la main, je vous donne la certitude qu’en Jésus-Christ vous serez sauvé. "
" Et c’est ce simple message qui produit le Réveil et qui le produira encore. "
" Et maintenant, laissons encore parler M. Delattre, qui résume cette belle vie, mieux que nous ne saurions le faire :
" Originaire du pays de Montbéliard, il est avec le futur évêque Gobat, de Jérusalem et le futur missionnaire Samuel Rolland, l’un des sept premiers élèves de l’Institut de Glay, fondé par le bienheureux pasteur Jaquet.
Vernier avait alors 26 ans.
C’était en 1822.
Ecrasé sous le fardeau de ses péchés, il ne tarda pas à trouver la paix.
Jaquet et M. Lhuillier de Genève, professeur à l’Institut, lui furent en grande bénédiction.
A partir du moment de sa conversion, son ministère de témoin de Jésus-Christ commence.
Il est d’abord l’instrument du renouvellement spirituel de ses parents et d’une de ses cousines.
Il tient des réunions avec de précieux résultats un peu partout.
Il finit par tomber malade d’épuisement de poitrine.
" En 1825, il est appelé par l’excellent pasteur Bonifas, de Grenoble, à devenir instituteur évangéliste à Roybon (Isère).
Il part le 10 avril 1826 après des adieux émouvants à ses chers parents.
Il a 30 ans.
Sa mère veut lui remettre quelques écus de six francs, mais il refuse.
Il n’accepte qu’une pièce de dix sous qu’il conservera toute sa vie.
Il s’arrête quinze jours à Montéchéroux en annonçant chaque soir la Parole de Dieu à des centaines de personnes.
" Une grande grâce reposait sur moi et sur la Parole de vie que j’annonçais.
Plusieurs âmes furent converties au Seigneur, dit-il, parmi lesquelles un nommé Gautt qui se convertit sur son lit de mort. "
Bien des larmes furent répandues quand il fit ses adieux.
Il quitte la France pour passer par la Suisse.
A Crémine, dans le Jura bernois, l’oncle et le père du jeune Gobat, élève à l’Institut de Glay, le reçoivent avec joie et le retiennent six semaines.
Il y reste deux mois, présidant réunions sur réunions, affermissant bien des âmes dans la foi et étant pour d’autres un instrument de salut.
" Voyant que l’amour de mon Sauveur était allumé dans bien des cœurs, dans une réunion qui eut lieu la veille de mon départ, chez les parents Gobat, j’adressai à mes nombreux amis quelques bonnes paroles d’exhortation et d’encouragement.
Je leur fis mes adieux et les recommandai à Dieu et à la Parole de sa grâce. "
" En quittant Crémines, il s’arrête à Moutiers pour y présider quelques réunions.
Une femme âgée, plongée dans un affreux désespoir, trouve le salut.
Il voit là de nombreuses âmes affamées du pain de vie.
" Dans le canton de Neuchâtel, à Bôle et aux environs, jusque dans un pensionnat de jeunes filles, il voit des âmes passer de la mort à la vie. "
" Que de personnes, nous dit-il, qui demandaient avec larmes ce qu’elles devaient faire pour être sauvées, et quelle joie pour moi de pouvoir leur dire avec l’apôtre : " crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé ! "
Des foules accouraient aux réunions.
On aurait dit que tous, sans exception, voulaient se convertir. "
Il quitte Bôle au bout de six semaines, après une réunion où tout l’auditoire fondit en larmes.
Tout à coup, une femme se lève au milieu de l’assemblée, et sautant au cou de son mari lui dit : " N’est-ce pas, mon cher Joseph, que nous ne voulons plus nous battre ? vois comme ces gens sont heureux, ils ressemblent à des anges. "
Vernier s’enferme dans une chambre haute avec les deux époux et il les amène à la repentance et à la foi.
" Après avoir visité quelques frères à Yverdon, puis passé quelques jours à Lausanne à édifier les frères, il arrive avec le bateau à vapeur à Genève où il a la joie de revoir son ancien professeur de Glay, M. Lhuillier, et de faire la connaissance du cher Ami Bost.
Enfin, le 10 septembre, accompagné de M. Bonifas, de Grenoble, il arrive à Roybon, à la grande joie du petit troupeau.
Son voyage missionnaire avait duré cinq mois.
Il avait toujours porté les mêmes habits et fait à pied plus de cent cinquante lieux.
" Il arrive au sein d’un troupeau fort ignorant, en proie aux incessantes attaques des prêtres romains.
Plusieurs familles protestantes étaient passées au catholicisme.
Il ouvrit une école où il recevait la jeunesse depuis l’âge de 3 ans jusqu’à 22 ans.
Un beau réveil eut lieu parmi les jeunes des deux sexes.
Il donna une instruction religieuse à sept catéchumènes convertis.
Ceux-ci priaient avec ferveur en remerciant le Seigneur de leur avoir envoyé un pasteur pour les instruire et les nourrir du pain de vie.
" Ni parents, ni enfants ne possédaient les Saintes Ecritures.
Vernier demanda des Bibles et des Nouveaux Testaments à la Société biblique.
Bientôt il gagna la confiance et l’estime de toute la population, parcourant les contrées catholiques avoisinantes et leur vendant des Nouveaux Testaments.
Comme il n’avait pas encore le brevet élémentaire, il fut accusé par le prêtre d’avoir ouvert son école sans autorisation et il dut la fermer.
Dès ce moment, il alla instruire ses élèves de maison en maison.
" Appelé à Mens, dans l’Isère, par les pasteurs, il eut la joie d’annoncer l’Evangile à Saint-Jean-d’Hérans, la Mure, Mens, St- Sébastien.
" La Parole divine, qui ressemble au marteau brisant la pierre, toucha les cœurs jusqu’aux larmes " dit-il.
Les pasteurs étaient tous émerveillés de voir tout ce qui se passait dans l’auditoire :
" Cher frère, me disait M. Blanc, après la réunion, vous avez reçu une grande grâce pour laquelle vous ne pourrez jamais être assez reconnaissant. "
" Bientôt les réunions devinrent si nombreuses que Vernier avait à peine le temps de manger.
Un soir, à Lapaire, à deux lieues de Mens, trois cents personnes étaient réunies.
De 7 heures du soir à 2 heures du matin, il ne cessa de parler.
La Parole du Seigneur touchait et brisait les cœurs d’une façon étonnante.
A 2 heures du matin, personne ne voulait s’en aller.
L’évangéliste épuisé quitta la salle.
Quelques jours après, il rentrait à Roybon.
" Mais Vernier n’avait pas reçu des dons pour s’enfermer dans un village. Il pouvait dire comme Wesley : " le monde est ma paroisse. "
Il ne tarde pas à s’échapper de nouveau de Roybon et nous le trouvons à Luc-en-Diois, à Valdrôme, à la Motte-Chalancon, à Bouvières, à Bourdeaux, puis de nouveau à Mens et dans la région.
Partout ou presque partout, des âmes passaient des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu.
" Dans l’hiver de 1830 à 1831, notre cher et zélé évangéliste travaille pendant plusieurs mois dans une commune de la Drôme, à Aucelon, où il a de nombreux sujets d’encouragement.
L’Esprit souffle avec puissance dans les réunions, la Parole de la croix touche et brise les cœurs les plus endurcis.
Les plaisirs mondains, comme jeux et danses, sont abandonnés.
La famille du maire de la commune, composée de huit personnes qui se sont toutes converties, se réjouit dans le Seigneur.
Une femme catholique romaine, aubergiste, a donné son cœur à Jésus et conjure fortement ses voisins catholiques de renoncer aux erreurs de Rome et de se repentir pour mettre leur confiance en Jésus-Christ seul.
Des bijoux, des croix, des boucles d’oreilles sont consacrés à l’œuvre des missions.
Le réveil s’étend dans un rayon de 30 à 40 kilomètres autour d’Aucelon.
Ici, c’est un homme qui, en mangeant sa soupe le matin, reçoit l’assurance du pardon de tous ses péchés, pose sa cuillère, et dit à sa femme : " Ma chère amie, réjouis-toi avec moi ! La grâce de Dieu après laquelle je soupirais depuis si longtemps, vient de descendre dans mon cœur. "
" Là, une autre personne qui lisait son Nouveau Testament, pour voir si ce qu’elle avait entendu dans une réunion y était conforme, reçoit l’assurance que Jésus avait été livré pour ses offenses et était ressuscité pour sa justification.
Un troisième, tandis qu’il était à labourer son champ, reçoit la joie du salut et s’écrie en levant les mains au ciel : " Mon âme magnifie le Seigneur et mon esprit s’égaie en Dieu qui est mon Sauveur. "
Un domestique qui traitait son maître de fou parce qu’il était devenu chrétien, est saisi dans les champs par la grâce de Dieu et vient demander pardon à son maître.
Une femme reçoit le pardon de ses péchés en faisant son lit, une autre en pétrissant son pain.
Une troisième, mère de nombreux enfants, se rend tous les jours sous un gros rocher pour prier et bénir Celui qui l’a retirée d’une si affreuse perdition.
Ce n’était donc pas seulement dans les réunions que les pécheurs trouvaient le salut.
" En février 1831, Vernier se rendit à Mens, avec une boite pleine de bijoux des sœurs d’Aucelon, qu’il remit au pasteur Blanc.
Le soir, à 7 heures, une réunion d’environ 300 personnes, y compris douze pasteurs, eut lieu.
Le pasteur Bonifas, de Grenoble, fit une guirlande de ce que renfermait la boite et la fixant au bout de sa canne, l’éleva au milieu de l’assemblée et dit à haute voix : " Voyez mes frères, les faux dieux de nos sœurs d’Aucelon. "
L’effet produit à cette vue fut merveilleux.
Les jours suivants, des jeunes filles donnèrent pour les missions des boucles d’oreilles, des bagues, une chaîne d’or, etc.…
" Nous ne pouvons suivre Vernier dans toute sa vie itinérante, mais nous voulons dire quelques mots des réveils de Montmeyran.
Chaque fois que notre cher évangéliste se rendait dans cette commune, il avait la joie de voir quelques personnes se donner au Sauveur.
Là et à La Baume, l’œuvre de Dieu s’accomplissait avec puissance.
Le 22 avril 1835, à 7 heures du soir, notre missionnaire annonça l’Evangile dans un temple plus que plein, puis il invita les personnes touchées par la grâce à se rendre chez M. Béranger pour une réunion plus intime.
25 personnes répondirent à son invitation et s’entretinrent avec lui jusqu’à deux heures du matin.
Plusieurs pleuraient en s’écriant : " Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? "
Une douzaine trouvèrent la paix.
Bien des gens venaient de loin pour voir ces nouveaux convertis et s’en retournaient tout émerveillés après les avoir vus et entendus.
L’œuvre se continuait dans toute la commune de Montmeyran et dans les environs.
" Vernier évangélisait jour et nuit.
Il ne rencontrait personne sur sa route sans profiter de l’occasion pour parler de son Maître.
Tantôt c’est une femme qui est tellement touchée par ses paroles qu’elle lui dit : " Monsieur, puisque vous ne pouvez pas m’attendre, je ferai mes efforts pour marcher aussi vite que vous, afin que vous puissiez encore me parler de ces choses. "
Tantôt c’est une personne qu’il engage à venir sous son parapluie afin de pouvoir lui parler de Jésus.
Quand il l’a quittée, il la suit longuement du regard et la voit s’essuyant les yeux avec son tablier.
Une autre fois, il rencontre une femme qui venait au-devant de lui : " A quoi pensez-vous ? Lui dit-il. Pensez-vous à Jésus ? "
" En 1852, un second réveil éclata à Montmeyran.
C’était en novembre.
De grandes assemblées d’Alliance évangélique avaient été convoquées dans le temple.
Le père de l’Eglise méthodiste en France, Charles Cook, et M. Bertholet, de l’Eglise évangélique de Lyon, y prirent une part active, ainsi que plusieurs autres pasteurs et évangélistes.
Pendant deux jours, dans ces assemblées d’environ 800 personnes, on respira une atmosphère d’amour chrétien qui réchauffait les cœurs et les rapprochait de Dieu.
C’est dans une de ces réunions que la grâce de Dieu toucha le cœur du fils aîné de Jean Frédéric Vernier qui s’appelait Elie.
A ce spectacle, le cher père ne put contenir sa joie et sa reconnaissance.
Prenant son fils, son aîné, dans ses bras, son cœur et sa voix éclatèrent en actions de grâces envers son Dieu devant toute l’assemblée qui fondit en larmes.
" Des centaines d’âmes emportèrent de cette soirée mémorable des impressions qui ne s’effacèrent jamais et plusieurs firent dater de ce jour-là leur conversion.
A partir de ce jour, des personnes de tout âge se convertirent.
Montmeyran était comme le vestibule du ciel.
Cinq des enfants Vernier trouvèrent la paix.
" Plus je vois ce qui se passe, plus je suis saisi, écrit le puissant évangéliste.
On voudrait délier ses souliers de ses pieds, car on est sur une terre sainte.
Je me sens indigne d’être ouvrier avec Dieu dans une œuvre si belle.
On est porté par ce concert de prières.
La voix de celui qui parle est quelquefois étouffée par les sanglots, et quand on a terminé, on reste debout ou à genoux pour prier encore.
Hier, bien des prières sont montées devant Dieu.
C’était comme la lutte de Jacob avec l’ange, pour demander la délivrance des âmes travaillées.
Dieu se sert des enfants pour convertir les parents.
J’étais hier dans une famille où se trouvent plusieurs enfants.
Ces chers petits avaient passé l’après-midi dans leur chambre pour prier, et une fille de douze ans était toute rayonnante de joie : Dieu venait de se faire connaître à elle.
Un homme me racontait qu’il avait passé toute la nuit à lutter comme Jacob, se croyant perdu.
Un vieillard de 73 ans pleurait de joie. Il avait été touché dans les réunions de novembre et s’était dit en entendant la Parole de Dieu : " tu es pourtant arrivé à 73 ans sans connaître le Seigneur ! "
On ne rencontre que des âmes qui s’informent du salut, et, chose remarquable, toutes ont senti le moment où Dieu s’est approché d’elles.
Je ne m’étais pas trompé, en sentant que l’Esprit de Dieu avait soufflé sur vous….
Des enfants de sept à douze ans prient d’une façon si émouvante que les cœurs les plus endurcis fondent en la présence de Dieu.
" Quoi ! S’écrièrent des personnes âgées et d’âge mur, voilà des enfants de sept ans qui confessent à Dieu leurs péchés avec larmes, et nous, vieux pécheurs, nous n’avons encore jamais pleuré sur nos iniquités ? "
Plusieurs passèrent des nuits entières à chercher le pardon et ils le trouvèrent.
Plusieurs centaines d’âmes furent sauvées.
Une vingtaine de pasteurs de la région, rationalistes ou indifférents, se convertirent au Seigneur.
" Après une vie de labeur continuel et de conquêtes incessantes, Jean Frédéric Vernier entra dans la patrie céleste à l’âge de 76 ans, en 1871.
Il avait épousé à 36 ans, une jeune fille pieuse de 18 ans, Jeanne Pellenc, née à Menglon (Drôme) qui lui donna douze enfants dont cinq fils et sept filles qui marchèrent tous sur les traces de leurs parents.
Mme Vernier rejoignit son mari dans la gloire en 1888.
Il y eut exactement 14 enfants, dont 10 vécurent jusqu’à l’âge adulte.
Le 9ème fut le pasteur Samuel Vernier (décédé en 1904), père de Mme Contesse-Vernier, qui dirigea avec son mari : La Bonne Revue.
Notre Père
" Notre Père qui est aux cieux "
Un fils et son Père.
" Que ton nom soit sanctifié "
Un adorateur et son Dieu.
" Que ton règne vienne "
Un citoyen et son Roi.
" Que ta volonté soit faite "
Un serviteur et son Maître.
" Donne-nous…. notre pain quotidien "
Un mendiant et son Bienfaiteur.
" Pardonne nos offenses "
Un pécheur et son Sauveur.
" Ne nous laisse pas tomber en tentation "
Un pèlerin et son Guide.
" Délivre-nous du mal "
Un prisonnier et son Libérateur.
Dieu est donc pour moi : un Père, un Dieu, un Roi, un Maître, un Bienfaiteur, un Sauveur, un Guide, un Libérateur.
Un péché dominant : Négliger de prier
Prier, dans son vrai sens, est l’acte le plus intense de la vie du chrétien.
Prier est l’acte qui mérite le plus d’assiduité de notre part.
Prier est l’acte qui établit la communion entre l’homme et Dieu.
Dans l’emploi de notre journée, la première place appartient à Dieu.
Beaucoup de chrétiens préfèrent consacrer leur premier moment à lire les nouvelles du jour, qui souvent agissent comme un élément corrupteur sur l’âme et l’esprit, plutôt que de se retirer dans le secret de leur chambre pour puiser à la source biblique les nouvelles du ciel.
La prière et l’étude de la Bible sont deux sœurs qui marchent la main dans la main.
De toutes les leçons que Dieu veut nous enseigner sur la terre, la prière vient en tout premier lieu.
Rien ne peut remplacer le ministère de la prière.
La mettre de côté pour exercer d’autres activités, serait priver nos âmes de leur nourriture spirituelle et aussi nous empêcher d’être en bénédiction pour autrui.
Notre siècle est celui de l’agitation. Rien de plus difficile que d’entrer dans le calme et le repos pour écouter Dieu.
Il est infiniment plus aisé de tenir une réunion ou d’aller collecter, plutôt que de se placer devant Dieu et d’y rester le temps nécessaire pour entendre sa voix.
Apprenons que la prière rafraîchit le cœur, le garde en contact avec son Seigneur et en sympathie avec ses semblables.
Prier est la plus grande chose que nous puissions faire, et pour bien l’accomplir, il doit y avoir en nous du calme, du temps, et de la méditation.
Quelle folie de se précipiter devant Dieu et de lui demander la première chose qui nous traverse l’esprit !
Nous devrions bien plutôt commencer par faire silence jusqu’à ce que nous ayons conscience que Dieu s’est approché de nous, et ensuite demander au Saint-Esprit de nous inspirer ce que nous devons demander.
Si nous voulions vraiment invoquer notre Père, nous découvririons que nous avons tout pleinement en lui.
Dans nos chagrins, Il nous consolerait par sa présence.
Dans nos épreuves, Il nous soutiendrait.
Dans les ténèbres, Il enverrait sa lumière.
Invoquons donc de tout notre cœur, Celui qui veut s’appeler notre Père !
Nous ne pouvons nous attendre à avoir de la puissance dans la prière si nous apportons dans ces moments de communion avec le Christ un esprit de rancune.
L’orgueil, la jalousie ou n’importe quel autre péché doit être confessé au Seigneur avec une scrupuleuse honnêteté afin de lui permettre de nous en purifier.
Négliger de garder notre cœur consciemment et continuellement purifié peut nous priver peut-être plus que toute autre chose de progrès marquants dans la prière.
Si nous ne confessons pas constamment nos péchés pour nous en détourner, nous boiterons dans la prière pendant toute notre vie.
Dieu est prêt à pardonner nos péchés, quelle merveilleuse nouvelle.
Psaume 32 : 1 nous en donne une preuve : " Heureux celui à qui la transgression est remise, à qui le péché est pardonné. "
Dieu est prêt à exaucer aujourd’hui, comme au temps de l’Eglise primitive, mais c’est l’Eglise qui a abandonné les saintes pratiques des premiers chrétiens.
Elle ne manque ni de sermons, ni de conférences ; ce qui lui manque, c’est l’usage de la prière collective poursuivie avec persévérance.
Approchons-nous de Dieu par la prière, remettons-nous en à lui, qui sait si bien ce qu’il nous faut.
Par la prière, le croyant peut obtenir des miracles, c’est ce que Jésus nous enseigne quand Il dit à ses disciples que, par la prière de la foi, ils pourraient transporter des montagnes (Matthieu 21 : 21 et 22).
Avant de faire quoi que ce soit, nous devons prier, prier, encore prier ; car, ne l’oublions pas, la prière est une attitude qui nous met dans la lumière de Dieu et la prière est également une attitude d’adoration.
H.
Obstacles à la prière
Nous avons examiné très soigneusement les conditions positives de la prière triomphante, mais il y a d’autre part des choses qui font obstacle à la prière.
Dieu les a clairement signalées dans Sa Parole.
1 – Le premier obstacle à la prière se trouve mentionné en Jacques 4 : 3 :
" Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. "
Un but égoïste prive la prière de puissance ; or, un très grand nombre de prières sont égoïstes.
Ces prières peuvent bien demander à Dieu des choses parfaitement légitimes et qu’il est selon Sa volonté d’accorder, mais le motif de ces prières étant foncièrement mauvais, elles tombent à terre, impuissantes.
Le vrai but quand nous prions est que Dieu soit glorifié par l’exaucement qu’Il accorde.
Si nous faisons une demande quelconque simplement pour recevoir quelque chose qui satisfasse nos passions ou qui serve à notre plaisir d’une façon ou d’une autre, nous " demandons mal " et ne devons pas nous attendre à recevoir ce que nous demandons.
Ceci explique pourquoi beaucoup de prières demeurent sans réponse.
Bien des femmes, par exemple, prient pour la conversion de leur mari.
Voilà certainement une demande tout à fait légitime, mais le motif de plus d’une femme en demandant la conversion de son mari est parfaitement illégitime parce qu’il est égoïste.
Elle désire que son mari soit converti parce qu’il serait tellement plus agréable pour elle d’avoir un mari qui la comprenne ; ou bien parce qu’il lui est si douloureux de penser que son mari pourrait venir à mourir et être à jamais perdu.
C’est pour quelque raison égoïste de ce genre qu’elle désire que son mari soit converti : la prière est purement égoïste.
Pour quelles raisons une femme devrait-elle donc désirer la conversion de son mari ?
Avant tout et par-dessus tout afin que Dieu soit glorifié ; parce qu’elle ne peut pas supporter la pensée que Dieu le Père soit déshonoré par son mari qui foule aux pieds le Fils de Dieu.
Beaucoup prient pour un réveil.
C’est certainement une prière qui est agréable à Dieu, c’est selon la ligne de Sa Volonté ; mais beaucoup de prières pour les réveils sont purement égoïstes.
Les Eglises désirent des réveils afin d’accroître le nombre de leurs membres, afin que l’Eglise ait une position plus puissante et plus influente dans la communauté, afin que la caisse de l’Eglise soit remplie, afin qu’un rapport favorable soit fait parmi les autres assemblées.
Quand les Eglises et les pasteurs prient pour un réveil, c’est le plus souvent avec des motifs aussi bas que ceux-là et c’est le plus souvent aussi à cause de ces motifs même que Dieu ne répond pas à la prière.
Quels motifs devraient donc nous faire prier pour un réveil ?
La gloire de Dieu, parce que nous ne pouvons pas supporter que Dieu continue à être déshonoré par la mondanité de l’Eglise, par les péchés des incroyants, par l’impudente incrédulité de notre époque.
Parce que le monde annule la Parole de Dieu ; parce que nous désirons que Dieu puisse être glorifié par l’effusion de Son Esprit sur l’Eglise de Jésus-Christ.
C’est pour ces raisons avant tout et par-dessus tout que nous devrions prier pour un réveil.
Bien des prières pour recevoir le Saint-Esprit sont des prières purement égoïstes.
C’est certainement la Volonté de Dieu de donner le Saint-Esprit à ceux qui le Lui demandent.
Il nous l’a dit clairement dans Sa parole (Luc 11 : 13), mais plus d’une prière pour recevoir le Saint-Esprit est entravée par l’égoïsme de son motif.
Des hommes et des femmes prient pour recevoir le Saint-Esprit afin d’être heureux, afin d’être sauvés de leur misérable vie de défaite ou afin d’avoir de la puissance en tant qu’ouvriers pour Christ, ou pour tout autre motif purement égoïste.
Avec quels motifs devrions-nous prier pour être remplis de l’Esprit ?
Afin que Dieu ne soit plus déshonoré par le niveau insuffisant de nos vies chrétiennes et par l’inefficacité de notre service, afin que Dieu soit glorifié par la beauté nouvelle survenant dans notre vie et la nouvelle puissance conférée à notre activité au service du Maître.
2 – Second obstacle à la prière :
" Non, la main de l’Eternel n’est pas trop courte pour sauver, ni son oreille trop dure pour entendre. Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous et votre Dieu ; ce sont vos péchés qui vous cachent sa face et l’empêchent de vous écouter. " (Esaïe 59 : 1 et 2)
Le péché fait obstacle à la prière.
Plus d’un homme prie, prie, prie et n’obtient absolument aucune réponse à sa prière.
Peut-être est-il tenté de penser que ce n’est pas la Volonté de Dieu de répondre ; peut-être pense-t-il que les temps où Dieu répondait à la prière, si tant est qu’Il l’ait jamais fait, sont révolus.
C’est ce que les Israélites semblent avoir pensé.
Ils pensaient que la main de l’Eternel était raccourcie de sorte qu’Il ne pouvait plus sauver, et qu’étant devenu dur d’oreille, Il ne pouvait plus entendre.
" Non pas, dit Esaïe, l’oreille de Dieu est tout aussi ouverte que jamais pour entendre. Sa main tout aussi puissante pour sauver ; toutefois il y a un obstacle.
" Cet obstacle ce sont vos propres péchés. Vos crimes ont mis une séparation entre vous et votre Dieu et vos péchés vous ont caché Sa face, et L’empêchent de vous écouter. "
Il en est de même aujourd’hui.
Si bien des hommes crient à Dieu en vain, c’est tout simplement à cause du péché qui est dans leur vie.
Ce peut être quelque faute passée qui n’a été ni confessée ni jugée, ou un péché actuel qu’on chérit, que très probablement on ne regarde même pas comme un péché, mais le péché est là, dissimulé quelque part dans le cœur ou dans la vie, empêchant Dieu d’écouter.
Celui qui constate que ses prières sont inefficaces ne devrait pas conclure que la chose qu’il demande à Dieu n’est pas selon Sa Volonté mais devrait se retirer, seul avec Dieu, priant comme le Psalmiste :
" Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! éprouve-moi, et connais mes pensées ! regarde si je suis sur une mauvaise voie " (Psaume 139 : 23 et 24), et attendre devant Lui jusqu’à ce qu’Il mette le doigt sur la chose qui déplaît à Sa vue.
Puis il devrait confesser le péché et le rejeter.
Je me rappelle bien une époque de ma vie où je priais pour deux choses qu’il me semblait que je doive obtenir car il y allait de l’honneur de Dieu ; mais la réponse ne venait pas.
Une nuit, je m’éveillai en proie à une grande souffrance physique et à une grande détresse morale.
Je criai à Dieu pour ces choses, plaidant avec Lui la nécessité de les obtenir immédiatement mais aucune réponse ne vint.
Je demandai à Dieu de me montrer s’il y avait quelque chose de mauvais dans ma vie.
Il me vint à l’esprit quelque chose de précis qui y était déjà venu fréquemment auparavant, mais que je n’étais pas décidé à reconnaître pour un péché.
Je dis à Dieu " si cela est mal, je veux l’abandonner " ; mais toujours aucune réponse.
Au plus profond de mon cœur, bien que je ne l’eusse jamais admis, je savais que c’était mal.
De guerre lasse, je m’écriai : " Cela est mal. J’ai péché. Je veux l’abandonner. "
Aussitôt je trouvai la paix et au bout de quelques instants je dormais comme un enfant.
Au matin, je m’éveillai dispos et l’argent qui était si nécessaire à l’honneur de Dieu arriva.
Le péché est une chose effroyable et plus effroyable encore est la manière dont il fait obstacle à la prière, la façon dont il nous coupe de toute communication avec la source de toute grâce, de toute puissance et de toute bénédiction.
Quiconque veut avoir de la puissance dans la prière doit être impitoyable à l’égard de ses propres péchés.
" Si j’avais conçu l’iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m’aurait pas exaucé " (Psaume 66 : 18).
Aussi longtemps que nous restons attachés au péché ou que nous contestons avec Dieu, nous ne pouvons attendre de Lui qu’Il prenne garde à nos prières.
Si quelque chose vous revient sans cesse à l’esprit dans vos moments d’étroite communion avec Dieu, c’est cela qui fait obstacle à la prière : rejetez-le.
3 – Troisième obstacle à la prière :
" Fils de l’homme, ces gens-là portent leurs idoles dans leur cœur, et ils attachent les regards sur ce qui les a fait tomber dans l’iniquité. Me laisserai-je consulter par eux ? " (Ezéchiel 14 : 3).
Les idoles dans le cœur contraignent Dieu à refuser d’écouter nos prières.
Qu’est-ce qu’une idole ?
Tout être ou tout objet qui prend la place de Dieu, ou qui est le suprême objet de notre affection est une idole.
Dieu seul a droit à la place suprême dans nos cœurs.
Tout autre objet ou toute autre personne doit lui être subordonné.
Beaucoup d’hommes font de leur femme une idole. Ce n’est pas qu’un homme ne puisse jamais trop aimer sa femme, mais il peut lui donner une place qui ne lui revient pas, il peut la faire passer avant Dieu ; et quand un homme a égard à la satisfaction de sa femme plus qu’à celle de Dieu, quand il lui donne la première place et à Dieu la seconde, sa femme est une idole et Dieu ne peut écouter ses prières.
Beaucoup de femmes font de leurs enfants des idoles.
Ce n’est pas qu’on puisse trop aimer ses enfants.
Plus nous chérissons Christ, plus nous chérissons nos enfants ; mais nous pouvons leur donner une place qui ne leur revient pas, nous pouvons les faire passer avant Dieu et leurs intérêts avant les intérêts de Dieu.
Quand nous agissons ainsi, nos enfants sont des idoles pour nous.
Beaucoup d’hommes font de leur renommée ou de leurs affaires une idole.
Renommée et affaires passent avant Dieu.
Dieu ne peut écouter les prières de tels hommes.
Si nous voulons être puissants en prière, il nous faut élucider ce point capital : Dieu a-t-Il absolument la première place ? Est-Il pour nous plus que femme, enfants, renommée, affaires, plus que notre propre vie ?
S’il en est autrement, la prière triomphante nous est impossible.
C’est en ne répondant pas à nos prières que Dieu attire souvent notre attention sur le fait que nous avons une idole.
Etant ainsi conduits à rechercher pourquoi nos prières ne sont pas exaucées, nous découvrons l’idole, nous la rejetons et Dieu exauce alors nos prières.
4 – Quatrième obstacle à la prière :
" Celui qui ferme son oreille au cri du pauvre criera lui-même et n’aura point de réponse " (Proverbe 21 : 13).
Il n’y a peut-être pas de plus grand obstacle à la prière que l’avarice, le manque de libéralité à l’égard des pauvres et à l’égard de l’œuvre de Dieu.
C’est celui qui donne généreusement aux autres qui recevra abondamment de Dieu.
" Donnez, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde ; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servi " (Luc 6 : 38).
L’homme généreux est puissant en prière.
La prière de l’avare est sans puissance.
L’une des plus merveilleuses affirmations concernant la prière triomphante, celle de 1 Jean 3 : 22 (déjà citée) : " Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevrons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable ", est faite en relation directe avec la générosité à l’égard de ceux qui sont dans le besoin.
Il nous est dit dans le contexte que c’est quand nous aimons, non pas en paroles et avec la langue mais en actions et avec vérité, quand nous ouvrons nos entrailles à notre frère dans le besoin et qu’alors et alors seulement nous avons de l’assurance devant Dieu dans la prière.
Beaucoup d’hommes ou de femmes qui recherchent la cause secrète de leur impuissance dans la prière n’ont pas à chercher bien loin ; ce n’est ni plus ni moins que l’avarice pure.
Georges Müller, que nous avons déjà cité, était un puissant homme de prière parce qu’il donnait généreusement.
Ce qu’il recevait de Dieu ne s’attachait pas à ses doigts ; il le passait immédiatement à d’autres.
Il recevait constamment.
Quand on pense à l’égoïsme de l’Eglise professante d’aujourd’hui, quand on pense que les Eglises bien pensantes de ce pays n’atteignent pas la moyenne d’un dollar par membre et par an pour des missions étrangères, il n’est pas étonnant que l’Eglise ait si peu de puissance dans la prière.
Si nous voulons obtenir de Dieu, nous devons donner aux autres.
La plus merveilleuse promesse de la Bible concernant la façon dont Dieu peut subvenir à nos besoins est peut-être celle-ci : " Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ " (Philippiens 4 : 19).
Cette glorieuse promesse fut faite à l’Eglise de Philippe, en relation étroite avec sa générosité.
5 – Cinquième obstacle à la prière :
" Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses " (Marc 11 : 25).
L’esprit de rancune est l’un des plus fréquents obstacles à la prière.
La prière ne peut être exaucée que si nos péchés ont été préalablement pardonnés ; mais Dieu ne peut agir avec nous sur cette base si nous montrons du mauvais vouloir envers ceux qui nous ont fait du tort.
Quiconque nourrit de la rancune à l’égard d’autrui ferme hermétiquement l’oreille de Dieu à ses propres demandes.
Combien crient à Dieu pour la conversion d’un mari, d’enfants, d’amis et se demandent pourquoi leur prière n’est pas exaucée, alors que tout le secret réside en quelque rancune contre une personne qui leur a fait du tort ou même qu’ils s’imaginent leur en avoir fait.
Beaucoup de parents laissent leurs enfants tomber dans la perdition éternelle pour la misérable satisfaction de haïr quelqu’un.
6 – Sixième obstacle à la prière :
" Maris, montrez à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible ; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu’il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières " (1 Pierre 3 : 7).
Ici il nous est dit clairement que de mauvais rapports entre mari et femme sont un obstacle à la prière.
Dans bien des cas, la prière d’un mari est entravée parce qu’il manque à son devoir vis-à-vis de sa femme, et il est indubitable également que la prière de plus d’une épouse est entravée par ses manquements vis-à-vis de son mari.
Si maris et femmes cherchaient soigneusement la cause de l’inexaucement de leurs prières, ils la trouveraient souvent dans leurs relations réciproques.
Tel homme qui affecte une grande piété et qui déploie une grande activité dans l’œuvre de Christ traite sa femme avec bien peu de considération et est souvent désobligeant si ce n’est brutal ; il s’étonne après cela de ce que ses prières ne soient point exaucées.
Le verset que nous venons de citer explique le mystère apparent.
D’autre part, telle femme très dévouée à l’Eglise et très fidèle à fréquenter toutes les réunions traite son mari avec la plus impardonnable négligence, se montre contrariante et acariâtre à son égard, le blesse par ses vivacités de langage et par son caractère indomptable ; et elle s’étonne après cela de ce que ses prières n’aient aucune puissance.
Il y a d’autres choses dans les relations entre maris et femmes dont il ne peut être publiquement question mais qui, sans aucun doute, sont souvent un obstacle pour s’approcher de Dieu dans la prière.
Sous le saint nom du mariage peut se dissimuler une somme de péchés qui est une cause de mort spirituelle et d’impuissance dans la prière.
Que tout homme ou femme dont les prières paraissent ne recevoir aucune réponse, étale devant Dieu toute sa vie conjugale et Lui demande de mettre le doigt sur tout ce qui, en elle, déplait à Sa vue.
7 - Septième obstacle à la prière :
" Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu’il la demande avec foi, sans douter ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre.
" Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur "
(Jacques 1 : 5 à 7).
Les prières sont entravées par l’incrédulité.
Dieu exige que nous croyons Sa Parole d’une façon absolue, la mettre en doute c’est le faire menteur.
C’est pourtant ce que font beaucoup d’entre nous tout en invoquant ses promesses ; quoi d’étonnant à ce que nos prières ne soient pas exaucées ?
Combien de prières sont entravées par notre misérable incrédulité.
Nous allons à Dieu, nous Lui demandons une chose qu’Il a positivement promise dans sa Parole et nous ne nous attendons qu’à moitié à l’obtenir.
" Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur. "
Reuben A. TORREY